Vous êtes ici

Quel est le bon taux d’absentéisme ?

Bloc des outils de page

Envoyer la page par email

Ajouter à ma liste de lecture

Une question souvent posée par les responsables d’entreprises consiste à se demander quel est le bon taux d’absentéisme de l’entreprise ou de tel secteur de celle-ci ? Cette question amène à une demande de comparaison avec d’autres entreprises, de la même branche professionnelle ou du même territoire.

Il s’agit de se rassurer… ou parfois, au contraire, de dramatiser la situation pour tenter ensuite d’apporter des correctifs à celle-ci. L’approche comparative rencontre cependant rapidement des limites. Si la définition usuelle de l’absentéisme présenté généralement dans les manuels de gestion semble communément admise (le taux d’absentéisme est le ratio entre les effectifs prévus et ceux réellement présents à un moment donné), les bases de calculs peuvent différer sensiblement d’une entreprise à l’autre tandis que les caractéristiques de la population salariée ne sont certainement pas identiques d’une entreprise à l’autre (âge, genre et état de santé, par exemple).

De ce point de vue, il s’agit alors moins de se comparer avec d’autres (et de procéder hâtivement à du benchmarking) que d’enregistrer les variations à la hausse et à la baisse du taux d’absentéisme dans la situation propre de l’entreprise. Ce sont alors ces variations, toutes choses étant égales par ailleurs (les modes de calculs et la population considérée) qui doivent faire l’objet d’une interprétation spécifique.

L’absentéisme : un révélateur de dysfonctionnement de l’entreprise

Dans ce sens, les variations du taux d’absentéisme, surtout en cas d’accroissement brutal, peuvent être considéré comme un marqueur d’un ou de plusieurs dysfonctionnement présent dans l’entreprise. Il n’y a pas de taux normal d’absentéisme : c’est à chaque entreprise d’estimer les seuils critiques, c’est-à-dire le moment où la situation devient problématique, tant en fonction des coûts que des atteintes au bon fonctionnement de l’entreprise.

De plus, cette définition du seuil critique ne doit pas être l’apanage d’une seule catégorie d’acteurs - qui se contente ensuite d’agiter le spectre de l’absentéisme pour l’opposer à d’autres revendications (sur le travail et ses conditions de réalisation) – mais devenir un bien commun à l’ensemble des acteurs de l’entreprise.

 

note: Définition

La définition proposée ici s’inscrit dans la problématique définie précédemment. Le rôle des conditions de travail est souligné avec force.

L’absentéisme caractérise toute absence qui aurait pu être évitée par une prévention suffisamment précoce des facteurs de dégradations des conditions de travail entendues au sens large (les ambiances physiques, le travail posté mais aussi l’organisation du travail, la qualité de la relation d’emploi, etc.).

Toutes les absences ne sont pas de l’absentéisme et il reste moins pertinent, de se focaliser sur certaines absences (comme les congés de formations ou de maternité, par exemple) que sur d’autres, plus significatives pour l’entreprise (les accidents et les maladies professionnelles, les absences récurrentes pour maladies ordinaires, etc.).

L’objectif d’une politique de prévention ne consiste pas à éliminer toutes les absences : il est impossible à tous et à toutes d’être présent tous les jours. Toutes sortes d’incidents et d’évènements peuvent venir contrarier les planifications les mieux établies entre la commande des effectifs et le cahier des charges de l’entreprise.

Il faut réduire ce qui semble hors normes et induit des perturbations dans le fonctionnement de l’entreprise, tant du point de vue des coûts que dans les dérangements quotidiens qu’occasionnent l’absentéisme (les retards et les défauts de qualité, le temps passés pour combler le manque de personnel, etc.).