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Un paritarisme inventif au Parc industriel de la Plaine de l’Ain (Pipa)

Crèche interentreprises, développement de formations communes, réflexions sur la mobilité des salariés… Telles sont quelques-unes des pistes de travail du groupe paritaire du Parc industriel de la Plaine de l’Ain (Pipa) accompagné par Aravis-Aract Auvergne Rhône-Alpes.

Un paritarisme inventif accompagné par Aravis sur le territoire du Pipa

Le Parc industriel de la Plaine de l’Ain (Pipa) situé entre Lyon et Genève réunit, sur près de 900 hectares, 150 entreprises de l’industrie et de la logistique principalement, employant près de 6 000 personnes. Plus proches des champs de maïs que des grands pôles urbains, les employeurs et les salariés du Pipa rencontrent les mêmes problématiques liées au déplacement, à la garde d’enfants, à l’hébergement/restauration, à la qualité de vie au travail…

Il y a quatre ans, deux syndicats, la CGT et la CFDT, ont suggéré la création d’une instance de dialogue social sur le territoire du Pipa. Fin 2014, mandaté par l’Etat, l’Agence Rhône-Alpes pour la valorisation de l’innovation sociale et l’amélioration des conditions de travail (Aravis) a réalisé une étude de faisabilité de cette idée. L’étude a abouti à la création d’un groupe paritaire en juin 2015. « Le groupe du Pipa est le troisième groupe paritaire monté avec l’aide d’Aravis, après ceux d’Oyonnax et du Pays de Gex (le Cern) », commente Alain Charvet, chargé de mission d’Aravis-Aract Auvergne Rhône-Alpes.

Dialogue social innovant

Le 21 janvier 2016, les membres de ce groupe (CGT, CFDT, CFE-CGC et Unsa du côté salariés, et Medef, CGPME du côté employeurs) ont signé une « Charte pour un dialogue social innovant dans le territoire du Pipa », en présence de représentants de l’Etat et de la Région pour formaliser les objectifs du groupe. « Le but est de faire aboutir des projets qui font consensus entre nous tous, représentants des salariés comme des employeurs », souligne Rémy Lasnet, représentant de la CFDT au sein du groupe. Le consensus est tel que « nous sommes autorisés à parler au nom de toutes les composantes du groupe », poursuit le syndicaliste. Pour autant, ce consensus n'est pas unanime, dans la mesure ou certains syndicats n’adhèrent pas à cette démarche, considérant que plusieurs sujets traités devraient relèver d'autres espaces de négociation.

Crèche interentreprises et formation

Par cette charte, le groupe paritaire s’engage à prendre en compte les préoccupations des directions des ressources humaines des entreprises comme celles des salariés, à valoriser les études et les expériences locales et à être force de proposition auprès des acteurs territoriaux de l’emploi et de la formation. « En 2016, le groupe a prévu d’engager deux chantiers prioritaires de services mutualisés, comme la création d’une crèche interentreprises et le développement de formations communes pour les secteurs en mutation comme la logistique », précise Estelle Duchemin, chargée de mission d’Aravis-Aract Auvergne Rhône-Alpes.

Pour Rémy Lasnet, la question de la mobilité (transports collectifs, co-voiturage…) est une autre question prégnante. Et il ne manque pas non plus de pistes pour développer la formation grâce à la mutualisation des initiatives et des ressources des acteurs du Pipa (création d’une antenne de maison de l’emploi, mise en place d’une offre de formation de proximité, etc.). Le syndicaliste en est sûr : « Le dialogue social territorial permet aux acteurs motivés de se rencontrer et de bâtir ensemble des projets concrets en quelques semaines. Reste ensuite à convaincre tous les acteurs locaux  de travailler avec nous pour les mettre en oeuvre ». C’est donc un fervent défenseur du groupe paritaire. Par leur présence lors de la signature de la charte, les représentants de l’Etat et du Conseil régional ont eux-aussi témoigné de leur soutien à cette initiative originale.

Crédits photos : plainedelain.fr

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