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TMS : passer d'une logique de poste à une approche organisationnelle

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Cas entreprise Mecabourg

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561
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Les salariés de cette entreprise de distribution de cigarettes subissent des troubles musculosquelettiques, notamment ceux au poste de dépotage. Après s'être penché sur les facteurs biomécaniques, l'entreprise analyse le poste de travail et l'organisation. Ce qui lui ouvre des perspectives pour résoudre le problème.

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Description 

Cette société est spécialisée dans la distribution de cigarettes. A partir des palettes de cartouches de cigarettes livrées par les principales marques de fabricants, l’activité consiste à préparer les commandes destinées à fournir les buralistes et les détaillants. Cœur de métier des salariés, le dépotage est une activité jugée pénible et répétitive.

Demande 

Selon la direction, le CHSCT et le médecin du travail, l’activité de dépotage sur la ligne automatisée est au cœur de la problématique des troubles musculosquelettiques (TMS) de l’entreprise. Malgré l’automatisation, l’activité des opérateurs reste extrêmement manuelle en bout et en fin de ligne. 3 salariés sur 6 de cette ligne ont déclaré une maladie professionnelle. Le CHSCT souhaite comprendre la situation et mener une action sur ces postes. Leur questionnement est renforcé par l’annonce de l’arrivée d’une 2e ligne automatisée.

Démarche 

Jusqu’à présent la question des TMS était essentiellement abordée dans l’entreprise sous un angle biomécanique se traduisant par des actions et des réflexions sur les postes de travail et le matériel (chariot, table élévatrice, cutters…).
Pour favoriser d'autres pistes de réflexions que le strict aménagement physique des postes, la participation de ceux qui vivent sur ces postes de travail au quotidien est recherchée, avec la volonté d'analyser globalement la situation (organisation, rythme, aspects collectifs, conditions d’apprentissage,…).

Le poste d'ouverture des cartons contenant les cartouches de cigarettes est considéré comme le plus pénible. L'opération qui consiste à arracher le carton s'est même dégradée dans le temps : « Avant, il y avait une ou deux références difficiles à ouvrir, aujourd'hui, c'est presque toutes ».
Les efforts à fournir varient d'un fournisseur à l'autre, en fonction de la qualité du carton, du mode collage, des points de colle… Selon l'ancienneté, les opérateurs se révèlent plus ou moins habiles.
Les plaintes évoluent également avec l'âge : « Au début, on tire avec les doigts, puis comme on a mal, on compense avec le coude, puis avec l'épaule, c'est une bombe à retardement.

Par ailleurs le rythme de travail est irrégulier sur la journée comme sur la semaine. Un tiers de l'activité est réalisé avant la pause de 9h et « c'est la machine qui donne la cadence, on subit la machine ». Les périodes d'inactivité peuvent provoquer du stress et de la tension.

Pour « diluer »la pénibilité, les opérateurs ont convenu d'un système de rotation et de polyvalence. Une façon de diminuer l’exposition physique aux risques, témoignant d'une vraie solidarité.
Mais il règne un sentiment d'iniquité, les opérateurs ayant l'impression que les tâches les plus dures sont toujours confiées aux mêmes. « C'est toujours à nous qu'on rajoute des tâches supplémentaires. »

Si la piste de la rotation semble intéressante à creuser, elle reste fragile car elle repose sur un système informel d’entraide du collectif et questionne sur ces conditions de mise en œuvre (à quel rythme, qui, etc.).
Dans quelles mesures et à quelles conditions, la polyvalence et la rotation des postes peuvent-elles être une solution de prévention des TMS ? Quelle autre organisation de la ligne serait-il possible d'imaginer dans une logique de prévention ? Les opérateurs peinent à se projeter et à imaginer d'autres façons de procéder, d'une part parce que les anciens ont connu d'autres méthodes et ont le sentiment de revenir en arrière ; d'autre part, parce que règne une sorte de fatalisme face aux paramètres externes sur lesquels ils n'ont aucune marge de manœuvre (qualité du carton, etc.).
 

Bilan 

L’intervention a globalement permis de changer les représentations des participants sur le risque TMS. Ce changement a permis d’ouvrir le champ d’analyse et  les possibilités d’actions.
Alors que l’entreprise était initialement focalisée sur des solutions « techniques » centrées sur le poste de travail (la table, le cutter,…), elle entrevoit aujourd’hui des transformations en matière d'organisation au niveau de la ligne et non plus du poste (polyvalence, rotation, réorganisation de la ligne).

Le lien est établi entre, d'une part, la qualité des cartons et des modalités de collage de ceux-ci et, d'autres part, les efforts gestuels produits par les salariés pour les ouvrir. La piste d’un travail spécifique avec les fournisseurs au niveau national a fait l’objet d’une rencontre nationale avec les 6 sites et ouvre des perspectives intéressantes et mutualisables pour l’ensemble des salariés du groupe et permet de donner à la démarche de prévention des TMS, une autre ampleur.

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