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Quebec. L’hiver, le froid, la neige et la sécurité des travailleurs

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Au Canada, les hivers sont rigoureux. Les travailleurs composent depuis longtemps avec le froid et la neige, que ce soit parce qu’ils oeuvrent à l’extérieur ou encore parce qu’ils déneigent des rues et des toits. Un dossier de la revue Prévention au travail rappelle les principales recommandations pour travailler par grand froid.

Le corps humain ne peut supporter durablement le grand froid. Comme le rappelle la revue de l'IRSST canadien Prévention au travail dans un numéro publié à l'automne 2011, les risques encourus par les salariés exposés vont de l’engelure à la mort. 

L’engelure fait enflammer le nez, les oreilles, les joues, les mains et les pieds, toujours les premiers touchés à titre d’extrémités; la peau devient rouge, violacée, douloureuse et il peut y avoir ampoules et crevasses. 

La gelure va un cran plus loin ; les tissus superficiels nécrosent et font mal quand le pied a été longuement exposé à l’humidité et au froid, par exemple dans des bottes mouillées. Ensuite, si la température du corps commence à tomber sous la normale, survient le risque d’hypothermie. Principaux dangers : baisse de la vigilance et perte de l’aptitude à prendre une décision rationnelle.

L'importance du vêtement

Par temps froid, c’est surtout l’activité métabolique (cœur qui bat, sang qui circule, activité physique, etc.) qui réchauffe le corps. De bons vêtements évitent qu’on la perde. « La preuve est faite que plusieurs couches de vêtements assurent une meilleure protection contre le froid qu’une seule épaisseur, précise Luc Schreiber, inspecteur de la CSST à Trois-Rivières, spécialiste du froid. Ils doivent laisser la sueur s’évaporer, être imperméables, couper le vent et rester secs. Bien couvrir sa tête est essentiel puisque 40 % de la chaleur accumulée fuit par là. »

Mais plus la température baisse, plus il est difficile de conserver cette précieuse chaleur. Plusieurs perturbateurs agissent de concert : l’air froid, le vent, le contact avec des objets froids ou de l’eau froide, l’évaporation de la sueur quand le travail est physiquement éprouvant. « Il faut équilibrer l’habillement avec l’effort de telle sorte qu’on produit de la chaleur sans en perdre par une transpiration trop abondante », précise Luc Schreiber.

La prévention individuelle

Certains comportements ou états individuels nuisent à la conservation de la chaleur. Par exemple, la fatigue, la consommation d’alcool, de tabac ou de drogue, une mauvaise alimentation ou encore des troubles sanguins ou circulatoires.

Le manque d’information sur les mesures préventives et d’urgence quand il fait froid est également un facteur de risque. À l’inverse, il est reconnu que les féculents (riz, pâtes, pommes de terre, etc.), les soupes et les boissons chaudes (sauf le café) aident à produire de la chaleur.

Les dispositions relevant de l'entreprise

Pour l'entreprise, la prévention peut consister à prévoir un local chauffé, ou à tout le moins une pièce où refaire le plein de chaleur. Recouvrir les pièces métalliques d’isolants thermiques, utiliser des outils conçus pour ne pas devoir enlever gants ou mitaines, installer des écrans pour empêcher l’exposition au vent, avoir des aides à la manutention pour réduire la charge de travail et la transpiration sont d'autres pistes.

Le risque peut aussi être contrôlé efficacement par diverses mesures qui relèvent d’une bonne gestion : former les travailleurs ; miser sur la surveillance mutuelle pour reconnaître les signes et symptômes d’une attaque du froid ; limiter la charge de travail ; installer un dispositif de communication dans les lieux isolés ; établir une surveillance de la température et de la vitesse du vent ; alterner travail – réchauffement.

Pour finir, la revue de l'IRSST propose quelques exemples en vrac de ce qu’il convient de faire sous certaines températures. À moins de 16°C, il faut porter des gants et se réchauffer les mains toutes les dix minutes sur un appareil de chauffage local s’il s’agit d’un travail de précision. Un travailleur qui tombe à l’eau à moins de 2 degrés doit être traité pour hypothermie. À moins de -17,5°C, on garde toujours ses gants ou ses mitaines. Si on doit régulièrement exposer un travailleur à moins de -24°C, il faut une attestation médicale. Si l’indice éolien est de -7, il faut prévoir des abris chauffés à proximité de la zone de travail. À moins de -12 d’indice éolien, il faut un compagnon ou un superviseur en permanence. Enfin, tout travailleur souffrant d’intenses frissons, de fourmillements, d’une perte graduelle de sensibilité, d’un sentiment de fatigue excessive, d’un assoupissement, d’irritabilité ou d’euphorie doit immédiatement retourner à l’abri chauffé ou y être conduit par un collègue.

 

Pour aller plus loin :

- Télécharger le numéro "L’hiver, le froid, la neige et la sécurité des travailleurs" de la revue Prévention au travail
- Accès au site de l'IRSST
- Voir le dossier de l'INRS "Travail au froid"

 

note: L'IRSST

Implanté au Québec depuis 1980, l'Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST) est un organisme de recherche scientifique reconnu pour l'expertise de son personnel et la qualité de ses travaux. 

L'Institut est un organisme privé sans but lucratif. Composé d'environ 130 personnes, il accueille plus de 80 chercheurs, professionnels et techniciens appartenant à des disciplines variées : ergonomie, hygiène industrielle, chimie, physique, ingénierie, sociologie, anthropologie, démographie... L'IRSST se veut un trait d'union entre le réseau de la santé et de la sécurité du travail au Quebec et le milieu de la recherche.