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Prévention des TMS dans un projet de conception d’atelier

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Cas entreprise Mecabourg

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839
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Code APE
Accompagner, de manière coordonnée entre les acteurs de la prévention des risques professionnels, l’aménagement d’un atelier de découpe pour intégrer la prévention des troubles musculo-squelettiques à la conception et engager l’entreprise dans une démarche de prévention durable.

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Qui ? 

Cet abattoir indépendant, spécialisé dans l’abattage d’ovins et de caprins, emploie 105 salariés. Avec une moyenne d’abattage de 1800 têtes par jour, soit un volume de plus de 8000 tonnes de carcasses par an, cette entreprise gère le ramassage, l’abattage, la découpe et la commercialisation de viande ovine et caprine avec notamment une spécialisation sur les produits Halal.

Quel était le problème à régler ?  

Suite à l’aménagement de la chaîne d’abattage, le constat est fait par la direction de l’abattoir que malgré la réduction des manutentions de charges lourdes et la réalisation d’actions pour la prévention des accidents du travail à l’abattage, de plus en plus de salariés font l’objet de restrictions d’aptitude et déclarent des maladies professionnelles pour des troubles musculo-squelettiques (TMS). À l’occasion du CHSCT, le conseiller prévention et le médecin du travail de la MSA invite l’entreprise à faire appel à l’ARACT pour établir un diagnostic et proposer des actions d’améliorations.

Qu’ont-ils fait ?  

Un premier projet d’évolution avait été conduit en 2004 pour moderniser la chaîne d’abattage. Ce projet avait conduit à l’embauche de personnel supplémentaire avec des difficultés de fidélisation ; cependant, pour sa réalisation, l’entreprise n’avait pas piloté le chantier, considérant que le bureau d’études retenu pour la maîtrise d’œuvre assumerait ce rôle. Ce qui a conduit à des problèmes de conformité des machines et à un décalage important entre les attentes du projet et la réalisation finale.


Malgré les améliorations apportées par la mise en place de cette chaîne d’abattage, la direction constate une augmentation des accidents du travail, des restrictions d’aptitude et des déclarations de maladies professionnelles pour des troubles musculo-squelettiques (TMS). Un questionnaire adressé à l’ensemble des salariés et traité par le médecin du travail a confirmé l’importance de la problématique des TMS (douleurs exprimées par les salariés dans l’ensemble des ateliers et sans distinction d’âge). De plus, la prise en charge des questions de sécurité et de conditions de travail par les représentants du personnel est faible (carence de membres du CHSCT avant le démarrage de l’intervention). La démarche de prévention des risques professionnels est uniquement portée par la responsable qualité.

L’intervention a permis de confirmer l’état de la problématique des TMS auprès du CHSCT (représentants du personnel nouvellement désignés) et de remobiliser le conseiller prévention et le médecin du travail pour dynamiser la démarche de prévention des risques professionnels. Des propositions sont faites sur plusieurs axes :

• sur le suivi des données de santé au travail pour compléter le suivi en CHSCT des accidents du travail, par celui des restrictions, des maladies professionnelles et de l’absentéisme;

• sur l’ergonomie des postes (hauteur de travail, aménagements de chariots à roulette pour aider à la manutention);

• sur l’organisation de la production (heure butoir pour la prise des commandes et suivi des encours de production);

• sur la gestion des compétences des équipes (formations à la démarche du couteau qui coupe, développement de la polyvalence pour permettre la rotation sur les postes).


Au terme du diagnostic, il est proposé à la direction de l’entreprise d’accompagner le projet de réaménagement de l’atelier découpe-conditionnement de manière coordonnée entre le conseiller prévention, le médecin du travail de la MSA et le chargé de mission de l’ARACT afin que la prévention des risques professionnels et notamment la prévention des troubles musculo-squelettiques soit prise en compte.


Une analyse de l’activité est réalisée dans l’atelier avant le réaménagement par le conseiller prévention et le chargé de mission de l’ARACT pour proposer des améliorations à intégrer dans le projet d’aménagement (aménagement des postes et organisation).


Sur la base de l’analyse de l’activité de l’atelier et de la démarche de prévention de l’entreprise, un second contrat de prévention est élaboré. Il prévoit la prise en charge d’une partie du temps consacré par l’équipe de l’atelier aux groupes de travail, la formation des membres de CHSCT et de l’encadrement à la démarche de prévention des TMS, la formation d’une partie du personnel à la démarche du couteau qui coupe et à la prévention des risques liés aux activités physiques, le travail sur l’organisation des modalités d’accueil des nouveaux salariés. L’AGEFIPH est sollicitée pour certains aménagements de poste concernant des salariés reconnus travailleurs handicapés, particulièrement dans l’atelier de découpe-conditionnement.

Avec quels effets ?  

L’entreprise fait appel à un bureau d’études pour la réalisation des plans et la gestion technique du projet. Toutefois, le CHSCT devient le comité de pilotage pour suivre l’avancement du projet. Les éléments relevés lors de l’analyse de l’activité dans l’atelier existant sont communiqués au bureau d’études pour être pris en compte. Deux réunions permettent de mettre en débat les aménagements prévus avec l’équipe de l’atelier avant la finalisation des aménagements. Les actions de formation prévues dans le cadre du contrat de progrès ont été réalisées.

Le réaménagement de l’atelier conduit à réduire les ports de charges avec la mise en place de convoyeurs tout en laissant des marges de manœuvre temporelles aux salariés (possibilités de stocks tampon sur les postes). La mise en place de tables à hauteur variable au conditionnement est réalisée et leur utilisation progressivement généralisée par les salariées sur ces postes. L‘heure de départ des conducteurs pour les livraisons a pu être reculée d’une heure, ce qui a permis de soulager la pression temporelle des conditionneuses; mais plusieurs points restent néanmoins problématiques à l’issue du chantier…

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