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Troubles musculosquelettiques : la méthode

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5 incontournables pour un dispositif dynamique de prévention des TMS

Visuel - Troubles musculosquelettiques : la méthode

1. Surveiller l’état de santé des personnels

Les symptômes de TMS sont différés par rapport aux périodes d’exposition, ils se manifestent et évoluent dans la durée ; le cadre de travail se modifie ainsi que les facteurs de risque ; les caractéristiques de votre personnel changent au fil du temps…

Ce contexte instable nécessite d’engager un suivi régulier de vos indicateurs.

Une analyse d’ensemble et anonyme de l’état de santé des personnels doit permettre de différencier les expositions des personnels selon leur affectation, de repérer d’éventuels groupes fragilisés, de mesurer périodiquement l’évolution du phénomène dans votre entreprise (son importance, sa gravité).

Il s’agit de croiser des informations relatives aux maladies et celles des personnels (âge, ancienneté, sexe, fonction, service ou département)

  • Renseigner le nombre et les caractéristiques des personnels concernés, leur proportion relative.

  • Repérer l’existence de facteurs de risque différenciés à partir de la localisation des atteintes et des affectations (des gestes spécifiques sollicitant les mains et les poignets pour les uns, des lombalgies en lien avec des manutentions pour les autres par exemple).

  • Qualifier la gravité en fonction des localisations (l’atteinte des épaules est souvent plus invalidante), de leur caractère bilatéral et/ou multiple (une personne ayant des troubles sur la même articulation à droite et à gauche et/ou sur plusieurs articulations) et des effets au travail (restrictions, incapacité).

Voir le tableau de recueil de données dans les documents liés et notre outil Evaluer le risque TMS dans votre entreprise

2. Mobiliser les expertises

Développer sa démarche , analyser ses données, comprendre ce qui se passe en situation de travail, rechercher des solutions, déployer un plan d’actions….

Votre projet de prévention s’appuiera sur la participation de multiples acteurs, internes et externes.

Avoir des représentation communes est une condition pour agir ensemble, le partage de connaissances facilitera l’engagement souhaité des uns et des autres :

  • Connaitre les TMS : des pathologies aux principes généraux de prévention, sensibiliser et former les acteurs impliqués dans la démarche.
  • Connaitre ce qu’il en est dans mon entreprise : diffuser l’analyse des indicateurs de santé au travail (surveiller l’état de santé des personnels).
  • Connaitre le dispositif et les actions de prévention de mon entreprise : rendre visible le dispositif et les acteurs ressources auprès du personnel, informer sur les plans d’action engagés, leur déroulement, l’évaluation des actions…

3. Identifier les facteurs de risque et leurs causes

L’identification des facteurs de risque nécessite une analyse très concrète des conditions de réalisation du travail et une recherche élargie des causes.

  • Comprendre ce qui altère le geste professionnel : l’analyse au delà du repérage premier des facteurs de risque physiques, s’appuiera également sur l’explicitation des motifs et du vécu des personnels sur la base d’observations et d’entretiens.
  • Resituer cette analyse ponctuelle dans le temps : intensité des sollicitations et possibilités de récupération, maîtrise des gestuelles dans des circonstances variables, au cours d’une journée, de l’année, de l’exercice professionnel.
  • Replacer les causes locales dans un cadre plus général : les exigences du travail découlent de l’organisation de la production, la définition des objectifs, consignes et procédures, la conception des produits et services, la qualité des matières premières, la conception des situations de travail, les outils… La qualité du geste professionnel dépend des conditions d’apprentissage et de la consolidation des pratiques professionnelles, de leur reconnaissance.

4. Construire un plan d’action

Modélisation de l'action de prévention des TMS

Prévenir les TMS, c’est améliorer les conditions de réalisation du geste professionnel, réduire les sources de pénibilité et soutenir la professionnalisation.

L’efficacité d’un plan d’actions repose sur :

  • la déclinaison d’un ensemble de solutions (les causes de TMS étant multiples, les solutions le seront également) qui relèvent de domaines complémentaires ;
  • la participation des personnels et des fonctions concernés pour envisager au mieux les interactions entre le travail des individus et le collectif, avec les services amont et aval ainsi que la cohérence de l’ensemble des règles et supports de fonctionnement ;
  • l’articulation de solutions concrètes et des mesures plus générales, du court terme au long terme.

Dans les documents liés se trouve un exemple de formalisation d'un plan d'action TMS. Il présente l’intérêt de garder trace de la réflexion collective et de suivre le processus d’amélioration. Il s’appuie d’une part, sur des éléments de diagnostic – les objets d’amélioration et les effets attendus – et comporte les pistes de solution envisagées et celles mises en place. Il indique également les motifs éventuels de non réalisation.

5. Évaluer ses actions et le dispositif de Prévention

Réaliser un bilan périodique avec l’ensemble des acteurs mobilisés ou dans le cadre d’un CHSCT, débattre de la maturité de votre dispositif de prévention : une étape indispensable pour ajuster vos pratiques de prévention.

Tout d’abord, formaliser un retour d’expérience sur la base du suivi du plan d’action, quelques questions à se poser sur les effets, la pertinence, la façon d’apporter des solutions :

  • Les solutions mises en place ont-elles apporté les résultats escomptés ? Comment les salariés apprécient-ils les modifications ? Pointent-ils des effets indirects ou des difficultés persistantes ? Comment ajuster ces écarts ?

  • Les solutions mises en place sont-elles liées aux causes premières ou provisoires et plus superficielles, diversifiées ? Faut-il les amender ?

  • Faut-il ajuster les processus (durée, délais, contenu d’un cahier des charges, acteurs à impliquer…) ?

Pour évaluer votre dispositif de prévention, la grille du réseau Anact en 9 items est à votre disposition pour vous situer quant à la conduite de la prévention, la connaissance de l’exposition, les changements apportés dans votre entreprise.

Selon la situation type retenue, celle qui correspond le mieux à la situation de votre établissement, le niveau d’engagement de la Prévention des TMS est qualifié de « non initié », « initié », « complet ».

L’Agir sur… La prévention durable des TMS propose une grille plus détaillée et s’intéresse à la dynamique des contributions (9 acteurs-clefs sont identifiés : le chef établissement, le CHSCT ou les DP, le préventeur en charge du projet de prévention des TMS, les fonctions des RH, méthodes et industrialisation, management de proximité, le médecin du travail et les appuis externes).