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Se saisir de la question des RPS: au-delà des acteurs de la prévention, cela concerne tous les salariés

Réalisations et projets - Publié le 17 octobre 2013 - Modifié le 23 janvier 2024

Qui?

Cette association du secteur social appuie des enfants, adolescents et adultes en difficulté via des actions socio-éducatives, sociales, médicosociales. Couvrant un champ d’action départemental, elle est organisée en antennes, au sein desquelles sont réalisées diverses missions.
Cette structure évolue dans un système d’interactions complexe composé d’acteurs multiples: des financeurs, des prescripteurs et des partenaires divers.

Depuis 2004, elle est confrontée à plusieurs grosses évolutions: règlementaires, organisationnelles, démographiques et environnementales (en lien avec la situation sociale des familles).

Quel était le problème à régler ?

Depuis 2007, plusieurs plaintes remontent de l’une des antennes via des courriers de salariés adressés à la direction générale. Des réponses ont été apportées, mais il semble qu’elles n’aient pas totalement porté leurs fruits. En 2010, le sujet des "RPS" est reposé dans le cadre d’un CHSCT; la direction générale contacte l’Aract pour l’appuyer dans la compréhension de la problématique et l’aider à envisager d’autres pistes d’amélioration, «en tenant compte de l’état des marges de manœuvre de la structure».

Qu’ont-ils fait ?

Au regard de son positionnement paritaire et de son objectif d’alimenter le dialogue social autour des questions du travail, l’appui de l’Aract débute par une analyse de la demande auprès des divers acteurs de l’entreprise. Ces échanges font ressortir différentes questions importantes pour la stratégie d'intervention à déployer:

- Comment faire converger les représentations sur le sujet dans la structure ?

- Comment impliquer les acteurs et outiller le CHSCT, en évitant de fragiliser certains acteurs à cette occasion ?

- Comment amener à un élargissement de la focale sur le périmètre d'intervention, compte tenu de certaines causes évoquées qui paraissent plus transversales à l'organisation
?
- Comment pérenniser l'action à la suite de l'intervention ?

Le comité de pilotage (COPIL) mis en place, structuré autour du CHSCT et élargi à quelques acteurs, dont le responsable de l’antenne, poursuit un triple objectif:

- Bien resituer la problématique dans l’instance ad hoc chargée des questions de prévention, condition favorable pour pérenniser l’action.

- Associer les autres acteurs importants pour le projet, dont l’encadrant de l’antenne "ciblée", pour éviter que son absence ne soit interprétée comme « la source du problème », lui donner la possibilité de s’exprimer sur les difficultés remontées et de participer à la construction des pistes.

- Amener les acteurs à cheminer ensemble sur la compréhension de la situation et favoriser la convergence de regards.

Une phase de formation du « COPIL » est également organisée afin de construire un référentiel commun aux acteurs et de renforcer leur implication via l’élaboration conjointe d’une communication auprès des salariés.

La phase d’investigation débute par une séance de travail du « COPIL » pour établir un premier repérage « macro » de ce qui peut contribuer à faire « risque psychosocial » au sein de l’association. Il s'agit d’aider les acteurs à prendre de la hauteur vis-à-vis du périmètre initial, de favoriser une dynamique de construction commune de ce premier travail et d’identifier les indicateurs potentiellement utiles à suivre. Sur la base des éléments pointés, quelques données/indicateurs sont analysés. Sans chercher à nier des spécificités possibles dans l’antenne, la logique poursuivie est d’instruire/construire certaines hypothèses et d’amener progressivement les acteurs à s’interroger sur le périmètre de l’association dans sa globalité, notamment pour la phase ultérieure de construction des pistes d’action. L’idée est également de montrer l’intérêt de mener un travail de veille et de suivi d’indicateurs qui font sens au regard du contexte dressé par les acteurs.

Par ailleurs, et dans une logique de transfert de méthode au CHSCT, un travail est réalisé avec les représentants du personnel, de façon à les amener à se positionner autrement vis-à-vis de la problématique, notamment l’identification de situations de travail à risque. Une fois repérées et remontées, les situations ont été analysées via des entretiens et des observations menés par les intervenants auprès des différents acteurs.

Les résultats de ces différentes analyses ont été restitués à l’identique, d’abord à la direction générale puis en «COPIL élargi». Par la suite, les acteurs se sont de nouveau réunis pour préciser les premières pistes d’action à mettre en œuvre. Le passage de flambeau entre les intervenants et les acteurs de l’entreprise s’est officialisé à l’occasion d’une réunion de restitution du diagnostic et des pistes d’action aux salariés de l’antenne X par les acteurs du CHSCT (en présence des intervenants).

Pour quels effets ?

Au final, malgré des marges de manœuvre perçues initialement comme réduites, des préconisations diverses émergent, comme par exemple:

• un enrichissement à construire dans les critères d’attribution des dossiers;

• une évolution de l’orientation stratégique autour de la spécialisation et de la polyvalence;

• un requestionnement collectif du projet de service et un travail à mener en commun autour de la qualité du travail;

• des ajustements à réaliser sur certains paramètres perturbateurs de l’efficacité des réunions de régulation sur l'antenne;

• repenser l'accompagnement des nouveaux arrivants dans l’association;

• harmoniser les pratiques et règles à prévoir sur l’ensemble de l’association.

À l'issue de cette intervention, les acteurs soulignent plusieurs points positifs, notamment:

- une dynamique engagée sur les sujets santé/travail dans l'association (velléité de formation des acteurs sur d'autres sujets).

- la perception d'un "repositionnement aidant" pour le CHSCT sur les questions de prévention.