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Prévenir l’usure professionnelle pour relever le défi du vieillissement au travail : l’expérience du réseau Anact-Aract

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Auteur(s)
  • Marion Gilles

La question de l’usure professionnelle est posée, dans le débat social, de très longue date (Cottereau, 1983 ; Bruno, 2015), car elle met en jeu la santé des salariés, la qualité de leur activité, voire leur emploi. Plusieurs éléments de contexte renforcent son actualité : l’ampleur persistante des contraintes et nuisances dans le travail (Mauroux, 2016), le poids croissant des quinquagénaires – voire sexagénaires – dans la population active, ou encore les négociations et les dispositifs concernant la « pénibilité » et les retraites (Jolivet, Volkoff, 2015). Dans ce contexte, les entreprises sont confrontées à un défi majeur. D’abord, la population active vieillit : la part des plus de 50 ans dans la population active augmente. Même si les situations démographiques sont diverses selon les secteurs et les territoires, les entreprises devront majoritairement composer avec une population active plus âgée. Ensuite, les réformes des retraites entraînent un allongement de la vie professionnelle et un recul de l’âge de départ à la retraite. Les salariés devront donc rester plus longtemps en activité. Ces évolutions ne seraient pas un problème si les conditions de travail étaient favorables. Malheureusement certaines caractéristiques du travail connues pour être particulièrement pénalisantes pour les travailleurs vieillissants et sources d’usure professionnelle continuent leur progression en France : les exigences physiques, le travail de nuit, l’intensification du travail, l’accélération des changements dans le travail. Pour prévenir l’usure professionnelle, trois perspectives sont à considérer : les conditions et l’organisation du travail (avec leurs enjeux en termes de santé et de compétences), la démographie de la population active, et enfin, le déroulement des parcours professionnels. Nous examinerons ces éléments dans une première partie portant sur les éléments de contexte généraux. Dans une seconde partie, nous analyserons la difficile articulation entre les politiques de l’emploi et le travail. La troisième partie sera consacrée à la manière dont les entreprises et les acteurs territoriaux appréhendent cette problématique et la prennent en charge à partir de l’expérience du réseau Anact-Aract.

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