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Une étude sur la répartition des femmes et des hommes par métiers

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Depuis 30 ans, le taux d’emploi des femmes de 15 à 64 ans a continûment augmenté, se rapprochant de celui des hommes. Pourtant, hommes et femmes n’exercent pas les mêmes métiers. Une étude de la Dares permet d'en savoir plus sur l'état de la « ségrégation professionnelle » en France, ainsi que sur ses déterminants.

La Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) du ministère en charge du Travail a rendu publics en décembre 2013 des travaux sur la répartition en France des hommes et des femmes par métiers.

Ceux-ci montrent d'abord que la concentration par métiers est globalement plus forte chez les femmes que chez les hommes : en 2011, 10 métiers concentraient 47 % de l’emploi des femmes (53 % en 1983), alors que les 10 métiers concentrant le plus d’hommes n’en employaient que 31 % (35 % en 1983). Les femmes sont ainsi particulièrement nombreuses dans les métiers d’aide à domicile, d’assistante maternelle, d’agent d’entretien ou d’enseignant.

Une autre manière d'appréhender la ségrégation professionnelle consiste à caractériser les métiers à partir de critère de « dominance ». Celle-ci montre qu'au cours des 30 dernières années, de nombreux passages entre métiers « à dominance masculine », « à dominance féminine » ou « mixtes » ont eu lieu. Par exemple, les cadres administratifs, comptables et financiers, métiers très qualifiés et plutôt « masculins » il y a 30 ans, sont devenus « mixtes » ; des métiers « mixtes » sont devenus « à dominance masculine », comme les agriculteurs, ou « à dominance féminine » comme les techniciens de la banque et des assurances.

Une baisse de la ségrégation professionnelle

La « ségrégation professionnelle » mesurée par l'indice de dissimilarité de Duncan et Duncan se réfère, elle, à la mesure d’une distance entre les répartitions des hommes et des femmes selon les métiers. Cet indice décomposé par métiers montre que ce sont ceux d’aide à la personne ou de la santé tels que les aides à domicile, les assistantes maternelles, les aides soignants et les infirmiers, métiers très féminisés et avec des effectifs nombreux en 2011, qui contribuent fortement à la ségrégation. Il en est de même pour trois métiers plutôt masculins : les conducteurs de véhicules, les ouvriers qualifiés du second et du gros œuvre du bâtiment.

Durant les 30 dernières années, l’indice de ségrégation a diminué de 4 points en France, passant de 56 en 1983 à 52 en 2011. Cette évolution de la ségrégation est imputable à un nombre limité de métiers. Le recul de la part dans l’emploi de métiers très féminins tels que les agents d’entretien, les secrétaires et les ouvriers non qualifiés du textile et du cuir a fortement contribué à réduire la ségrégation. Le développement de la mixité dans des métiers très qualifiés comme les cadres de la fonction publique et les professionnels de l’information et de la communication a également participé à cette baisse. Au contraire, la croissance des métiers d’aide à la personne et de la santé, pour la plupart largement féminisés, a renforcé la ségrégation.

L'impact du niveau d'étude, de l'âge et du nombre d'enfants

Les travaux de la Dares montrent aussi que les femmes et les hommes les plus diplômés occupent de plus en plus les mêmes emplois. Ainsi, la ségrégation est restée, chaque année de 1983 à 2011, la plus faible pour les personnes en emploi avec un niveau de diplôme supérieur à un bac +2. À l’opposé, les hommes et les femmes les moins diplômés sont répartis de manière plus différenciée entre les différents métiers qu’il y a 30 ans.

La ségrégation professionnelle reste également élevée parmi les jeunes, les emplois des jeunes hommes et des jeunes femmes étant répartis de manière moins égalitaire que ceux de leurs aînés. Le nombre d’enfants intervient également, la répartition H/F dans les différents métiers étant plus différenciée lorsque le nombre d’enfants augmente. Enfin, l'étude montre que la ségrégation professionnelle est plus importante pour les personnes de nationalité étrangère, plus forte en province qu’en Ile-de-France, et dans le secteur privé que dans le secteur public.

Les solutions du réseau Anact pour développer la mixité

L'étude de la Dares dresse donc un état des lieux contrasté. Pourtant, des travaux de l'Anact montrent que développer la mixité en entreprise permet d’améliorer, à la fois, les conditions de travail et la performance. Et qu'à l'inverse, améliorer les conditions de travail et d'emploi contribue à diminuer la ségrégation.

L'Agence propose même un guide gratuit destiné à outiller les entreprises présentant une démarche et des points de méthode. Y sont également présentés des outils pour diagnostiquer le degré de mixité et favoriser la mixité des postes et des parcours. Un guide à (re)découvrir pour les acteurs d'entreprises tentés de passer à l'action. 

 

Pour aller plus loin :

- Télécharger l'étude de la Dares "La répartition des hommes et des femmes par métiers"
- Télécharger le guide Anact "Mixité : et si tout le monde avait à y gagner ?"
- Accéder au site ega-pro.fr, le site de l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes
- Accéder au dossier "Genre et conditions de travail" d'anact.fr