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Plasturgie : féminiser des postes de travail

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Cas entreprise Mecabourg

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416
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Confrontée à un manque de main d'œuvre, lié à la proximité de la Suisse, cette entreprise veut féminiser certains postes. Elle découvre des situations génératrices de risques pour la santé, mais en partie compensées par une organisation qui laisse place à la responsabilité et à l'autonomie. Une analyse qui s'inscrit dans une volonté plus globale de réfléchir à la question de l'évolution professionnelle.

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Description 

Située à quelques centaines de mètres de la frontière suisse, cette entreprise est spécialisée dans la fabrication de plateaux polyester, de la conception à la fabrication de produits finis. Il ne reste plus que trois sociétés de ce type en Europe. Elle doit son succès à sa capacité d'innovation. Ses clients sont des collectivités, des magasins de décoration et des grandes marques.

Demande 

Le dirigeant de l'entreprise s’interroge sur la féminisation de son effectif. Employant 20 % de femmes, le dirigeant réfléchit sur la mixité de deux postes, en lien avec le peu de main d’oeuvre disponible sur le bassin d’emploi et la concurrence suisse. Il souhaite également aborder plus largement la question de l'évolution professionnelle de ses salariés.

Démarche 

Peut-on ouvrir certains postes de travail aux femmes, et si oui, comment procéder ? Quelles sont les marges de manœuvre ? Pour répondre à ces questions un groupe de travail est créé. Composé du directeur, du chef d’atelier, des délégués du personnel, du responsable maintenance et de deux opérateurs, il analyse la situation de travail sur le poste de pressage plateaux polyester. Pour ce faire, il faut d'abord élaborer des outils et des méthodes, en élargissant le questionnement à la situation de travail au sens large, et pas uniquement au poste. Deuxième temps de l'intervention, l'observation en atelier s'accompagne de prises de photo, pour faire ressortir les éléments clés, et d'entretiens avec les chefs d’équipe, les titulaires des postes, ainsi que le médecin du travail. Reste à définir de pistes d'action et à les classer par ordre de priorité.
Les résultats font apparaître une situation contrastée : la situation de travail est effectivement génératrice de risques pour la santé (troubles musculosquelettiques, produits chimiques cancérigènes et/ou mutagènes et/ou toxiques pour la reproduction, dits CMR), en lien avec les aspects biomécaniques du poste (répétitivité des gestes, efforts musculaires, amplitudes articulaires, manutentions, environnement sensoriel – bruits/odeurs). Autant d'éléments qui limitent sans aucun doute l’intégration de nouveaux profils, les femmes en particulier, et la polyvalence. A plus long terme, ils peuvent même remettre en cause le maintien dans l’emploi des salariés présents.


Cependant, les facteurs psychosociaux et organisationnels atténuent ces effets : on constate en effet un soutien technique important dans les équipes et avec la hiérarchie ; la responsabilité est élargie, le degré d’autonomie est possible et reconnue ; enfin, il existe un réel dialogue professionnel sur le travail.


Compte tenu de ces éléments, des préconisations sont formulées, sous-tendus par trois points de vigilance : d'abord, ne pas remettre en cause le relatif équilibre trouvé entre les aspects biomécaniques et socio-organisationnels du poste. Les améliorations matérielles ne doivent pas se faire au détriment de l’autonomie, de la responsabilisation et de la coopération largement appréciées par les équipes. Ensuite, il convient d'impliquer les opérateurs dans la démarche. Enfin, les actions curatives (à court terme) doivent être associées à d'autres plus préventives, et donc à long terme.

Bilan 

L’entreprise a repris les préconisations formulées sur les aspects physiques des postes (automatisation de certains aspects notamment). Elle a poursuivi le travail de réflexion engagé avec le groupe de travail lors de la démarche. Par ailleurs, elle a sollicité (et obtenu) le financement de ces actions d’amélioration par le Droit des Femmes. Des recrutements ont pu être réalisés, comblant ainsi les besoins tant de l’entreprise, des demandeuses d’emploi et du bassin.