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Une analyse ergonomique pour améliorer l’activité de travail dans un service de production

Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénnées

A propos

Référence
958
Secteur d'activité
Effectif
Code APE
Région
Le responsable HSE de cette entreprise a relevé des TMS chez des salariés affectés à un poste de travail dédié au « redressage manuel des prothèses médicales » ; il s’agit là d’une activité de précision pour la production de pièces dont la qualité de surface dit être parfaite. Pour faire suite à l’une des préconisations consignées dans le Document unique quelques mois auparavant, la direction engage une analyse ergonomique de ce poste de travail non seulement pour améliorer les conditions de travail des salariés mais aussi pour garantir une qualité de production qui est de puis toujours l’atout principal de la performance de l’entreprise.

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Qui ? 

Créée en 1986, cette entreprise gardoise de 120 salariés sous-traite la fabrication des prothèses médicales pour divers clients nationaux et internationaux. Développées directement par ces deniers ou conçues en collaboration avec eux, ces prothèses sont fabriquées selon un procédé et un savoir-faire technique ancien et exclusif dont l’entreprise est dépositaire : la fonderie de précision à la cire perdue, un procédé que l’entreprise applique dans d’autres domaines (fabrication de pièces industrielles pour l’électromécanique, la serrurerie, les pompes et vannes, l’armement, les machines-outils, les pièces pour l’aéronautique et le secteur ferroviaire, etc.).

Quel était le problème à régler ?  

Le responsable HSE de l’entreprise note 4 arrêts de travail pour cause de TMS dans l’atelier de fonderie de précision à la cire perdue. L’objectif pour la direction est d’éradiquer ces affections péri-articulaires en en déterminant les causes, c’est-à-dire les facteurs de risque, à travers une analyse ergonomique des postes de travail concernés.

Mais au-delà de ce cas, il est question de comprendre et d’analyser plus globalement tous les facteurs d’usure pour dans le cadre de la politique de prévention initiée par la direction avec des objectifs d’efficacité, de qualité de l’organisation et de bonnes conditions de travail pour toute l’entreprise. Pour ce faire, celle-ci sollicite un financement FACT pour se faire aider et accompagner par un consultant externe avec, à la sortie, des conseils précis, pratiques et des solutions qui ne devront pas impacter négativement la productivité tant sur le plan qualitatif que quantitatif.

Qu’ont-ils fait ?  

L’intervention consiste à déterminer, à partir d’une analyse ergonomique des situations de travail concernées, les exigences (physiques, sensori-motrices, fonctionnelles, techniques, psychiques, organisationnelles et environnementales) de l’activité des opérateurs. L’intervention est séquencée en 6 phases, avec pour chacune de ces étapes une méthodologie appropriée qui s’inscrit dans une approche globalisante : 1)- Constitution d’un groupe de travail TMS et d’un groupe de pilotage ; 2)- Analyse ergonomique du poste de travail « redressage manuel de prothèses médicales » (analyse documentaire - entretiens semi-directifs auprès de la direction et du QSE - observation de l’activité - questionnaires et entretiens auprès des salariés – élaboration d’un diagnostic) ; 2)- Élaboration d’un plan d’action ; 4)- Rédaction du rapport d’intervention ; 5)- Présentation du rapport auprès du groupe de travail TMS et sensibilisation du personnel ; 6)- Accompagnement dans la mise en œuvre du plan d’action puis suivi des mesures et évaluation concertée du plan d’action (ces deux actions étant planifiées respectivement à 3 et 6/12 mois à compter de la fin de l’intervention, et réalisées par les intervenants).

La caractéristique principale commune aux deux instances constituées à cet effet est la participation des membres l’enrichissement de l’intervention dans l’analyse des informations recueillies, la formulation des pistes d’action et leur suivi sur le terrain.



L’analyse ergonomique du poste de travail « redressage manuel de prothèses médicales » concerne 4 « agents de service » ; elle est cintrée autour des points de vigilance suivants :

- Évaluation des manutentions et des efforts fournis par les agents de service

- Évaluation des moyens de stockage

- Observation des modes opératoires et des gestes/postures adoptés par les agents de service

- Analyse des outils la main et des machines/équipements utilisés

- Évaluation de la configuration du poste de travail

- Mesurage de l’éclairage

- Analyse organisationnelle



Outre une dégradation du climat social liée à deux récents plans sociaux en septembre 2099 et janvier 2010 (concernant respectivement les emplois administratifs et les opérateurs) et au changement du directeur par trois reprise en une seule année, l’étude diagnostique a pointé pour le poste de « redressage manuel des prothèses » 4 arrêts de travail et 1 maladie professionnelle déclarée et globalement 132 jours d’arrêt pour maladie professionnelles (précisément des TMS du membre supérieur : canal carpien, coude et épaule) durant la seule année 2010. Sur les postes de travail dans ce service, il a été relevé :

- une monotonie et une répétitivité des gestes chez les opérateurs, sollicitant toujours les mêmes groupes musculaires (poignet, coude, épaule, dos) sous forte pression temporelle (« L’important c’est que le travail soit fait »), les opérateurs ne disposant que de pauses d’une trentaine de minutes ;

- des efforts physiques importants avec l’utilisation du maillet (dont la tête est du même métal que les pièces à redresser) pour taper fortement sur les pièces à redresser (coups d’une force de 20 kg, mouvements de bras hauts, position statique debout toute la journée et plan de travail non réglable pour des opérateurs de tailles différents), donc des matériels et équipements inadaptés et insuffisants ;

- des manutentions manuelles lourdes (12 à 16 kg) sur une grande distance cumulée, les pièces à redresser se situant dans un autre atelier ;

- des espaces et modes de rangement à convenance pour chaque opérateur qui travaille dans une ambiance sonore de plus de 85 dB.

Pour quels effets ?  

Avec la participation active des opérateurs, un plan d’action ciblé et minutieux a été élaboré et fixé dans un tableau de bord qui renseigne différents paramètres de la manière suivante :



Domaine | Constat et verbalisation | Contraintes et risques observés | Causes | Autres contraintes et difficultés | Suggestions d’amélioration | Propositions du groupe | Qualité d’action sur le groupe | Impact de la mesure | Solutions retenues | Priorité d’action | Coût | Ressources | Délais



Le domaine, qui détermine l’axe d’amélioration retenu par les membres du groupe de pilotage, concerne : l’aménagement de l’espace de travail, la valeur donnée au travail et la formation des opérateurs, les documents (les fiches techniques), l’organisation du travail, les manutentions, l’aménagement des fours et presses, les outils, la tâche (avec les contraintes biomécaniques liées à l’activité de travail de redressage).



Trois mois après les améliorations apportées, l’équipe de consultants est revenue sur le site pour évaluer avec les opérateurs l’efficacité des solutions mises en place. Cela va des machines qui ont été agencées différemment, à la modification de l’éclairage, du revêtement (désormais en bois) à la qualité du marbre du plan de travail, aux fiches techniques révisées et aux nouvelles formalisations des modes opératoires… et plusieurs autres améliorations encore.

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