Vous êtes ici

Vie professionnelle - vie personnelle, quand le travail envahit tout

Bloc des outils de page

Envoyer la page par email

Ajouter à ma liste de lecture

Hyperconnexion, conciliation des temps, horaires atypiques, travail le dimanche, autant de sujets qui ont été abordés ce 8 septembre par Stéphanie Gallet et ses deux intervenants experts sur RCF. L’Anact, représentée par Florence Loisil, était invitée à débattre.

Vie professionnelle-vie personnelle, la fin des frontières ?

Les questions du temps de travail et du compromis temporel entre vie privée et vie professionnelle ne sont pas des questions nouvelles. Toutefois, elles prennent aujourd’hui une nouvelle tonalité du fait, d’une part, d’un régime d’intensification du travail, de rationalisation du travail, et de l'autre, de l'utilisation des nouvelles technologies comme outils de travail. En conséquence, les frontières entre temps de travail et vie privée deviennent poreuses. C’est notamment ce qu’explique François Desriaux, rédacteur en chef du magazine Santé et Travail.

Consulter ses mails chez soi sur son Smartphone, travailler à distance depuis son ordinateur portable, tous ces outils de communication font entrer l'entreprise dans son espace personnel, parfois sur ses temps de repos : « Ces nouveaux équipements de travail brouillent les frontières sur « je suis sorti de mon bureau et pourtant j’ai encore la possibilité de travailler » et je fais rentrer l’entreprise chez moi également » (Florence Loisil, chargée de mission à l'Anact).

Comment comprendre ce phénomène ? Florence Loisil, chargée de mission à l'Anact, explique : « Il y a une responsabilité du salarié qui est pris par une injonction qui est de faire son travail au mieux, dans un contexte où il sait très bien que s’il n’a pas terminé, il va aussi pénaliser toute la chaîne de production de l’entreprise, qu’il s’agisse de services ou de la production de biens matériels ».

Quand le travail envahit la sphère privée, le salarié responsable ?

Florence Loisil explique que ce mélange des frontières est aussi une responsabilité de l’entreprise et notamment du manager : « Jusqu’où permet-il une liberté totale ? Comment encadre-t-il les choses de façon à ne pas laisser le salarié seul et démuni face à sa responsabilité professionnelle, face à l’enjeu d’atteindre ses objectifs fixés ? ». Conséquence de ce grignotage vie privé/vie professionnelle, le salarié peut être exposé à des risques psychosociaux, au stress notamment, manifestation dont on parle le plus, jusqu’à sa forme la plus dramatique qu’est le suicide.

François Desriaux corrobore en rappelant lui aussi que la conciliation des temps n’est pas uniquement une question d’ordre privé, mais également une question d’organisation du travail et donc des entreprises et mentionne pour cela l’accord national interprofessionnel de juin 2013 sur la qualité de vie au travail.

Intensification du travail : quand l’entreprise s’invite à la maison

François Desriaux explique : « L’intensification du travail, c’est faire le plus de choses possibles dans le moins de temps possible avec le moins de salariés possibles. […] On évacue tout ce qui n’est pas du temps productif. Forcément ça grignote les marges de manœuvre des salariés, tout devient minuté. Ce qui augmente est la charge de travail ». Il explique que face à la réduction des marges de manœuvre des salariés sur le temps de travail, ces derniers vont les chercher ailleurs, bien souvent sur leur temps personnel.

Horaires atypiques, travail le dimanche, pour une meilleure organisation de sa semaine ?

De son côté, François Desriaux demeure sceptique sur le souhait réel des Français de travailler le dimanche : « Est-ce que tout le monde est prêt à travailler le dimanche ? Pas sûr. »

« Lors de la Semaine pour la qualité de vie au travail, 70% des salariés ont affirmé qu’ils seraient prêts à accepter des horaires atypiques pour avoir une meilleure conciliation des temps. Sauf que quand on regarde les personnes qui pratiquent ce type d’horaires, ce sont eux qui rencontrent le plus de difficultés à gérer leur vie professionnelle et leur vie privée. Du coup on a une sorte de fantasme sur les horaires atypiques qui permettraient soi-disant de mieux répondre aux enjeux de conciliation des temps » (Florence Loisil).

Pour écouter toute l’émission :


Pour aller plus loin :