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Comment concilier transformation numérique et qualité de vie au travail ? Retours d'expériences

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Dans le cadre d'un appel à projet lancé en mai 2016, le Fonds pour l'amélioration des conditions de travail (Fact) a financé 24 projets de transformation numérique. Patrick Conjard, responsable de la mission Fact à l’Anact, présente les premiers enseignements de ce dispositif.

Pourquoi avoir retenu le thème QVT et numérique pour lancer un appel à projets en 2016 ?  

Robotisation, transformation numérique, développement de l’intelligence artificielle... Pour dépasser les lectures a priori positives ou a priori négatives de la transition numérique et aider les entreprises à mener leur projet de transformation, il faut s’appuyer sur des expériences concrètes. En complément d’autres actions que conduit le réseau Anact-Aract sur ce sujet, l'appel à projets "Qualité de vie au travail et numérique" a permis de suivre une vingtaine d’expériences de terrain et d’en tirer de premiers enseignements.

Quels étaient les profils des projets retenus ?

Nous avons accompagné à la fois des projets portés par des entreprises, des acteurs relais territoriaux et des branches ou fédérations nationales. Certains étaient orientés vers une logique d’analyse et de compréhension à posteriori des effets du numérique sur les conditions de travail ; d’autres s’inscrivaient davantage dans l’anticipation de ces impacts avec des logiques d’études préalables et enfin nous avons soutenu des projets de conception ou de réaménagement des espaces de travail liés au numérique. 

A titre d’exemple, citons cette plateforme régionale d’innovation liée à la robotique qui a mené, sur la base d’expériences déjà déployées, un travail pour identifier les leviers en matière de qualité de vie au travail dans les projets de robotisation ; citons également le projet de la Fédération des Promoteurs Immobiliers qui portait sur l’analyse des impacts du numérique sur ses métiers, et l’anticipation des évolutions à venir (élaboration de nouveaux référentiels, nouvelles formations....). Plusieurs associations du secteur de l’aide à domicile ont, elles, travaillé sur la mise en place de la télégestion dans le cadre d’expérimentation avec leurs salariés. 

Quels premiers enseignements tirez-vous des projets accompagnés ?

A quoi sert réellement un projet de numérisation ? Quel est le sens du changement ? Pourquoi investir dans ce nouvel équipement ? Réuni en mai dernier, l’ensemble des participants de cet appel à projets (porteurs, consultants, chargés de mission Anact-Aract) a souligné que lorsque les questions de finalité et de sens d’un projet numérique ne sont pas traitées en amont, elles ressurgissent dans la phase de mise en oeuvre et peuvent se révéler bloquantes. Le numérique reste un moyen. Il convient d’expliquer à quelles fins il est déployé dans l’entreprise.

D’autres écueils d’un projet de transition numérique ont, par ailleurs, été repérés dans les expérimentations accompagnées : la fascination pour les outils numériques et la croyance qu’ils vont résoudre tous les problèmes, la non-prise en compte des nouveaux usages qui en découlent, la concentration des pouvoirs, le risque d’exclusion, la rigidification des process... 

A l’inverse, les porteurs de projet ont fait l’expérience que le passage par des phases d’expérimentation, l’ouverture d’espaces de discussion invitant les opérateurs et manageurs à identifier ce que la transformation numérique va changer à leur travail ou encore le dialogue entre l’entreprise utilisatrice et le fournisseur de la solution numérique sont quelques facteurs clefs de réussite. L’enjeu de développer de nouvelles compétences managériales pour accompagner le changement mais aussi pour apprendre à mieux manager dans une organisation numérisée a été souligné.

On relève en fin de compte de nombreux enseignements communs à tout projet de changement ?

Oui, la transformation numérique est un projet de transformation presque comme un autre. D’où l’intérêt, confirmé par les entreprises accompagnées dans le cadre de cet appel à projet, de passer par des phases de diagnostic, d’analyse du travail, de simulation organisationnelle, d’associer les salariés etc. 

Quelles suites à cet appel à projet ?

Avec cet appel à projet, nous avons pu avoir accès à un ensemble d’expériences qui vont nourrir les travaux du réseau Anact-Aract. Sur cette base, nous travaillons à la conception et la diffusion d’outils et de méthodes pédagogiques pour aider les entreprises à comprendre et agir pour réussir leur transformation.