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Regroupement Anact-Aract : un établissement commun, ancré dans les territoires

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Depuis le 1ᵉʳ janvier 2023, l’Anact - Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail - et les Aract en région sont réunies au sein d’un même établissement avec un objectif commun : accompagner les organisations privées et publiques à améliorer les conditions de travail. Pourquoi un tel changement ? Qu’est-ce qui évolue ? Les explications de Richard Abadie, directeur de l’Anact.

Portrait Richard Abadie, directeur Anact

Au 1ᵉʳ janvier 2023, les Anact et les Aract se rassemblent pour former un seul et même établissement public. Pourquoi un tel changement ?

Pour expliquer le sens de ce regroupement, je voudrais revenir sur deux étapes récentes. D’abord l’Accord national interprofessionnel du 9 décembre 2020. Il incite à compléter l’approche de la santé au travail basée sur la prévention des risques professionnels par une prise en compte plus large du « travail » et des conditions dans lesquelles il est réalisé. L’accord invite dans ce cadre les entreprises et administrations à déployer les démarches « Qualité de vie et des conditions de travail (QVCT) » en prenant appui sur les principes méthodologiques éprouvés sur le terrain par le réseau de l’Anact.

La deuxième étape, c’est la loi du 2 août 2021 venue « toiletter » l’article du Code du travail daté de décembre 1973 qui a créé l’Anact. La mission de l'Anact est actualisée : il s'agit d'appuyer les entreprises, au plus près de leur réalité pour déployer des démarches QVCT. Pour faciliter cette mission qui implique d’agir dans les entreprises mais aussi au niveau des branches et des territoires, la loi ouvre la possibilité de fusion entre l’Anact et les seize Aract. Ce changement vise une meilleure unité d’action et de services, entre les niveaux national et régional, sans pour autant centraliser notre fonctionnement.

L’Anact aura 50 ans fin 2023. Elle a déployé son action en s’appuyant sur un réseau d’associations régionales – les Aract - qui s’est construit au cours d’une trentaine d’années. Qu’est-ce qui a fait l’originalité de ce réseau dans le champ des conditions de travail ?

La particularité du réseau de l’Anact, c’est d’abord son positionnement. Nous intervenons avec la conviction que le développement des personnes au travail contribue à la performance des organisations et que le dialogue social est une des conditions de la réussite des changements et transformations. Pour aider les entreprises à progresser sur ces dimensions, nous les aidons à s’intéresser au travail tel qu’il est réalisé et à améliorer son organisation. Ce positionnement original est complémentaire aux autres acteurs institutionnels dont l’action porte en priorité soit sur les risques au travail, soit sur la santé des personnes, soit sur la performance économique.

La deuxième particularité, c’est notre mode d’action : nous expérimentons des projets sur le terrain avec les représentants des salariés et des directions, avant d’analyser, de produire des outils et des méthodes et de les déployer. A chaque étape, nous prenons en compte les situations de travail « réelles » afin de contribuer à la prévention primaire des risques psychosociaux. C’est de cette façon que nous avons, par exemple, créé des outils et méthodes pour parler du travail dans les équipes, avec les manageurs, etc.

 

 

 

 

 

 

L’Anact a été créée par la loi mais les Aract se sont constituées progressivement quand il y a eu une maturité suffisante pour que les organisations professionnelles d’employeurs et des organisations syndicales se rassemblent et construisent ensemble des projets pour l’amélioration des conditions de travail en région. Cette histoire a permis un ancrage territorial qu’il s’agit de préserver.

Que reste-t-il de ces spécificités dans le nouvel établissement commun ?

Avec la fusion, nous formons désormais une même équipe de 265 agentes et agents aux parcours et compétences complémentaires. Le travail d’expertise en matière d’accompagnement d’entreprises, de capitalisation, de veille, de production, qui était déjà coordonné entre nous, et les moyens humains et techniques, qui étaient déjà mutualisés, le seront davantage. En parallèle, nos spécificités sont renforcées : aux côtés de l’État, les partenaires sociaux et les collectivités locales conservent un rôle central pour orienter nos actions et la capacité des Aract à prendre des initiatives territoriales est consolidée.

La fusion est officielle depuis ce 1ᵉʳ janvier 2023. Les publics de l’Anact doivent-ils s’attendre à certains changements ? L’offre de services va-t-elle évoluer ?

Notre offre de services actuelle (en matière de dispositifs d’appui-conseils aux TPE-PME, de formations, de kits, etc.) a vocation à être enrichie et déployée encore plus largement sur tout le territoire. Dans ce cadre, des formations seront en priorité proposées sur les sujets de QVCT, dialogue social et charge de travail. Cette offre sera complétée par des prestations développées par chaque région.

En réponse à notre mission de service public, les interventions auprès des TPE-PME continuent à être cofinancées grâce à la subvention inhérente au service public et nos outils et méthodes (vidéos, publications, etc.) à être diffusés gratuitement en ligne.

Quels axes de travail se donne l’Anact pour cette année 2023 ?

 

 

 

 

 

 

Travailler sur l'amélioration de l'attractivité et de la fidélisation du personnel par l'amélioration des conditions de travail demande d’accompagner les logiques d’emploi, de compétences, de formation et de développer des démarches en matière de QVCT dans les secteurs en tension. Cela touche aux questions d’égalité professionnelle femmes-hommes : ne pas rester sur le vivier traditionnel d’un métier, souvent sexué, demande de s’intéresser aux conditions de travail. Cela touche aussi à l’allongement de la vie professionnelle qui implique des parcours alternant acquisition de compétences et évolutions - une manière de prévenir l’usure professionnelle, autre axe d’action essentiel de l’Anact.

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