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Prévention des TMS : repenser les parcours professionnels

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Cas entreprise Mecabourg

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Confrontée à un cas de maladie professionnelle, cette société de transformation d'élastomère souhaite prévenir l'apparition de troubles musculosqulettiques (TMS). Ces derniers sont en partie liés à un problème de vieillissement des effectifs. Au-delà de l'aménagement de quelques postes, l'entreprise doit repenser les parcours professionnels et les transmissions de savoir-faire.

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Qui ? 

Cette société familiale est spécialisée dans la transformation d’élastomère. L’aéronautique et le médical constituent ses principaux clients, pour lesquels elle fabrique des petites séries que les industries de “process” fortement automatisées ne veulent pas produire.

L’entreprise n’a que très peu modifié ses installations, si ce n’est pour répondre aux obligations légales de sécurité. Sur un marché très concurrentiel, elle tente de préserver son capital technique et humain.

Quel était le problème à régler ?  

Comment aménager le poste d'une salariée en maladie professionnelle à la suite d’une opération du canal carpien ? Plus généralement, la chef d'entreprise se demande comment améliorer globalement les conditions de travail dans l’entreprise pour éviter les risques qui pèsent sur les autres salariés ?

Qu’ont-ils fait ?  

Quels sont les facteurs déclenchants de la pathologie du canal carpien au sein de l’atelier d’ébarbage. Quels éléments dans l’histoire récente de l’entreprise ont généré ou favorisé l’apparition de troubles musculosquelettiques (TMS) ? Quels sont les évènements déclencheurs de la pathologie ? Plus largement, quels sont les phénomènes d’usure professionnelle ? Plusieurs facteurs permettent de répondre à ces questions.


Premier élément de réponse : la population de l’atelier ébarbage. Elle est essentiellement féminine, âgée de plus de 45 ans et l'ancienneté y est importante. Plus que l'âge, c’est bien cette ancienneté qui peut expliquer une usure professionnelle engendrant l’apparition de TMS.


Une autre donnée démographique semble importante : l’âge de début d’activité. Le personnel âgé avec beaucoup d’ancienneté est entré dès 14 ans dans le monde actif, exerçant des métiers à faibles qualifications.



Deuxième élément de réponse : les caractéristiques du travail. Tout d’abord, «certaines pièces sont plus dures à travailler que d’autres ». Elles sont données aux salariées les plus anciennes car elles savent « mieux les faire » et sont plus rapides tandis que les moins contraignantes sont réalisées par les plus jeunes. Résultat : une hyper sollicitation des membres supérieurs chez le personnel vieillissant.



Troisième élément de réponse : l'organisation. L’atelier est sous la responsabilité d’un chef d’atelier qui répartit les commandes auprès des salariées. Aucune cadence n’est vraiment exigée. Seule contrainte : envoyer les pièces au client en temps et en heure.

Chaque salariée complète la trousse de base fournie par l'entreprise, qui comprend des ciseaux et une pince, par de nouveaux outils fabriqués avec des matériaux de récupération : antennes de postes de radio, baguette de bois…

Outre cette activité de création d'outils, le personnel met lui-même en place le mode opératoire le plus opérationnel pour traiter les pièces. L’expérience se transforme en compétence. Leur capacité à mobiliser les savoir-faire issus de la pratique permet aux salariées de développer des capacités d’adaptation aux aléas et aux variations de la production : « un savoir agir en toute circonstance ». Ce faisant, elles créent de nouvelles compétences procédurales qui permettent d’améliorer la qualité de fabrication.

Elles réalisent le même travail pour toutes les opérations (chasse peau, découpe au ciseau, chalumeau…), car elles préfèrent morceler les différentes tâches plutôt que de réaliser les opérations de A à Z pour chaque pièce. Cela permet de rompre avec la monotonie rencontrée dans ce type d’activité (« Quand il y a 2 000 pièces à faire, on a l’impression que le tas ne baisse pas »).


Enfin, quatrième élément de réponse : la différence posturale entre les anciennes salariées et les plus récentes. Les premières travaillent sans poser les avant bras sur la table, à l'inverse des secondes. Ces contraintes – les bras maintenus statiques dans le vide – sont liées à l’ancienne contremaître qui obligeait les salariées à adopter cette posture.

Avec quels effets ?  

Au-delà de quelques aménagements du poste de travail, deux pistes d’actions apparaissent : d'une part, il s'agit de repenser la transmission des savoir-faire (par exemple, la prise en charge de pièces complexes par les salariés avec peu d’ancienneté), et des compétences ; d'autres part, plus globalement, il convient de réfléchir aux parcours professionnels et d’évolution au sein de l’entreprise.

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