Vous êtes ici

Un couteau... juste à temps

Cas entreprise Mecabourg

A propos

Référence
027
Catégorie
Secteur d'activité
Effectif
Code APE
Un équipementier automobile est préoccupé par l'augmentation du nombre d'accidents du travail au poste d'arasage. L'entreprise a alors sollicité FACT (Franche-Comté Amélioration des conditions de travail) pour l'aider à identifier les risques et engager une politique de prévention.

Ajouter à ma liste de lecture

Qui ? 

L’entreprise est la filiale d'un groupe équipementier automobile. Elle livre, en " juste à temps ", des panneaux de portes intérieures de véhicules. L’établissement compte 415 salariés, dont 130 intérimaires.
L’emploi d’intérimaires permet d’assurer les effets conjoncturels d’une demande forte de certains types de véhicules. L’effectif est composé en grande majorité de femmes.

Quel était le problème à régler ?  

En avril 2002, l’entreprise constate une augmentation importante du taux de fréquence des accidents du travail, passé en un an de 20 à 39,7.

Dans ce contexte, le site de production se trouve dans une position très inconfortable par rapport au reste des entreprises du groupe. Celui-ci mène une politique de prévention des risques offensive et s’est fixé pour 2005 l’objectif de ramener le taux de fréquence à 5 au niveau de l’ensemble de ses établissements.

Les accidents déclarés sont principalement liés à l’utilisation d’un couteau " araseur ". Cet outil permet de découper le surplus de tissu collé sur la forme des composants intégrés dans les portières de voiture.

Alertée par le médecin du travail, la direction a sollicité FACT pour l’aider à repérer les conditions d’exposition au risque dans l’activité d’arasage. Objectif : identifier les facteurs favorisant leur apparition et préconiser des pistes d’action pour les prévenir.

Qu’ont-ils fait ?  

Activité particulièrement fine, l’arasage demande une attention soutenue de l’opératrice, une dextérité gestuelle, couplée à une coordination oculomotrice importante. La coupe doit être de qualité car ce produit est visible. Le temps de cycle est généralement inférieur à la minute.
Ce poste d’arasage restera important dans les années à venir, l’entreprise étant tenue de fabriquer, comme tous les équipementiers, des pièces de rechange de 10 ans après l’extinction du produit.

Par souci d’efficacité, FACT a proposé une intervention s’enracinant dans l’activité réelle des opératrices. Le mode d’action proposé à l’entreprise est un compromis entre diagnostic et formation-action.

L’intervention a commencé par une analyse ergonomique des postes. Un groupe de travail, encadré par un comité de pilotage réunissant la direction, le médecin du travail et le représentant de la CRAM, s'est mis en place avec des représentants des divers services de l’entreprise. Composé d’une opératrice, des responsables de méthodes et de production, de l’infirmière, d’un responsable sécurité et d’un membre du CHSCT, ce groupe représente une grande variété et diversité de logiques professionnelles. Cette pluralité constitue par là même un facteur déterminant contribuant à la richesse des points de vue.

L’intervention s’est déroulée en deux phases :

Les opératrices ont été filmées à leur poste de travail. Elles ont ensuite été confrontées aux séquences vidéos. Elles ont pu, chacune, commenter leurs gestes, avec l’appui de l’intervenant.

Le groupe de travail a visionné les mêmes séquences filmées. Sa mission a été de décrire et d’analyser l’activité des opératrices, de révéler les dysfonctionnements et la manière dont elles les surmontent. Il s’agit ici d’appréhender les facteurs de contraintes et d’astreintes sous l’angle de l’organisation du travail. Aussi, des données comme l’environnement relationnel (rôle du collectif de travail) et interne (organisation du travail) de l’entreprise ont été analysées.

Puis le groupe a pu élaborer un modèle de fonctionnement de l’activité de travail. Il a identifié ses facteurs potentiels d’évolution tels la recherche d’EPI (équipement de protection individuelle ) adapté, l’aménagement du poste de travail, l’évolution du process de fabrication et de ses paramètres en cours de fabrication…

L’analyse des séquences vidéo révèle la présence de 30 opérations dans l’arasage des panneaux de porte, pour un temps de cycle inférieur à la minute. Elle a permis d’identifier les modes de régulations opératoires grâce auxquels les opératrices trouvent des compromis gestuels et de proposer des hypothèses sur les conditions de réalisation des gestes. Le groupe de travail a proposé la représentation imagée de " boucles infernales " dans le processus d’arasage ; cela matérialise les contraintes que vivent les salariées.
Ces boucles identifient aussi les réponses apportées par les opératrices, et mettent en perspective un début d’explication du processus d’émergence des accidents du travail à ce type de poste.

Parallèlement à cette analyse des situations de travail, le groupe a travaillé sur les données statistiques des accidents de travail fournies par l’entreprise. Il a pointé l’insuffisance de réflexion sur ces indicateurs de santé, ainsi que l’absence de croisement avec d’autres indicateurs présents dans l’entreprise, comme ceux de la qualité et de production qui témoignent de la performance et du fonctionnement de l’entreprise.
Si ces derniers sont visibles, les informations liées aux conditions de réalisation du travail vécu par les salariés dans le cadre de leurs nombreux compromis opératoires et leurs effets sont absentes.

Pour quels effets ?  

L’entreprise a affirmé sa volonté de changer la situation en inscrivant parmi ses priorités, à court terme, les transformations susceptibles d’améliorer les situations analysées : amélioration du composant interne de la portière, modification du poste, changement du mode opératoire, suppression de tâches sans intérêt, établissement d’un cahier des charges pour un couteau araseur adapté et ergonomique.

A moyen et long terme, elle envisage de modifier le process afin que l’opération manuelle d’arasage devienne un processus automatique.

Pour les acteurs du groupe, l’apprentissage et la pratique d’une méthode d’analyse des situations de travail aura permis non seulement de créer une dynamique interne, mais aussi de valoriser, en la montrant et en l’analysant, la capacité d’expertise qu’ont les salariés sur leur propre activité.

Enfin, l’objectif poursuivi est en partie atteint : le taux de fréquence des accidents du travail était descendu à 9,88 hors intérimaires en août 2003, soit 16 mois après le diagnostic initial, et à 14,8 avec les intérimaires, inclus depuis le début de l’année dans le calcul du taux.

Méthodes et outils associés

1
2
3
jeu-pedagogique-rps

En s'appuyant sur la ludopédagogie, notre gamme de jeux permet de mettre en oeuvre nos méthodes d'amélioration des conditions de travail.

Ressources Prévention du sexisme au travail

Repères pour évaluer les risques, outils de sensibilisation, pistes d'action en matière d'organisation du travail...

Comment analyser le travail avec la méthode des « situations-problème »

La méthode « situation-problème » permet aux équipes de travail de mieux comprendre, résoudre et prévenir les situations de tensions, de difficulté

Catalogue des formations Anact

close