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Travailler avec un cancer

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Le réseau Anact-Aract, partenaire de l’Inca (Institut national du cancer) a reçu mission d’expérimenter et déployer au niveau national une méthodologie d’approche globale et de résolution de situations des salariés atteints de maladies dites chroniques évolutives (MCE). Les liens entre cette pathologie et le travail sont appréhendés dans le cadre du maintien dans l’emploi des salariés concernés.

Maladie chronique

Le réseau Anact-Aract, partenaire de l’Inca

« Guérir plus de personnes malades, préserver la continuité et la qualité de vie, investir dans la prévention et la recherche, optimiser le pilotage et les organisations », tels sont les quatre grands axes autour desquels s’articulent les objectifs du Plan Cancer 2014-2019. En France, 15% de la population active sont atteints de MCE. Cela n’est pas sans conséquences pour les salariés eux-mêmes, mais aussi pour les organisations. Hervé Lanouzière, directeur général de l’Anact affirme que « le sujet devient de société et interroge la collectivité comme les collectifs de travail ».

Selon l’OMS,  une maladie chronique évolutive (MCE) se définit comme « un problème de santé qui nécessite une prise en charge sur plusieurs années ». Derrière cette appellation sont regroupées diverses pathologies comme le cancer, le diabète, la sclérose en plaque, le sida… certaines altérations anatomo-fonctionnelles telles que les maladies cardio-vasculaires, les polyarthrites rhumatoïdes, etc

Un regard collectif pour des solutions adaptées

Les effets des MCE et les traitements associés sont souvent invisibles et les coopérations entre acteurs de santé et acteurs professionnels difficiles. « Personne n’est à l’abri d’être un jour, à un titre ou à un autre, en situation dite de handicap et donc potentiellement d’exclusion », poursuit Hervé Lanouzière. Il importe alors de développer, au-delà des approches compassionnelles et individuelles, des démarches innovantes et globales qui permettent de favoriser l’emploi et le maintien dans l’emploi des salariés atteints de MCE. Les entreprises sont prises au dépourvu quand se présente un cas tandis que les ressources pour le traiter se situent du côté de l’organisation du travail. Il s’agit par exemple de valoriser les espaces de discussion et de concertation pour faciliter le travail en commun des différents acteurs.

Le réseau Anact-Aract incite les entreprises à anticiper en se posant deux questions :

  • Dans quelle mesure l’organisation du travail est-elle sélective et excluante pour les salariés atteints de ces maladies ?
  • Quelles dispositions organisationnelles favorisent leur insertion et leur maintien en emploi ?

10 ans d’expérience du réseau Anact-Aract sur la problématique Travail-MCE

Depuis une dizaine d’années, le réseau Anact-Aract a développé une méthodologie qui dépasse l’approche traditionnelle du « cas par cas ». Il propose à l’ensemble des acteurs internes et externes une démarche prenant en compte non pas telle ou telle pathologie spécifique, mais l’ensemble des pathologies qui sont susceptibles d’avoir un impact sur le travail. Il s’agit donc de se demander : « Comment s’y prendre collectivement pour que les 15% des actifs atteints de MCE (ramenés aux effectifs de l’entreprise) » puissent continuer de travailler dans les meilleures conditions ? » En effet, des conditions compatibles avec l’état de santé des personnes peuvent prévenir la désinsertion professionnelle mais aussi contribuer à l’amélioration de cet état. Dans l’entreprise, cette question (et les réponses à donner) ne peut être abordée par le DRH tout seul mais par un collectif qui implique les manageurs, les collègues du salariés, le médecin du travail, l’assistante sociale ainsi que les associations de ces malades.

Partir des situations de travail concrètes

Il s’agit d’observer et analyser les situations de travail pour comprendre comment le salarié atteint de MCE est empêché d’exercer son activité de travail. Mais plus largement il s’agit aussi d’identifier ce qui, dans l’organisation du travail, induit toute exclusion. Derrière cette approche par le travail, c’est en filigrane une conviction que celui-ci contribue au mieux-être du salarié. Ainsi, le salarié (s’il le souhaite) peut continuer à travailler et l’organisation garder ses compétences quitte à les mobiliser dans un cadre nouveau. In fine, les solutions techniques ou organisationnelles proposées profitent à l’ensemble des salariés atteints de ces diverses pathologies. C’est bien une approche non pas par la pathologie elle-même mais par le travail. Elle est globale dans la mesure où permet de concevoir des organisations plus souples, inclusives et mieux adaptées à ces salariés : « Dans les entreprises où nous sommes intervenus, le climat social s’en est trouvé amélioré et le taux d’absentéisme a diminué », confie Dominique Baradat (Aract Aquitane).