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Prévenir les risques psychosociaux : la méthode Anact

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L’approche du réseau Anact-Aract est fondée sur son analyse des causes de développement des risques psychosociaux (RPS) : des organisations productives qui favorisent des situations de contradictions et de tensions dans le travail et pour lesquelles des régulations sont absentes ou insuffisantes. L’accent est donc mis sur le développement de processus de régulation pour que les salariés puissent faire un travail de qualité et dans lequel ils puissent se reconnaître.

Prévenir les risques psychosociaux (RPS) les facteurs de ressources

Construire une démarche partagée

La méthode proposée par le réseau Anact-Aract insiste sur la qualité du processus de mise en place d’une démarche de prévention des risques psychosociaux. Compte tenu de la complexité du sujet et des enjeux associés (multiples avis sur le sujet, remises en cause possible de l’organisation, de l’encadrement..), il est essentiel que la démarche s’appuie, dès le départ, sur une concertation. Cette concertation doit associer à la fois les partenaires sociaux de l’entreprise (direction, représentants du personnel et syndicaux) et aussi les divers acteurs impliqués dans les questions soulevées : l’encadrement, le service de santé au travail, de prévention, d’organisation de la production…

Après une formation commune de tous les acteurs impliqués, la discussion permettra de définir ensemble les contours du sujet dans l’entreprise, les indicateurs pertinents, les outils et méthodes qui seront déployés. Notre expérience montre que la qualité de cette phase est primordiale et déterminante pour l’avenir du processus. Une forme de consensus dans cette étape de cadrage de l’action est un appui considérable pour la suite de la démarche.

Démarche de prévention des risques psychosociaux (RPS)

Repérer les facteurs de contraintes et de ressources

La proposition de l’Anact consiste d’abord à comprendre comment la question des RPS se pose concrètement dans les contextes de travail particuliers aux activités de l’entreprise. Pour cela, dans la phase de diagnostic, l’Anact a mis au point une méthode pour repérer des facteurs en cause dans la santé des salariés. Il s’agit de rechercher, dans 4 grands domaines qui déterminent le vécu des situations de travail, ce qui est perçu par les salariés comme “facteurs de contraintes” ou comme “facteurs de ressource”. Ces 4 domaines sont :

  • le contexte général de l’entreprise et les conduites de changement ;
  • les exigences de l’organisation du travail ;
  • les exigences des salariés ;
  • le contexte des relations professionnelles et au travail.

S’établit alors un tableau des éléments qui déterminent pour les salariés, leur perception des conditions de travail. Ce tableau se construit à partir d’échanges dans le groupe paritaire élargi mis en place comme le CHSCT ou l’instance mise en place pour porter la démarche.

Par cet exercice, on sort d’une logique univoque de « risques », du seul registre de la souffrance au travail, pour faire émerger tout ce qui constitue le vécu au travail, dans ses différentes composantes avec, à la fois des facteurs d’implication, de réalisation de soi qui demeurent toujours présents, et aussi des facteurs de difficultés, de désengagement à l’origine de plaintes et de diverses tensions.

Analyser des "situations-problèmes"

À l’issue de ce travail, en croisant les informations obtenues et divers indicateurs quantitatifs et qualitatifs, se dégagent alors des hypothèses pour poursuivre l’analyse et préciser les secteurs ou situations à investiguer.

Ces hypothèses nécessitent de mener alors des analyses plus approfondies, au plus près des situations de travail et en faisant s’exprimer les salariés sur leur travail. L’Anact propose un outil qui peut aider à ce stade : l’analyse des « situations-problème ». Cet outil permet de se centrer sur le travail, sur des situations précises perçues par les salariés comme des situations d’impasse, de débordement, de vécu significatif de mal-être. Il permet une expression très « contextualisée » ouvrant sur l’action.

Plusieurs situations peuvent évidemment être repérées et analysées de façon approfondie, en relation avec les hypothèses déjà construites par l’énonciation des facteurs de contraintes et les facteurs-ressource. Ce type d’analyse implique la participation active des salariés amenés à parler de leur activité réelle, des difficultés présentes au quotidien, des points forts qui aident à l’action.

Élaborer un plan d'action qui favorise les régulations

De toutes ces analyses dans ces étapes de diagnostic, il est alors possible de dégager des pistes d’actions dans des domaines et à des niveaux d’action différents. A la fois, il s’agit de résoudre des situations concrètes de travail par des mesures de niveau local et, à la fois, de bien remonter à tous les déterminants de ces situations et donc souvent d’interroger l’organisation du travail dans ses différentes composantes : charge du travail, définition des tâches, répartition du travail, niveau d’autonomie, conditions du travail collectif, organisation matérielle des espaces et moyens du travail, etc.

Il s’agit en définitive de développer les processus de régulation à différents niveaux pertinents comme les services, les ateliers, les inter-services, les entreprise, etc.. Ils permettront de repérer précocement les situations de tensions excessives dans le travail et de mettre en place des actions individuelles, collectives et organisationnelles. Ces dernières permettront d’une part, la discussion sur ces situations concrètes, et d’autre part, le développement de ressources pour les résoudre.

Des dispositifs de veille en continue seront ensuite à installer notamment au travers de la transcription des RPS dans le Document Unique d’évaluation des risques ainsi qu’au travers de démarches d’évaluation régulière des effets des démarches entreprises. Le réseau Anact-Aract a développé des outils pour ces deux étapes.


C2R, le modèle d'analyse des risques... par anact