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Simuler les situations de travail avec un logiciel 3D. 7 entreprises bas-normandes témoignent

L'Aract Basse-Normandie a lancé il y a 18 mois le dispositif SIMUL&CEPTION. Le 6 décembre 2012, les sept premières TPE ou PME ayant expérimenté ce dispositif sont venues témoigner lors d'une journée d'échanges.

Les principaux enseignements de la journée

La simulation des futures situations de travail participe à sécuriser un projet d'investissement

Les témoignages d'entreprises ont tout d'abord placé les 130 participants devant des principes de réalité tangibles. L'intérêt premier de la plateforme SIMUL&CEPTION a été de sécuriser le lancement du projet. A ce titre, l'usage d'un outil de simulation 3D a optimisé la recherche simultanée d'une amélioration de la performance et des conditions de travail.

Sécuriser le lancement du projet est important pour l'entreprise car les investissements liés à une installation, un renouvellement d'équipement ou un agrandissement des locaux représentent toujours des projets d'envergure. Les prévisions en termes de coûts et de délais doivent composer avec une marge d'incertitudes et des contraintes souvent fortes : écourter au maximum l'interruption de la production, par exemple lors d'une reconstruction suite à un incendie. Voire encore transformer un atelier pour répondre à un nouveau type de commandes, dans un espace restreint.

La simulation met l'anticipation à la portée des petites entreprises

Autre enseignement qui est ressorti de l'ensemble des témoignages présentés : la simulation du travail est à la portée des petites structures. Les récits des sept entreprises (dont les effectifs s'étendent de 11 salariés pour la plus petite à 106 salariés pour la plus conséquente) ont mis en avant cette accessibilité, quelles que soient l'activité et la nature du projet d'investissement. De l'entreprise d'insertion engagée dans la conception d'un nouveau process de tri jusqu'à l'ébénisterie de luxe tenue d'étendre son espace de production, en passant par la petite industrie agro-alimentaire s'attelant à la reconfiguration d'un atelier.

La simulation permet de "bien regarder ce qu'on oublie de voir"

Toutes les situations présentées ont montré qu'une approche technocratique (où la place des experts techniques et de leurs méthodes est centrale dans les prises de décision) était malvenue et qu'il était décisif de plutôt privilégier une approche participative. L'outil 3D, autrement dit du dessin technique animé où chaque poste de travail est représenté, constitue un support facilitant la prise de parole et l'implication de tous.

Les diagnostics réalisés par l'Aract Basse-Normandie ont permis de visualiser la situation actuelle de travail, enrichissant alors les scénarii de conception envisageables. Les déplacements des opérateurs, les flux de matière première, les gestes sont enregistrés et représentés par l'outil de simulation qui nécessite l'expertise d'un prestataire. Lors des projections, encadrement et opérateurs apportent des compléments d'information et des suggestions. Le dirigeant de La Chaiseronne, une entreprise de transformation de viande, a par exemple expliqué avoir pris conscience avec l'équipe des déplacements et gestes inutiles à cause d'un espace d'entreposage intermédiaire mal situé. Pour lui, la simulation permet "de bien regarder ce qu'on oublie de voir".

Participation, adhésion = gain de confort et de productivité ?

Cette forme enthousiaste de participation entraînant les salariés et leurs représentants fait naturellement écho avec les méthodes d'intervention de l'Aract. Outre les heures de réunion gagnées, les risques de reporter des erreurs dans les situations de travail à venir limités, l'ensemble des témoignages ont confirmé l'intérêt d'une adhésion renforcée au projet de transformation.

Et les résultats semblent au rendez-vous. Les projets réalisés font état d'un gain de confort (réduction d'un tiers des déplacements sur une ligne de conditionnement de produits d'aide à la pâtisserie pour Agrolis) ou de productivité (ex : un jour par mois pour le fabriquant de mobilier intérieur James qui emploie 24 salariés).

SIMUL&CEPTION : un partenariat adapté à l'objectif de démultiplication des expérimentations

En soutenant l'initiative de l'Aract Basse Normandie, la Région et la Direccte font ce pari de conjuguer innovation, compétitivité, emploi et amélioration des conditions de travail. La parole de PME pionnières illustrant les atouts de la plateforme SIMUL&CEPTION devrait conforter cette ambition. La démonstration d'une alliance de savoir faire entre l'analyse du travail et la réalisation de simulations devrait avoir convaincus non seulement ces partenaires mais aussi l'ensemble des participants à cette journée. Pour l'Aract, le signal est donné : ces expérimentations sont appelées à se démultiplier.

 

A voir ou à revoir :

Témoignage de Florent Juraschek du cabinet d'ergonomie Alterjinga sur l'apport de la simulation 3D dans les projets de conception. Intervention présentée dans le cadre du colloque ergonception du 17 décembre 2010.