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Quand la prévention des risques professionnels s'intègre au modèle de développement

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Cas entreprise Mecabourg

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690
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Confrontée à de graves tensions sociales et une situation économique difficile, cette entreprise de galvanisation à chaud de pièces acier choisit de placer la prévention des risques professionnels au cœur de sa stratégie et de son mode de management. Avec succès : la productivité augmente et les arrêts de travail diminuent.

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Description 

Cette entreprise est spécialisée dans la galvanisation à chaud de pièces ou de structures en acier par immersion dans des bains de métal en fusion. En grande difficulté voilà une dizaine d'années, elle a su se relever en faisant de la prévention des risques un élément central de sa stratégie et de son système de management.

Demande 

L'entreprise a accepté d'être partie prenante d'une étude réalisée par l'ARACT IDF pour la DARES sur "L'approche économique de la prévention des risques professionnels".

Démarche 

Lorsqu’elle reprend l’entreprise voilà une dizaine d'années, la nouvelle direction trouve une situation socialement tendue. Elle fait de la prévention des risques professionnels et environnementaux un pilier majeur de son modèle de développement.

Suite aux dégâts provoqués par une tempête, elle lance un programme d’investissements importants (réfection de la charpente, extension de l’atelier, éclairage, peinture et propreté des bâtiments) en anticipant l'évolution des normes HSE (hygiène, sécurité, environnement).

Dans le même temps, un plan de formation à la communication est mis en œuvre pour recréer de la cohésion autour d’un projet fédérateur. Le programme concerne 80 % du personnel à raison de 200 heures par salarié.

Dans un deuxième temps, il est fait appel à un formateur spécialisé HSE. Des outils de communication internes viennent étayer la démarche : les chefs d'équipe réalisent une plaquette sur la prévention HSE ; un groupe de travail interne édite un journal.
Le principe de la responsabilité de chaque salarié est affirmé. Toute personne de l’entreprise est une personne de sécurité, cette dernière devient une compétence.
Les compétences requises en sécurité et prévention des risques sont intégrées dans chaque fiche de poste. Elles font l’objet d’une évaluation au niveau de l’entretien annuel et sont prises en compte dans la politique de rémunération.

L’exigence de l’entreprise par rapport à la prévention des risques professionnels et environnementaux est progressivement imposée aux clients et aux fournisseurs/prestataires. Elle éloigne ceux qui la perçoivent comme un coût ou une contrainte supplémentaire et en rassure ou attire d’autres qui ont le même type d'exigence.
Peu à peu, l'entreprise s'intègre dans un réseau d'entreprises prestataires, fournisseurs ou clientes plus fiables, plus compétentes et capables d'anticiper les évolutions en cours réglementaires ou économiques.

Le rôle du CHSCT se structure pour devenir central dans le pilotage de la prévention. Le médecin du travail et la CRAM y sont invités. Les nouvelles installations sont systématiquement visitées. Objectif : traiter 80 % des questions soulevées dans un délai de trois mois.

L'expérience de cette entreprise rejoint les principales conclusions de l'étude DARES en particulier la conviction, souvent exprimée par les entreprises enquêtées, que la prévention des risques professionnels est un investissement intégré à leurs modèles de développement. Elles mettent en avant quatre enjeux :

- la nature des risques (environnementaux, sécurité, risque lié à l'image, …) ;

- les effets sur la performance productive, notamment les liens entre prévention et amélioration continue des organisations de production ;

- la capacité à structurer l’environnement économique, en particulier les relations aux donneurs d'ordre et sous-traitant intégrant le même niveau d'exigence en termes de HSE ;

- l’efficacité du management qui passe par des modalités de mobilisation des différents acteurs.

Bilan 

Sur le long terme, les taux de fréquence et de gravité des arrêts de travail diminuent, tandis que la productivité progresse, compensant largement les sommes investies dans la formation et le réaménagement du site. Cette amélioration est-elle due à la seule prévention des risques ? Difficile de démontrer une relation de cause à effet directe mais plusieurs éléments vont dans ce sens et principalement :

- l'amélioration des conditions de travail et la prévention des risques ont été l’occasion de rendre les procédés plus performants et de réduire les coûts de production ;

- la formation des salariés à la prévention des risques, leur responsabilisation, ont été des facteurs de montée en compétence et de motivation.

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