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Photographie statistique des accidents de travail, des accidents de trajet et des maladies professionnelles en France selon le sexe entre 2001 et 2016

Photographie statistique des accidents de travail, des accidents de trajet et des maladies professionnelles en France selon le sexe entre 2001 et 2016
Type de publication
Page(s)
18
Auteur(s)
  • Anact
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Des différences d’exposition qui restent méconnues

Depuis 2012, dans le cadre d’un programme relatif à « la santé et aux conditions de travail des femmes et des hommes en France », l’Anact met à jour annuellement une analyse sexuée des accidents du travail, des accidents de trajet et des maladies professionnelles à partir des statistiques de sinistralité au travail des salariés, fournies par la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM).

Cette étude quantitative et longitudinale de la sinistralité au travail en France entre 2001 et 2016 met en lumière des différences d’évolution selon le sexe qui restent méconnues :

  • La baisse globale des accidents du travail depuis 2001 masque la progression des accidents du travail pour les femmes, même si leur nombre est deux fois moins élevé pour les femmes que pour les hommes.
  • Les accidents de trajet qui sont en baisse pour les hommes depuis 2001, sont en hausse pour les femmes, et elles sont désormais plus concernées.
  • Le nombre des maladies professionnelles concerne autant les femmes que les hommes, avec une progression sur 16 ans deux fois plus rapide pour les femmes. Depuis quelques années, ce nombre diminue compte tenu des nouvelles modalités de reconnaissance des pathologies professionnelles (par exemple, les troubles musculosquelettiques).

Par ailleurs, l’analyse par branche d’activité montre que l’augmentation de la sinistralité pour les femmes est plus importante dans les secteurs mixtes ou à prédominance féminine en croissance d’effectifs. Les femmes sont massivement rentrées dans les secteurs d’activités de services II (CTN I : travail temporaire, action sociale, santé, nettoyage ...) et de services (CTN H : banques, assurances, administrations ...) dans des emplois et activités qui les exposent à des risques d’accidents de travail, de trajet et aux maladies professionnelles pour lesquels les politiques de prévention ne sont pas assez opérants.

Une analyse pour améliorer les conditions de travail des femmes et des hommes

Femmes et hommes ne sont pas égaux en matière d'exposition aux risques professionnels. Tout d'abord parce que la majorité des secteurs, métiers et activités, présentent encore des emplois non-mixtes. Sachant que, dans un même emploi, les conditions de réalisation de l'activité elles-mêmes peuvent avoir des effets différents sur la santé selon que l'on est une femme ou un homme.

Les travaux conduits par l'Anact montrent que les démarches de prévention et leur outils prennent encore trop peu en compte ces différences d'exposition ? L'Anact fait alors l'hypothèse que l'exposition aux risques professionnels des femmes reste sous-évaluée. Pour être efficaces et durables, certains dispositifs de prévention gagneraient à analyser et à s'appuyer sur les différences d'expositions entre les femmes et les hommes, surtout dans les secteurs à prédominance féminine. 

C'est l'objectif de cet éclairage sexué des statistiques de la sinistralité en France : renouveler le regard des politiques d’évaluation et de prévention des risques professionnels dans l’objectif d’améliorer les conditions de travail de tous les salariés femmes et hommes.

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