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Quand le tutorat devient une culture d'entreprise

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Cas entreprise Mecabourg

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Confrontée à des difficultés de recrutement, une entreprise décide de faire de la formation en alternance une composante de son organisation.

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Description 

Présente depuis 25 ans sur le marché très concurrentiel de la conception et fabrication d'instruments de mesure électronique, cette société a su étoffer sa gamme au travers d'une activité de commercialisation de marques étrangères. Elle a également su diversifier son activité en s'orientant vers le marché du matériel "didactisé" à destination du secteur de l'enseignement.

L'intervention de l'ARACT s'inscrit dans le cadre du projet "Développement du tutorat" , menée en partenariat par l'ARACT Champagne-Ardenne et l'UIMM, qui a permis la rencontre de 4 entreprises volontaires.

Demande 

Face à des difficultés d’intégration et de recrutement (méconnaissance ressentie du monde de l’entreprise par les élèves et absence de formation locale pour certains métiers), l'entreprise a mis en place une politique de transmission et de développement des compétences en situation de travail.
Ce dispositif ouvert aux nouveaux entrants (contrats en alternance ou stages…) s’applique aux changements de postes ou de fonctions à l’interne.

L’intervention de l’ARACT a pour objectif d’identifier les pratiques tutorales existantes et les conditions favorables à leur développement.

Démarche 

L’ARACT a mené un diagnostic au cours duquel l’intervenant a rencontré une grande partie des « fonctions » de l’entreprise, tout en faisant le choix de rencontrer en priorité des « couples tuteur - tutoré ». L’objectif était de reconstruire la « relation tutorale » et d’identifier les conditions favorables à l’exercice de cette fonction.


L’entreprise, qui a gardé en interne un grand nombre de fonctions, est divisée en services que l’on peut regrouper en deux familles : « commerciale » et « administrative ». Les tutorés sont recrutés sur tout type de fonction : l’organisation est articulée autour de la présence de personnes en alternance. Cette présence est maintenant jugée indispensable dans la mesure où elles participent à des missions « réelles » dans le respect de leur objectif pédagogique et d’une prise d’autonomie professionnelle la plus rapide possible par la mise en situation de travail.
Cet apport de jeunes en alternance nécessite d’étroites relations avec les organismes de formation. Ces relations sont gérées par le PDG et les tuteurs.



Les tuteurs sont choisis par le PDG (lui-même tuteur), le plus souvent parmi les encadrants et sont pour moitié d’anciens tutorés.

Cette désignation est une source de fierté car beaucoup considèrent que tout le monde ne peut pas être tuteur. Il existe une reconnaissance des compétences professionnelles et pédagogiques des tuteurs.

Ils partagent une vision commune de leur mission : apporter un plus « qualitatif » aux tutorés par de vraies missions, de bonnes relations de travail, une concordance entre les objectifs et les objectifs pédagogiques du tutoré avec comme point de rencontre l’obtention du diplôme.



Les tutorés intègrent l’entreprise à l’issue d’un processus de recrutement (candidature, entretiens …) car ils seront amenés à s’inscrire dans un collectif de travail pour une durée plus ou moins longue. Il existe une réelle sélection afin de ne pas mettre « en danger » le collectif, ni mettre le tutoré en situation d’échec. Les tutorés font partie intégrante des organigrammes de l’entreprise.

Transmission et construction des compétences vont se faire en situation réelle de travail. La pratique vise l’autonomisation du tutoré par une démarche de type « essai/erreur » : le statut de l’erreur est reconnu. Cette transmission visera les attendus du diplôme, les compétences professionnelles « propres » à l’entreprise et à la mission ainsi que des compétences plus transversales.

Bien que le rôle du tuteur soit prépondérant, les compétences et « ficelles du métier » sont acquises grâce à l’ensemble des collègues. La fonction tutorale semble ainsi « distribuée» dans ce qui s’apparente à une prise en charge globale du tutoré par le collectif de travail. Plusieurs types de ressources sont mobilisés : celles du tuteur et du collectif (compétences et disponibilité), celle du tutoré (compétences et engagement), celle de l’organisme de formation (implication et suivi).



Des aspects sont spécifiques à la relation tutorale. Il s’agit d’une relation à durée déterminée qui se reconstruit à chaque nouveau tutoré. La relation est de type salarié à salarié plus que d’enseignant à apprenant.
La notion de confiance est omniprésente : confiance de l’entreprise envers le tutoré, confiance de l’entreprise envers le collectif de travail, confiance réciproque du tutoré et du tuteur.

Il s’agit enfin d’une relation qui, bien que se déroulant en interne, est impactée par des éléments extérieurs, en particulier les relations avec l’école.

Bilan 

Plusieurs conditions favorables au développement de la fonction tutorale et du tutorat ont pu être mises en avant à l’issu de ce diagnostic.
Tout d’abord la possibilité pour le tuteur de gérer son temps et sa charge de travail. La charge de travail liée au tutorat est considéré comme faisant partie de la fonction d’encadrant et n’est pas estimée plus importante avec un tutoré qu’avec un nouvel embauché.
Le temps consacré à cette fonction par le tuteur est légitime en interne car l’entreprise se place positionne comme une entreprise « formatrice ». Il s’agit là d’une volonté dirigeante qui est maintenant partagée par tous. Les tuteurs sont eux-mêmes pour moitié d’anciens tutorés.
L’implication de l’ensemble des salariés et la qualité des conditions matérielles d’accueil sont importantes car elles renforcent pour le tutoré le sentiment d’être un salarié comme les autres.

Enfin, la qualité des liens avec les organismes de formation apparaît comme primordiale, en particulier l’implication du « tuteur école », ce lui qui suit le jeune hors de l’entreprise. Les interactions entre le tutoré, le tuteur, l’entreprise et l’école vont conditionner l’acquisition de compétences théoriques et professionnelles nécessaires à l’obtention du diplôme et une future intégration réussie en entreprise.

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