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Prévenir sans attendre : une démarche pour l'efficacité de toute entreprise

Cas entreprise Mecabourg

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769
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Faut-il attendre que des TMS soient déclarés pour initier une démarche de prévention ? À l'évidence, non ! Certaines entreprises font le choix d'anticiper la survenue de ces pathologies dont on sait que, une fois installées, elles sont difficiles à éradiquer. Dans le cas suivant, une analyse fine de l'organisation du travail et des conditions de sa réalisation a permis à cette entreprise de se doter d'indicateurs de pilotage de l'activité. Et pour inscrire durablement "la démarche prévention" dans sa culture, elle a misé sur la formation-action.

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Qui ? 

Créé en 1971, ce laboratoire est spécialisé dans la réalisation d’analyses à partir d’échantillons pour le compte de tiers et répond ainsi à la demande de clients localisés dans 6 départements. Son activité se répartit en deux grands pôles :

- un laboratoire "lait" (analyses chimiques et bactériologiques d’échantillons de lait pour le paiement du lait à la qualité (1000 à 2000 échantillons par jour) et le contrôle laitier (4000 à 8000 échantillons par jour);

- un laboratoire "développement", composé de deux unités techniques : une unité technique microbiologie alimentaire et une unité chimie pour l’analyse d’aliments pour le bétail (fourrage) et de produits laitiers et à base de viande.

Quel était le problème à régler ?  

Depuis septembre 2008, la Direction et les représentants du personnel au CHSCT s’interrogent sur la prévention des TMS, en lien avec les activités de travail développées dans les unités techniques du laboratoire (pesée, ensemencement, repiquage, lecture, etc.), leurs caractéristiques (délais et rythme, volume des échantillons à traiter, espace de travail, contraintes techniques, etc.) et les conséquences sur la santé des salariés.

N’ayant pas de maladies professionnelles ni déclarées, ni reconnues, l’entreprise souhaite engager avec l’ARACT Auvergne, en partenariat avec la MSA, une réelle démarche de prévention des TMS dans le cadre d’une formation-action des membres du CHSCT.

Qu’ont-ils fait ?  

Sur le plan de la prévention, l’entreprise s’est structurée progressivement, notamment autour de la sécurité; elle souhaite désormais disposer « d’outils » qui permettent de constituer une veille efficace pour la prévention des TMS.


Il s’agit dès lors d’avoir une action à deux niveaux : renforcer le système prévention (formation d’acteurs relais, mise en place d’indicateurs de pilotage, etc.) et intégrer aux actions déjà conduites des leviers organisationnels.
L’engagement de la Direction dans le cadre de cette démarche est exemplaire. Un groupe de travail est constitué, mobilisant 10% de l’effectif de l’entreprise (7 personnes dont 3 membres du CHSCT se portent volontaires), pour participer à 5 réunions d’une demi-journée chacune.


Ces réunions ont pour but de marquer la démarche de prévention autour de 3 axes de travail : identifier, comprendre et agir. Un premier apport méthodologique a permis au groupe d’appréhender la dimension multifactorielle des TMS et d'identifier les causes, et les conséquences sur la santé des salariés comme sur l’efficacité productive de l’entreprise. N’ayant pas de TMS déclarés, il s’est agi ensuite de permettre au groupe de réaliser un état des lieux de la situation de l’entreprise (par un questionnaire de recueil des plaintes – articulant population/ travail/ santé) pour déterminer une situation cible.

Les résultats ont ainsi permis aux membres du groupe (Direction, encadrement et salariés) de choisir une situation de travail (la pesée), sur la base de critères définis conjointement, pour laquelle une analyse du travail plus poussée a été conduite. A l’issue de ce second travail, le groupe a pu formaliser les principaux déterminants des conditions de réalisation du travail de la pesée et commencer à construire le plan d’action en considérant les marges de manœuvre. Le plan d’action a ensuite été retravaillé en inter-session, pour faire l’objet d’une validation définitive de la part de l’ensemble des membres du groupe.


Dans ce cadre, les actions envisagées s’articulent autour de 3 axes principaux : un axe technique (tel que l’aiguisage des ciseaux et couteaux utilisés à la pesée ainsi que la mise en place d’une routine d’entretien ou encore la réalisation d’un chariot spécifique pour un gain de place), un axe humain (la transmission des savoir-faire d'organisation des postes de travail détenus par certains techniciens pour optimiser l'aménagement) et enfin un axe organisationnel (planifier l'affectation des techniciens pour en limiter la durée en renforçant la rotation et en considérant la nature des pesées à réaliser (nature des échantillons, rythme, etc.).

Avec quels effets ?  

En synthèse, ce qui est significatif dans cette démarche, c'est l'engagement de la Direction qui a mobilisé dans la durée (8 mois) une équipe de 7 salariés.

Cette action a permis de renforcer le système de prévention de l'entreprise par une formation-action d'acteurs relais (Direction, représentants du personnel au CHSCT et salariés).

A l'issue de cette action, l'entreprise a décidé de retenir un certain nombre d'indicateurs de pilotage (qualité, production, santé, etc.) à suivre dans le temps et d'élargir les axes de travail du CHSCT (analyse du travail).

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