Vous êtes ici

Pourquoi expérimenter ?

Ajouter à ma liste de lecture

Une des originalités de l'accord national interprofessionnel (ANI) sur la qualité de vie au travail (QVT) est son invitation à expérimenter. Le but de cette expérimentation est d'explorer une nouvelle manière de travailler, un nouveau fonctionnement, qui intègrent performance et conditions d’emploi et de travail. Non pas avec une réponse toute faite ou théorique, mais en cherchant ensemble par la pratique ou l’expérience.

  • L’expérimentation est intégratrice

Elle ne se limite pas strictement aux conditions d’emploi et de travail – il ne s’agit pas d’ajouter un projet supplémentaire et spécifiquement QVT aux projets en cours dans l’entreprise, encore moins de se borner au respect des obligations règlementaires - ni à une action de formation ou de sensibilisation. Elle suppose d’inscrire la QVT (ses enjeux, ses finalités, ses critères…) dans un projet organisationnel (CRM, approche client, réorganisation, lean….). En ce sens, les actions et méthodes telles qu’elles sont formulées dans l’ANI (diagnostic préalable, espaces de discussion, accord d’entreprise, nouvelle configuration CHSCT, etc.) sont en fait des modalités « d’accès à » ou de conception des expérimentations plutôt que des expérimentations en tant que telles.

  • L’expérimentation est une prise de risque partagée

Elle suppose que les acteurs de l’entreprise acceptent de « suspendre le jugement » sur les transformations visées : que la direction ne se précipite pas pour « déployer » et que les OS « ne freinent pas le changement ». L’expérimentation ne nécessite donc pas qu’on se mette d’accord sur tout (sinon il n’est pas nécessaire d’expérimenter) avant d’agir.

  • L’expérimentation est concrète

Elle n’est ni du diagnostic (effet rétroviseur), ni de l’anticipation (effet boule de cristal). Par son aspect concret elle place les acteurs dans une posture d’apprentissage collectif.

L’expérimentation engage les acteurs. Elle évite la dépendance face à l’expert via l’implication effective des acteurs dans l’action.

  • L'expérimentation est négociée

Elle est porteuse d’une double incertitude : 1) la position future des acteurs quant à un éventuel déploiement ; 2) les issues concrètes de l’expérimentation au plan du travail ; elle suppose donc des modalités de suivi et d’évaluation ainsi que des conditions de réversibilité de l’action qui doivent être conçues et négociées en amont.

  • L’expérimentation est outillée

Au plan de la méthode, il faut donc identifier des « projets locaux» (unités, département, process…) en cours ou à venir, évaluer les conditions de faisabilité quant à l’inscription de la QVT dans ce projet organisationnel, définir les modalités de suivi de l’expérimentation, articuler le projet local avec la démarche QVT, produire des indicateurs d’évaluation, obtenir l’adhésion des acteurs locaux, etc.

  • L’expérimentation vise la création de nouvelles manières de travailler

Expérimenter vise moins à « tester » au sens strict une méthode d’organisation (ex : le lean), un processus gestionnaire (ex : l'approche client), un outil (ex : un progiciel), une compétence (ex : la polyvalence) qu’à créer les conditions d’émergence de nouvelles manières de travailler. On expérimente pour apprendre et pas pour contrôler la mise en œuvre d’un projet technique ou organisationnel.

note: Ressources complémentaires
Objectif Aquitaine

Objectif Aquitaine. Dossier spécial qui donne la parole à des entreprises d'Aquitaine ayant choisi d'améliorer la qualité de vie au travail.

   Télécharger le dossier au format PDF
 

L'accord interprofessionnel encourage donc à expérimenter des pistes nouvelles et à trouver un espace de liberté. Mais comment mettre en œuvre cette expérimentation dans l'entreprise ?

close