Vous êtes ici

"Mettre en place des conditions de travail favorables peut créer de la performance dans les entreprises"

L'Anact a participé à la construction du troisième Plan santé au travail 2016-2020. Hervé Lanouzière, directeur général de l'agence, est intervenu le 30 mars aux 6èmes rencontres parlementaires pour la santé au travail pour témoigner de cette expérience.

Hervé Lanouzière 6èmes rencontres parlementaires

"Nous avons vécu la construction du troisième plan santé au travail de manière très positive. Ce troisième plan est le premier à être pensé. Il ne s’agit pas d’une agrégation de nos actions comme ça avait pu être le cas pour les précédents plans. Nous avons appris. Ce plan est fondé sur les orientations travaillées par les partenaires sociaux, qui ont fait l’unanimité. Notre programme d’activités s’en trouve légitimé. Et je confirme que la ministre nous a bien expliqué que notre feuille de route était basée sur ces orientations. Il n’existe aucun projet lié au PST sur lequel nous n’avons pas travaillé avec d’autres acteurs.

Lu par un employeur d’une PME, ce plan peut paraître stratosphérique et incantatoire. Le premier point qui serait pertinent dans ce PST 3 est de s’intéresser aux déterminants des conditions de travail, et pas seulement aux effets. Jusqu’à présent, nous avons toujours travaillé sur les effets avec une approche par les risques. C’était nécessaire, bien entendu.

Nous sommes en train de découvrir que le travail fait partie des facteurs de santé et qu’il peut être une ressource. Autrement dit, mettre en place des conditions de travail favorables peut créer de la performance dans les entreprises. Les partenaires sociaux réalisent ce lien et nous expliquent qu’il faut aider les entreprises à prendre conscience de la façon dont elles peuvent construire ces conditions de travail. Cette notion peut paraître théorique, mais pour nous, les appareillages à mettre en œuvre auprès des PME et TPE sont différents. Dans les déterminants, ils n’existent pas seulement des facteurs individuels, mais aussi des facteurs organisationnels. Ce sont ces derniers que nous considérons dans la qualité de vie au travail. Nous devons travaillons en amont dès à présent sur l’organisation et la conception des systèmes de travail, car nombre d’entreprises sont confrontées à des bouleversements. Si l’organisation est mise en place sans réflexion, par la suite, l’approche ne sera que corrective. Quand un plan nous incite à travailler dans ce sens, la dynamique suit.

Enfin, vous avez parlé de la prévention de la désinsertion, on parle aussi du maintien de l’emploi. Aujourd’hui, dans les entreprises, les professionnels vont travailler de plus en plus longtemps. Nous constatons que de plus en plus de personnes développent des maladies chroniques évolutives, et qu’ils vont devoir travailler avec. Les employeurs vont devoir, eux-aussi, travailler avec ces populations. Il s’agit de définir la capacité d’une organisation à accueillir ces personnes, indépendamment de leurs caractéristiques physiques ou de santé. L’enjeu s’annonce donc très important, y compris pour l’entreprise qui est confrontée à des questions d’absentéisme ou de turnover. Nous le constatons au sein de l’Anact. Il faut trouver de nouvelles modalités, tout simplement parce que la société se transforme. Ce plan nous paraît une nouvelle fois attaquer les bonnes causes sur les déterminants, et nous amène à travailler sur la conception très en amont."

Hervé Lanouzière, directeur général de l'agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail

6èmes rencontres parlementaires sur la santé au travail, 30 mars 2016

NDLR : Les actes de la journée seront très prochainement publiés