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Qualité de vie au travail : aider les entreprises à se repérer dans l'offre d'accompagnement

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La notion de qualité de vie au travail (QVT) fait son entrée dans les entreprises. Olivier Mériaux, directeur technique et scientifique de l’Anact, revient sur le contexte d’apparition de ce concept et sur le rôle de l’Anact pour contribuer à sa diffusion.

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Pourquoi le concept de qualité de vie au travail a-t-il émergé ?

Les entreprises sont impactées par les évolutions sociétales - vieillissement de la population salariée, accroissement du travail des femmes, etc. – alors que leurs modèles d’organisation du travail conduisent à une intensification des tâches et à une baisse des marges d’autonomie. Tous les ingrédients qui ont conduit à la crise des risques psychosociaux (RPS) sont toujours là. Dans ce contexte, la qualité de vie au travail devient un enjeu majeur. Les partenaires sociaux, dans l’accord annuel interprofessionnel (ANI) du 19 juin 2013 sur la QVT, ont fait le lien entre bien-être des salariés, qualité du travail et performance durable de l’entreprise.

Depuis l’ANI, où en est la diffusion de la QVT ?

Quantitativement, on ne peut pas dire qu’il y ait eu une pléthore d’accords même s’il n’existe pas, pour le moment, d’outil statistique adapté pour le mesurer. Cela dit, on peut constater, sur la vingtaine d’accords que l’Anact a analysés, une dynamique d’innovation intéressante. Cela correspond d’ailleurs à la logique de l’ANI qui est de stimuler l’innovation et les expérimentations.  Avec la loi du 17 août 2015 relative au dialogue social et à l'emploi, qui rend obligatoire depuis 2016 une négociation annuelle sur la QVT, il faudra être vigilant à ne pas tomber dans le travers du formalisme que l’on connaît déjà sur d’autres sujets. La réglementation doit, au contraire,  amener les acteurs à réfléchir au sujet et à se demander comment transformer une contrainte en opportunité.

Le marché du conseil s’est-il emparé du sujet ?

Oui, l’offre est pléthorique et très disparate. Mais on constate que le marché du conseil et de l’accompagnement de l’entreprise – comme cela a déjà été le cas pour les risques psychosociaux – a  tendance à se focaliser sur le symptôme et la dimension individuelle des choses, ce qui est évidemment le plus facile à traiter. Il a beaucoup plus de difficultés à produire une offre de service permettant de traiter le problème à la racine, c’est-à-dire dans les déterminants organisationnels et collectifs.

Quel rôle jouera l’Anact pour développer les démarches de qualité de vie au travail ?

Notre agenda pour les prochaines années est de poursuivre les expérimentations dans les entreprises, de capitaliser et de trouver les relais pour toucher le maximum d’entreprises. Notre travail d’animation et d’accompagnement des entreprises, avec les partenaires sociaux et les services de l’Etat, sera essentiel pour permettre  l’appropriation de la QVT. Nous rendrons compte aux partenaires sociaux du développement des démarches QVT en entreprise.

Par ailleurs, l’Anact va mener des actions pour développer une pédagogie de l’achat de prestations et pour aider les entreprises à se repérer. Cela passera par de la communication, de la sensibilisation, par des partenariats plus resserrés, voire de construction de chartes avec des intervenants du marché qui développent des approches réellement centrées sur les dimensions organisationnelles et collectives. Bref, il s’agit de donner les signaux permettant d’y voir un peu plus clair tout en laissant les entreprises évidemment libres de développer les actions qu’elles souhaitent.