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Risques psychosociaux et santé au travail, qui sont les salariés les plus exposés ?

Travail exigeant et intensif, manque de reconnaissance professionnelle, relations de travail difficiles, en 2010, le ministère du Travail lance une enquête sur les risques psychosociaux en entreprise et distingue six groupes de salariés plus ou moins exposés. Découvrez les résultats de l’enquête.

Pour mener son enquête Santé et itinéraire professionnel (SIP), la Dares (département des statistiques du ministère du Travail) s’est appuyée sur la définition du Collège d’expertise sur le suivi statistique des risques psychosociaux au travail : « Les risques psychosociaux sont les risques pour la santé mentale, physique et sociale, engendrés par les conditions d’emploi et les facteurs organisationnels et relationnels susceptibles d’interagir avec le fonctionnement mental ».

Réalisée en deux vagues, fin 2006-début 2007 et fin 2010, l'enquête s’est adressée aux ménages de France métropolitaine avec pour objectif de mieux connaître les interactions entre emploi, conditions de travail et santé. L’étude portait sur les salariés exclusivement. Présentation synthétique des résultats.

Les six profils de salariés exposés aux risques psychosociaux

Les résultats ont permis de dégager six profils différents de salariés selon leur degré d'exposition aux risques psychosociaux :

  1. « Faible exposition » : des salariés peu exposés et dont le travail est reconnu ;
  2. « Sans reconnaissance mais sans dommage » : des salariés peu reconnus mais qui disent que « ça ne les dérange pas » ;
  3. « Forte exposition émotionnelle mais du soutien » : des salariés confrontés à un public en situation de détresse ;
  4. « Sous pression » : des salariés qui font face à de fortes exigences du travail ;
  5. « Sans reconnaissance ni soutien » : des salariés qui cumulent un manque de reconnaissance du travail et des relations professionnelles difficiles ;
  6. « Surexposition » : des salariés confrontés à une combinaison de plusieurs risques.

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Données issues de l'enquête de la Dares Santé et itinéraire professionnel 2010

Dans ces deux dernières catégories, on peut observer davantage de problèmes de santé. Appartenir à la classe des « surexposés » multiplie par 2,5 la probabilité de déclarer une limitation d’activité (22%) par rapport à la situation de « faible exposition » (8%).

Qui sont ces actifs exposés ?

Les résultats permettent de classifier les salariés en fonction des facteurs de risques auxquels ils sont exposés. Une analyse en correspondance multiple (ACM) réalisée par la Dares révèle une différence importante entre les catégories socioprofessionnelles et les statuts (public/privé).

Le manque d’autonomie et de reconnaissance concernerait davantage les ouvriers et dans une moindre mesure les employés et les salariés du secteur privé. À l’inverse, sont autonomes et reconnus dans leur travail les cadres et les professions intellectuelles et dans une moindre mesure les professions intermédiaires.

Les moins exposés se déclarent plutôt en bonne santé, ce sont plus souvent des salariés âgés de 50 ans et plus. Ces salariés se disent en outre relativement peu exposés aux pénibilités physiques. A contrario, les salariés les plus exposés aux facteurs de risques psychosociaux et à leur cumul déclarent plus fréquemment une santé physique et mentale dégradée. Il s’agit plus souvent de jeunes, d’ouvriers non qualifiés ou d’employés, avec des contrats temporaires. Ils se disent davantage exposés aux contraintes physiques.

note: Voir l'enquête Santé et itinéraire professionnel (SIP) enquete dares risques psychosociaux

Les risques psychosociaux au travail, un panorama d'après l'enquête Santé et itinéraire professionnel 2010.

   Voir l'enquête au format PDF