Vous êtes ici

Penser conditions de travail pour réussir son projet d'investissement

Bloc des outils de page

Envoyer la page par email
Cas entreprise Mecabourg

A propos

Référence
124
Catégorie
Secteur d'activité
Code APE
Une entreprise de l’agroalimentaire souhaite se doter d’un nouvel atelier de préparation de commandes intégrant des process innovants et fortement automatisés. Soucieuse de garantir une sécurité maximale et de bonnes conditions de travail, elle sollicite l’ARACT Pays-de-la-Loire en amont de son projet pour intégrer des spécifications ergonomiques au cahier des charges.

Ajouter à ma liste de lecture

Description 


Cette entreprise, spécialisée dans la transformation traditionnelle de la viande, emploie environ 1700 salariés dont 120 en préparation. Elle expédie 43000 barquettes par jour (1000 références) pour les grandes surfaces et les restaurations collectives.

Ces chiffres considérables qui traduisent l’augmentation continue des commandes et la multiplication du nombre de petites séries amènent la direction à dresser le constat suivant : «On s’essouffle sur le process actuel» en raison de la saturation des flux, de la vétusté des équipements et de la dégradation des conditions travail (troubles musculosquelettiques, lombalgie).

Demande 


Intégrer les conditions de travail en amont du projet


L’objectif est clair : pouvoir assurer de manière efficace (productivité, conditions de travail) et sûre (traçabilité, qualité) le traitement d’un nombre plus important de commandes dans une logique «flux tendu», répondant à un cahier des charges de plus en plus strict de clients (traçabilité, délais, type de conditionnement). Concrètement cet objectif se traduit par le projet d’implanter un nouveau process, depuis les ateliers de conditionnement jusqu’aux quais de chargement.

Consciente des incidences sur les conditions de travail au niveau des lignes d’étiquetage (contraintes de répétitivité liées à l’augmentation de la productivité), la direction a sollicité l’ARACT pour un accompagnement en amont du projet. Objectif : apporter des repères sur les risques TMS et des préconisations concernant la conception de ces lignes qui permettent de construire un compromis acceptable entre productivité et conditions de travail.

Démarche 

L’ARACT conduit un diagnostic, sur la base d’entretiens et d’observations au niveau des lignes d’étiquetage.



L’objectif était de comprendre le travail réalisé sur ces lignes (difficultés et savoir-faire mobilisés) et de transposer cette analyse au regard de la situation future pour identifier des pistes d’amélioration techniques et organisationnelles.

Un groupe de travail a également été constitué pour valider le diagnostic et les pistes d’améliorations possibles.



Ce que nous retenons :

- Les opérations de déconditionnement et de conditionnement sont très sollicitantes pour les articulations (poids des barquettes, répétitivité, accès aux cartons).

Plusieurs préconisations sont alors retenues pour être intégrées à la conception de la future ligne (le dimensionnement des zones de confort, la dimension et l’emplacement de la caisse, d’approvisionnement, le sens de rangement des barquettes, l’emplacement des équipements, l’accessibilité du poste, la modularité du poste);

- Une part importante de l’activité liée à la gestion des commandes nécessite un travail de régulation entrepris par les opératrices pour gérer des urgences, gagner du temps, faciliter le travail des collègues.

Cela est facilité notamment par la présence d’un roll tampon et par une bonne maîtrise du système informatique de gestion des commandes. Ce qui posait question par rapport au travail sur les futures lignes n’était pas tant le risque de perte d’intérêt du travail si demain ces opérations de régulation n’étaient plus réalisables mais davantage la perte d’efficacité des préparations si les opératrices n’avaient plus la possibilité d’agir sur la gestion des commandes.



- Ces régulations s’appuient aussi sur les échanges et les coopérations dans l’équipe (par exemple le besoin de synchronisation entre l’envoyeuse et la receveuse).
Ce travail en binôme, dont l’efficacité repose sur l’entente entre collègues et la capacité à établir des stratégies communes (mode de transmission de l’information, envoi des cartons, répartition des tâches) est parfois mis en défaut en cas de changement de ligne ou de partenaire. Cette situation vient parfois perturber les relations dans l’équipe et l’intégration des nouveaux.

L’intégration des opérateurs au projet permet d’anticiper les dysfonctionnements...

L’association des opérateurs au projet devient alors l’occasion d’identifier de telles contraintes permettant ainsi d’anticiper les problèmes futurs (écart de charge lié à l’approvisionnement par caisse, approvisionnement des cartons vides,...), d’échanger des savoir faire entre collègues et de formaliser des repères pour favoriser l’intégration des nouveaux.

Bilan 

Un des principaux risques lors d’un projet de conception s’appuyant sur des technologies innovantes est que la solution technique vienne sublimer la réalité. Il n’existe pas de système technique 100% fiable, sans dysfonctionnement, sans aléas qui prenne totalement en compte la diversité des situations.

L’efficacité du système réside davantage dans sa souplesse d’utilisation que dans sa capacité à tout gérer automatiquement. En terme d’ergonomie, la principale contrainte à anticiper est la dépendance vis-à-vis d’un système technique sur lequel il n’est plus possible d’intervenir (inversion de commande, gestion des urgences, travail en mode dégradé, coincement des caisses, récupération des erreurs).

Anticiper le travail futur sur ces lignes ne correspond pas à préciser uniquement les opérations manuelles qui seront conservées. Cette projection conduirait à un seul raisonnement technique sur les adaptations possibles du poste (et malgré tout nécessaires) pour limiter les contraintes posturales.

L’importance des savoir-faire de l’opérateur


Le visible qui correspond à l’activité physique sur le poste ne doit pas venir masquer une autre part de l’activité des opérateurs qui correspond à un travail «moins visible» de traitement de l’information, de contrôle, d’échange, d’anticipation, de régulation, de maintenance, de formation.



En ce sens, l’évolution de l’organisation du travail ne doit pas être définie après les changements techniques par crainte d’«un changement de trop». C’est un moyen qui évolue nécessairement en même temps que le système technique, qui peut contraindre ou favoriser la réalisation du travail sur ces postes. Le projet de changement est bien une occasion unique de construire les évolutions de l’organisation en lien avec les opérateurs.

Méthodes et outils associés

1
2
3
outils travail

Le réseau Anact-Aract propose différents outils et services destinés à ceux qui s'engagent dans des projets d'amélioration des conditions de travai

Publiées dans un supplément au n°345 de la revue Travail et changement, ces 12 propositions sont autant de voies d’amélioration du fonctionnement d

Perçue comme un modèle d’efficience, de rationalisation et de rentabilité, la méthode lean est adoptée par l'industrie mais aussi par le secteur te