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Mettre des mots sur les gestes pour réduire les risques

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Cas entreprise Mecabourg

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Référence
383
Catégorie
Secteur d'activité
Code APE
Filmer les salariés au travail. Leur faire commenter leurs propres gestes, puis ceux des autres. Cette démarche originale permet non seulement d’améliorer les pratiques, mais également de transférer des outils d’observation aux animateurs sécurité de cette grande entreprise de l’ameublement.

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Description 

Filiale d’un groupe implanté dans différents pays, cette société conçoit, produit et commercialise des meubles en kit, de style moderne à base de particules et de panneaux. C'est le premier employeur de son bassin d’emploi. Le site est constitué de 5 unités de production spécialisées.
Fournisseur de la grande distribution, l’entreprise doit faire face à un marché atone. Dans le même temps, elle est soumise à une croissance des importations et, en interne, à un vieillissement de sa population salariée couplé à des restrictions d’aptitudes.

Demande 

Consciente de la pénibilité des postes de travail, la direction souhaite engager une action d’amélioration des conditions de travail. Elle veut notamment réaliser un diagnostic des situations de travail des préparateurs de commandes au service “Expédition”. 75 salariés, travaillant en binômes, sont concernés par ces postes qui fonctionnent en 3 x 8. A la pénibilité inhérente à l’activité de manipulation, de manutention et de port de charges est associé un vieillissement de la population.

Démarche 

Encadré par un Comité de Pilotage, le diagnostic s’inscrit dans une démarche participative, associant les acteurs concernés. Il porte sur l’analyse ergonomique de l’activité des opérateurs concernés et doit favoriser le transfert méthodologique auprès du personnel de l’animateur Sécurité-Ergonomie. C’est pourquoi la démarche vise non seulement à rendre compte de la manière dont le travail de préparation est réalisé et à identifier les différents domaines dans lesquels il est possible d’agir en vue de diminuer la pénibilité, mais également à fournir des outils de description de l’activité concrète de travail utilisables par le personnel chargé de l’animation.


L’intervention compte quatre phases. La première consiste à filmer trois situations de travail sur la base d’un volontariat de trois binômes. Les données recueillies font ressortir les situations caractéristiques de l’activité des préparateurs. Elles permettent de rendre compte de la nature des régulations (stratégie opératoire, stratégie de préservation…), mises en œuvre individuellement et collectivement pour réaliser les tâches.

La deuxième phase commence par des entretiens, au cours desquels chaque binôme apporte son point de vue sur sa propre activité filmée. L’occasion singulière de se mettre à « distance de soi-même, de se considérer comme l’acteur en partie étranger de sa propre action ». Ce recul favorise la mise en mot des actions qui semblent à priori intégrées comme une habitude ou une règle de métier.
Ensuite, chacun des binômes s’exprime sur les manières de faire de leurs collègues. Objectif : mettre en débat les gestes pratiqués, justement pour mieux les réaliser.
Le dernier moment de cette phase consiste à analyser l’ensemble des matériaux et à cerner les contraintes que les salariés doivent gérer, les exigences qu’ils doivent satisfaire dans leur activité. Les aspects de l’activité des opérateurs pouvant être en relation avec l’apparition des accidents ou le risque d’apparition de maladies professionnelles seront étudiés sur la base de cette compréhension du travail.

Au cours de la troisième phase, analyses et propositions sont discutées dans le cadre d’entretiens avec différents acteurs du site (le responsable d’unité, les responsables d’îlots, l’élu CHSCT, le médecin du travail).

L’activité de préparateur et aide préparateur de commandes est « le poumon de l’expédition » comme le souligne un cadre de proximité. En effet, ce métier est complexe. Il ne se limite pas qu’à un simple travail de manutention et ne se réduit pas à un travail physique.

L’observation et l’analyse de l’activité traduisent une forte composante cognitive : construction spatiale en trois D, mise en œuvre de stratégies opératoires pour faire face aux aléas, capacité de mémorisation des colis et alvéoles, et de représentation des circuits. Des compétences opératoires sont nécessaires pour l’assemblage, la tenue et le maintien en toute sécurité de la palette, ainsi que pour se préserver (techniques de prise des colis, pour faciliter son travail et celui de son collègue).

En raison des exigences croissantes des clients, de la nécessité de prévenir les risques, et des évolutions techniques et technologiques, la profession évolue vers plus d’attractivité.

Bilan 

Des pistes d’améliorations sont proposées à l’entreprise. Elles s’articulent autour des compétences des préparateurs pour augmenter leur niveau d’autonomie, et améliorer leurs conditions de travail, notamment en intervenant sur le matériel (état des sols, hauteur des alvéoles, qualité des organes du véhicule de transport, éclairage et températures). Par ailleurs, il s’agit de développer la “perspicacité” du management de proximité quant à la formation des binômes et à l’organisation du travail. Enfin, il est recommandé d’utiliser les temps de régulation comme moments d’échanges sur les pratiques professionnelles.

Méthodes et outils associés

Tout en soulignant la prépondérance des savoirs d’expérience acquis par la pratique, les entreprises peinent à les identifier et à les formaliser&n

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