Vous êtes ici

Salons de coiffure. Face au turn over, améliorer la qualité de vie au travail

Bloc des outils de page

Envoyer la page par email

Ajouter à ma liste de lecture

En Lorraine, l'accompagnement par l'Aract d’une quinzaine de salons de coiffure a permis d’aborder la problématique de la fidélisation des salariés. Trois grandes dimensions ont été traitées : la préservation de la santé, le développement des compétences et le maintien de l’engagement. A partir de solutions imaginées par des responsables de salons et leurs salariés, un guide rassemble 15 propositions pour « rester fidèle au métier de la coiffure ».

La durée moyenne de carrière d’un salarié dans la coiffure? Elle n’excède pas huit années. Confrontée à un enjeu fort de fidélisation, l’Union départementale de la coiffure de Meuse a alerté la chambre de métiers et de l’artisanat (CMA) et l’Aract Lorraine. L’idée d’une action collective a vite fait son chemin. « Cela rejoignait la volonté de notre présidente, Lucette Collet, de moderniser les très petites entreprises, leur organisation, le dialogue social et les ressources humaines, afin d’améliorer la qualité de vie au travail et in fine leur attractivité et leurs performances économiques », souligne Pierre-Etienne Pichon, responsable de service à la CMA.

Une démarche s’est ainsi construite, avec le soutien financier du Fonds pour l'amélioration des conditions de travail (Fact), à laquelle ont participé 13 salons de coiffure, soit près de 35 personnes. Un diagnostic a été mené dans chacune de ces structures, incluant des observations de situations de travail et des échanges avec les dirigeants et salariés. De ces différentes analyses sont ressorties des grandes lignes de préoccupation. Parmi celles-ci, l’importante proximité entre le salarié et le chef d’entreprise. « On entre souvent dans des relations affectives qui sont difficiles à gérer, avec aussi ce paradoxe qu’on est tout le temps en contact sans jamais rien formaliser, précise Pierre-Etienne Pichon. Il y a également beaucoup de stress sur la gestion de la prise de rendez-vous et la relation avec le client. »

Trois thèmes forts sont apparus : la santé, les compétences et l’engagement. Autant de sujets qui sont venus nourrir la seconde phase de la démarche, à savoir le travail en ateliers. « La méthodologie consistait en l’appropriation et l’auto-analyse par les salariés et les dirigeants entre eux, dans une situation de groupe, poursuit Pierre-Etienne Pichon. En discutant ensemble, des solutions ont pu être trouvées. »

Leviers de fidélisation

Ce travail collectif a abouti à la rédaction d’un guide intitulé « 15 propositions pour rester fidèle au métier de la coiffure ». Il entend faire progresser les salons dans la qualité de vie au travail et détaille les différents leviers de fidélisation. La bonne gestion des rendez-vous figure au chapitre de la santé, tout comme l’apprentissage des gestes professionnels et l’aménagement des espaces de travail ou la qualité du mobilier. Concernant les compétences, l’importance des temps d’échange et d’évaluation est réaffirmée, de même que la bonne réintégration d’un salarié après une longue absence. Quant à l’engagement, un rappel est fait sur les différents styles de management, la nécessité de responsabiliser et le plaisir de réussir ensemble.

Diffusion régionale

Le guide se termine par un quiz d’auto-évaluation de trente questions. « Il faut que, du moment que l’on sort des habitudes de travail, les coiffeuses comprennent que chaque problème a sa solution », affirme Pierre-Etienne Pichon. Chargé de mission à l’Aract Lorraine, Erfane Chouikha a pu mesurer ce que l’action collective avait changé dans un salon participant : « Pour fidéliser ses salariés, la dirigeante a repensé la mission de ses responsables. Il s’agit d’aller au-delà de la gestion des moyens matériels et humains pour renforcer l’engagement de l’encadrement sur les champs de la prévention de la santé, de la reconnaissance ou encore de l’intégration des nouveaux embauchés ». Le guide va à présent être diffusé au niveau de la région et plus seulement du département.