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Les conséquences pour la santé des seniors d’une faible reconnaissance au travail

L’Institut de Recherche et de Documentation en Économie de la Santé (IRDES) publie une étude sur les possibles conséquences pour la santé des seniors d’une faible reconnaissance au travail.

Cette étude de l'IRDES, publiée dans son numéro de "Questions d’économie de la santé" de juin 2011, s’est basée sur une enquête européenne réalisée en 2004 et 2006 auprès de salariés de 50 ans et plus. Elle démontre l’impact de la non-réciprocité ressentie entre l’effort fourni au travail et les "récompenses" (salaire et reconnaissance) reçues en retour : il s’agit là de l’une des dimensions mises en avant dans le modèle de Siegrist sur les Risques Psycho-Sociaux.

Ce déséquilibre peut provoquer une dégradation de la santé : on peut observer ainsi un accroissement des maladies cardio-vasculaires, un risque de dépression, la survenue de troubles musculo-squelettiques, etc. Ainsi, au regard de l’enquête européenne, les seniors recevant une  faible  récompense au  regard  du  travail  fourni  à  la  fois  en  2004  et  2006  présentent un risque de limitations d’activité de 8 points plus élevé que ceux ayant une récompense satisfaisante en 2004 et en 2006.

La notion de "faible récompense" au travail est associé à deux éléments principaux : la catégorie socio-professionnelle d’une part et la pénibilité du travail d’autre part. C’est pourquoi, "les seniors qui ne sont pas cadres estiment moins souvent que leur travail est bien récompensé et reconnu" et que "les seniors déclarant un travail physiquement pénible sont davantage concernés par le sentiment de recevoir une faible récompense au travail".

Il est également intéressant de noter une différence entre les pays européens sur la notion de "récompense au travail ressentie" : d’un côté, la France, l’Italie, la Grèce et l’Autriche, où les seniors sont plus souvent concernés par le risque de recevoir une récompense au travail faible et de l’autre côté, la Suisse, le Danemark, la Suède, l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas et l’Espagne où la récompense au travail est perçue comme plus "en adéquation" avec le travail fourni. Cette opposition reflète en partie la distinction entre les pays alliant un taux d’emploi des seniors élevé et la qualité de l’emploi, et les pays moins performants en la matière.

L’étude de l’IRDES insiste enfin sur le fait que c’est une politique plus large d’amélioration des conditions de travail et de prise en compte de la pénibilité qui va impacter la santé des seniors mais également leur employabilité. Ainsi l’exemple des pays scandinaves cité dans l’étude, qui "témoigne notamment de l’efficacité des politiques de promotion de la qualité du travail pour accroître le taux d’emploi des seniors et souligne la complémentarité entre qualité de l’emploi et taux d’emploi des seniors".

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