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Tenir compte du travail pour penser l'industrie du futur

Les programmes d’amélioration de la compétitivité des PME sont aujourd’hui centrés sur les transformations technologiques. L’enjeu est d’intégrer la question du travail dès la phase de conception pour concilier performance économique et qualité de vie au travail.

Industrie du futur

Big data, robotique, réalité augmentée : les évolutions technologiques et numériques sont en train de transformer l’industrie de façon radicale. L’Etat, par le biais de la Direction générale des entreprises (DGE), a lancé des programmes de soutien aux PME pour accompagner cette transformation. Les acteurs industriels sont souvent présents dans ces programmes et promeuvent des solutions technologiques et organisationnelles qui vont changer les façons de travailler. Or, des projets de transformation excessivement « techno centrés » peuvent passer à côté des implications sur le travail. « Les usages réels en situation professionnelle par les salariés ne sont généralement pas pris en compte et l’organisation du travail rarement anticipée. Les projets sont conduits de façon linéaire et dans une logique d’adaptation via de la formation. On peine à sortir de la logique consistant à adapter l’homme au travail alors que la performance durable réside dans l’adaptation du travail à l’homme », observe Ludovic Bugand, chargé de mission au département expérimentations et développement outils et méthodes du réseau Aract-Anact. Avec des risques potentiels sur la santé et la qualité de vie au travail.

Les impacts non anticipés de l’innovation

Par ailleurs, les solutions proposées ne correspondent pas toujours aux besoins réels des PME. Elles peuvent se retrouver avec des innovations qu’elles ne maîtrisent pas et qui les contraignent à des réorganisations lourdes et non anticipées. « Une innovation technologique est très structurante. Derrière une implantation de robot, la PME découvre qu’elle devra mettre en place un service maintenance, gérer beaucoup plus finement la production, monter en compétences sur ces aspects et donc embaucher des cadres. Le chef d’entreprise, de son côté, devra apprendre à déléguer. Tous ces changements sont très lourds alors que la PME n’a pas les ressources d’un groupe industriel pour y faire face », explique Ludovic Bugand. Il est donc nécessaire d’avoir une vision globale des enjeux économiques, organisationnels et humains des transformations technologiques.

Le réseau Anact-Aract a un rôle majeur à jouer dans cette optique. Il dispose d’une expertise dans la conception des systèmes de travail fondée notamment sur les questions d’usage et l’implication des salariés dans les processus de conception.

Une nouvelle offre du réseau Anact-Aract

Le réseau a ainsi été amené également à nouer des coopérations avec les acteurs de la performance économique, de la prévention et de l’innovation lors d’expérimentations dans plusieurs régions. En Midi-Pyrénées, le dispositif Diapason, co-piloté par l’Aract et la CCI, vise à améliorer la productivité des entreprises tout en développant la santé des salariés. Dans le Nord-Pas-de-Calais, l’Aract participe au projet Numérique Concept développé par la région pour aider les PME dans leur transition numérique. Elle a développé avec des partenaires une table interactive pour simuler l’organisation du travail en phase de conception. Une démarche de même type a été menée par l’Aract Basse-Normandie avec Simulception. « L’objectif du réseau  est à la fois de développer ces actions expérimentales et de se positionner davantage dans une logique d’offre aux entreprises, par le biais des acteurs relais (centres de ressources technologiques, réseaux de l’innovation, organisations professionnelles,… », indique Ludovic Bugand. Une offre sera ainsi prochainement formalisée. Elle proposera aux PME, dans le cadre de leurs projets de conception, la mise à disposition d’un certain nombre de ressources : réseaux de consultants, réseaux de compétences, supports de sensibilisation.