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Une charte pour la formation et l’amélioration des conditions de travail dans l’agroalimentaire

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Développer les compétences, la qualification et l’emploi, mais aussi améliorer les conditions de travail... Réunis le 10 mai dernier à Paris, les partenaires sociaux et l’Etat, signataires en 2009 de la Charte de coopération du secteur agroalimentaire ont dressé un premier bilan prometteur des initiatives déjà engagées.

"La signature et la mise en œuvre de la Charte sont un pas important dans la construction politique et sociale du secteur des entreprises de l’agroalimentaire" souligne Jean-René Buisson, président de l’Association nationale des industries alimentaires.



Plus de 500 entreprises et quelque 5200 salariés ont déjà bénéficié des opportunités qu’offre la Charte en matière d’aides à formation et à l’amélioration des conditions de travail dans les entreprises agroalimentaires. À cet effet, la Charte avait été dotée d’une enveloppe budgétaire de 41 millions d’euros.



Les industries agroalimentaires (IAA), 1er secteur industriel français, ont relativement bien résisté à la crise de 2008. Leur répartition et leur maillage sur l’ensemble de l’Hexagone leur font jouer un rôle essentiel en matière d’aménagement du territoire. En revanche, ce sont souvent des PME, voire des très petites entreprises (TPE) et elles éprouvent des difficultés pour assurer seules la formation de leurs salariés.



Par ailleurs, les métiers de l’agroalimentaire sont variés et en pleine évolution mais souffrent encore d’une image peu attractive.17 000 emplois restent à pourvoir dans le secteur. Le taux des troubles musculosquelettiques (TMS) y est encore important.

Au cours de cette réunion de nombreuses initiatives réalisées grâce à la Charte ont été évoquées et commentées.

Ainsi, dix-sept salariés, parmi les moins qualifiés des Fromageries des Chaumes à Saint-Antoine-de Breuilh (24) ont pu suivre une formation visant à renforcer leurs compétences en communication écrite et orale. De spectateurs des évolutions de l’entreprise, ces agents en sont devenus des acteurs. Ils ont pu ainsi rédiger un livret d’accueil à l’intention des intérimaires. Ils savent désormais aussi se faire entendre auprès de la hiérarchie et en retour, prennent conscience des difficultés rencontrées par leur encadrement.



La Confédération nationale des charcutiers traiteurs qui réunit une majorité de TPE a engagé au nom de l’ensemble d’entre elles une démarche de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) en direction des seniors. Le secteur est en effet confronté à des départs anticipés de ses salariés seniors qui se traduit par une perte des compétences et des savoir-faire. L’objectif est de fidéliser ce personnel mais aussi d’attirer et de reconvertir vers le secteur des salariés pas nécessairement issus de l’agroalimentaire.



Le groupe Gad (Finistère), abattoir spécialisé dans la viande de porc, s’est engagé dans une démarche expérimentale visant à mettre en place une politique ambitieuse de maîtrise des risques professionnels. L’étude préalable a montré qu’on ne pouvait se contenter de réponses techniques ou règlementaires. Il fallait une approche pluridisciplinaire prenant en compte les facteurs de risques organisationnels, techniques et humains. Par ailleurs, le stress, l’absentéisme les TMS sont aussi souvent les indicateurs d’un management à faire évoluer. Désormais l’entreprise privilégie une écoute de 100% des salariés par 100% de leurs managers de proximité.



Tous les participants de ce premier bilan de la Charte de coopération du secteur agroalimentaire ont convenu qu’une de ses grandes réussite est d’avoir fait travailler ensemble des représentants de l’Etat ( ministère de l’agriculture, de l’alimentation de la pêche de la ruralité et de l’aménagement du territoire et ministère du travail de l’emploi et de la santé) des régions, les branches professionnels de l’agroalimentaire et les partenaires sociaux (syndicats et chefs d’entreprises).

Bilan de la charte de coopération du secteur agroalimentaire

Source : agriculture.gouv.fr