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Quand la qualité de l'outil détermine la santé des salariés

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Cas entreprise Mecabourg

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004
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Pour augmenter sa productivité, une société de développement de films photographiques a renouvelé son outil de production. Une évolution qui a généré des pathologies inexistantes jusqu’alors. L’entreprise sollicite ACTAL pour l’aider à analyser la situation et trouver des solutions.

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Qui ? 

Créée en 1993 et implantée à la frontière allemande, cette société développe des photographies par correspondance. Avec un volume annuel de 2,5 millions films, sa production intègre tous les services liées à l’activité photographique, de la réception des épreuves à la livraison des tirages papier.
Elle est marquée par une très forte saisonnalité (vacances d’hiver et d’été, communions, mariages, etc.). Ainsi, le personnel, essentiellement féminin, compte 250 salariés en période normale, mais double en été avec l’embauche de CDD. Durant cette période, l’équipe fonctionne en 2x8.

Quel était le problème à régler ?  

Pour la deuxième fois en peu de temps, les opératrices se plaignent de douleurs lombaires. Pour l’aider dans le choix de chaises ergonomiques, l’entreprise consulte d’abord un cabinet spécialisé en ergonomie, puis ACTAL pour un complément d’analyse à travers un diagnostic court ; celui-ci concerne uniquement le service " pré-traitement " qui réceptionne les pochettes de films à développer, saisit les adresses et les commandes, ouvre les boîtes de films et les regroupe par lots afin de les développer.

Qu’ont-ils fait ?  

Afin d’identifier ce qui, dans un passé récent, a pu générer une plainte généralisée concernant des maux de dos inexistants auparavant, ACTAL s’est intéressée à l’historique de l’entreprise. En effet, avant la plainte, l’activité des opératrices ressemblait plus à un travail " administratif " : ouverture des enveloppes contenant les pellicules, saisie de l’adresse du client, du nombre de films et du format souhaité, dépose de la bobine dans un tambour qui partait au développement.
Afin de diminuer le temps de traitement, l’entreprise a décidé d’ajouter à ces opérations l’introduction du rouleau de film négatif directement dans une machine destinée à ouvrir les pellicules, coller les films entre eux et constituer des bobines qui iront ensuite au traitement.

Cette modification dans leur travail oblige les opératrices à élargir leur activité initiale de saisie de données à la surveillance d’une machine automatique et d’un processus qu’elles n’avaient pas à superviser jusqu’alors. Par ailleurs, elles n’ont reçu aucune formation sur cette machine, puisque leur travail est censé s’arrêter une fois qu’elles y ont introduit le rouleau de film.

C’est à partir du moment où les opératrices ont eu à superviser la machine que les plaintes concernant le mal de dos sont apparues, du fait de l’immobilité contrainte de la jambe droite et donc de la limitation des possibilités de postures différentes. Plus finement, quelques opératrices nous ont confié qu’avec le nombre de gestes qu’elles ont à effectuer, elles font " de la brasse " toute la journée ; les bras des salariées sont toujours en mouvement : il faut se tourner et se retourner pour prendre la pochette, manipuler les boîtes plastiques et métalliques, manier le stylo et l’agrafeuse… le tout sans espace prévu pour le rangement de ces objets.

De plus, les machines automatiques accusent un nombre conséquent d’incidents qui stoppent régulièrement le travail des opératrices obligées de faire appel soit à une personne qui en connaît le fonctionnement, soit à la maintenance. Nous avons observé que, pendant les réparations, l’opératrice reste assise sur sa chaise et profite de ce laps de temps pour se relaxer et se dégourdir en changeant de position. Dans la majorité des cas, elle laisse la personne compétente effectuer la réparation sans chercher à comprendre la cause de la panne. Ce qui ne semble pas illogique dans la mesure où il ne leur est pas demandé de comprendre le fonctionnement de la machine.

Par ailleurs, la plupart des opératrices redoutent ces pannes, car cela " casse " le rythme de travail : selon elles, " un film, ça a une valeur, c’est quelque chose d’important pour le client ; on ne peut pas faire n’importe quoi ".

Avec quels effets ?  

Notre intervention a aidé la direction et les salariés de l’entreprise à partager une analyse commune sur ces plaintes concernant le mal de dos et, au-delà, sur quelques points clés :

1) Les maux de dos ne provenaient pas exclusivement des postures, même si le travail des opératrices avait réellement changé dès le couplage de la Machine à leur travail habituel. C’est le poste de l’opératrice qui s’est adapté à la technique,

2) Un stress vécu par les opératrices, généré par deux situations : une somme d’informations importantes et diverses à saisir et la crainte d’une perturbation de leur travail par une machine dont elles ne connaissent pas le fonctionnement.

La direction a été appelée à une meilleure communication sur ses choix techniques et sur ses arbitrages entre qualité et quantité, afin de diminuer la " compétition entre les salariés ". Nous avons suggéré au service Marketing de mieux différencier les types de produits et de promotion afin d’atténuer l’attention requise lors de la phase " saisie de données ". Enfin, nous avons impulsé une formation des opératrices à la machine en aval de leur poste de travail afin qu’elles en comprennent le fonctionnement. Par la suite, une étude de poste a été réalisée qui a fait l’objet d’un FACT, avec une problématique élargie au-delà de la seule chaise.

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