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Poursuivre en autonomie son projet d’amélioration des conditions de travail : le défi de toute entreprise…

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Cas entreprise Mecabourg

A propos

Référence
962
Secteur d'activité
Code APE
Région
Dans cette entreprise, l’activité de travail est caractérisée par de multiples manutentions, source de TMS et autres affections physiques. Des améliorations techniques et organisationnelles ont déjà été réalisées pour la première partie du process de production. Cette intervention concerne la deuxième phase du process de production. L’originalité de l’opération décrite ci-après repose en grande partie sur la tentative faite pour doter l’entreprise d’un dispositif de suivi des plans d’action dont le déploiement s’effectue en étroite collaboration avec le responsable QSE de l’entreprise.

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Description 

Cette entreprise de Midi-Pyrénées fabrique et commercialise 4 types de produits : les jambons secs, les saucisses sèches, les saucisses à griller et les pâtes et conserves. Avec plus de 100 salariés en production, elle a déjà réalisé un programme d’amélioration des conditions de travail, particulièrement de prévention des TMS, pour les activités de transformation de la viande (découpe primaire et secondaire, tranchage, désossage, reconstitution, formage, etc.) et de conditionnement (mise en barquette, filmage, etc.). La mécanisation/automatisation de ces opérations y a largement contribué.

Restent les activités de transfert de la matière et d’alimentation qui, du fait de la configuration des équipements, sollicitent beaucoup les épaules.

Demande 

Les risques TMS dans les opérations amont (dépotage des produits surgelés, fabrication des mêlées, salage des jambons…) sont élevés du fait de la manutention prépondérante des matières premières et des outils (clayettes, cadres, barres, etc.).

La direction estime qu’il existe de réelles marges d’optimisation des conditions de travail dans cette zone de production. Elle sollicite donc un FACT pour traiter les situations les plus alarmantes et, au-delà, mettre en place un plan d’amélioration continue de prévention des risques professionnels dans l’entreprise. Cette démarche s’inscrit dans le cadre du Projet régional Santé Travail, en collaboration avec la CRAM MP, les services médicaux du travail, de l’emploi et de la formation, et du MIDACT.

Démarche 

La direction ne veut pas juste mener une opération « coup de poing ». Elle souhaite initier une action de fond qui concilie santé des salariés et performance globale de l’organisation du travail et de la production. Pour ce faire : une action-pilote sur la ligne « jambon » et le développement, en interne, des principes de solution sur les autres. Telle est la démarche adoptée et structurée autour de deux phases : la réalisation d’un diagnostic ergonomique (autrement appelé « bilan conditions de travail ») et la mise au point d’un plan d’action à travers une formation-action.



1)- Le « bilan conditions de travail »

L’activité de travail couvre une très large gamme de produits qui répond aux exigences de qualité d’une demande régionale et nationale : de la charcuterie, fraîche et des plats cuisinés en différents formes et formats qui complexifient l’organisation de la production. Ainsi, pour des besoins d’efficacité, une ligne industrielle côtoie des formes de production quasi artisanales (dédiées à la fabrication des jambonneaux, par exemple).

Des travaux d’amélioration ont été réalisés : réfection des sols pour faciliter le roulage des chariots, rehaussement des bacs pour soulager certaines postures, installation de passerelles pour l’accrochage des jambons. Ces améliorations confèrent également une autonomie décisionnelle dans la réalisation de leur travail.

Mais si en aval les manutentions sont « supportables » avec des poids de colisage de moins de 10 kg, le dépotage des matières premières, la fabrication des mêlées et le salage des jambons en amont restent des opérations manuelles répétitives et lourdes, sollicitant fortement le dos et les membres supérieurs dans des postures et gestes très délicats.



2)- Les investissements qui ont permis jusque là à l’entreprise de se développer, souvent réalisés en fonction des opportunités commerciales, ne procédaient pas d’une vision globale des espaces de travail, des moyens de production ni d’une stratégie sur le long terme. Certes la direction a été réactive, mais elle a agi par à-coups, par (r)ajouts successifs … Le « bilan conditions de travail » établi dans la première phase a permis cette fois-ci une vision plus large d’un plan d’action à élaborer de manière globale.



Un objectif affiché : « Manutentionner moins et mieux». En dépit de l’automatisation de certaines lignes (produits cuite et moulage), la manutention manuelle et les bâtiments sont des réalités qui s’imposent à l’organisation du travail. Le plan d’amélioration des conditions de travail doit donc concilier les exigences de prévention de la santé des salariés et celles de flexibilité et de réactivité de l’organisation. A côté des aménagements matériels et spatiaux sont proposés de nouvelles configurations organisationnelles qui tiennent compte du facteur humain (particulièrement pour les plus de 50 ans qui représentent le 1/3 de l’effectif, c’est-à-dire plus de la moitié dans une projection à cinq dans des conditions de départ à la retraite).



Dans ce contexte, le « mieux manutentionner » vise à 1)- réduire la sollicitation physique globale et adapter l’implantation des matériels à la diversité de la population, 2)- permettre aux équipes de production d’affronter dans les meilleures conditions possibles le pics d’activité.

Bilan 

Quatre modules de la formation-action ont été organisés autour des deux axes en s’appuyant sur des situations concrètes d’aménagement :

- Module 1 : intégrer les connaissances pour conduire en interne un plan d’ACT.

- Module 2 : transférer à l’entreprise un outil d’évaluation du risque pour la santé.

- Module 3 : concilier la performance et les CT dans l’aménagement d’un poste de travail.

- Module 4 : mettre au point et dérouler un plan d’ACT.



Lors de la restitution finale du diagnostic, quatre enseignements saillants ont été relevés :

- la prévention des risques pour la santé représente un levier opérationnel supplémentaire pour accroître la réactivité organisationnelle en PME/PMI ;

- pour mener à bien un plan de prévention, les PME/PMI doivent bénéficier d’un transfert de compétences pour la conception et l’utilisation d’outils adaptés à leur situation particulière, et s’appuyer sur une expertise extérieure ;

- l’outillage doit s’intégrer dans la diversité des dispositifs existants et répondre aux préoccupations concrètes des opérateurs et du management ;

- la mise en place et la gestion d’un plan de prévention santé au travail se font en temps partagé.

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