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Même enrobés de chocolat, les TMS on les combat.

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1215
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Depuis plusieurs années, cette entreprise est confrontée à des problèmes de TMS, surtout parmi le personnel du conditionnement. Elle a entrepris diverses actions de prévention (formations, aménagements de postes de travail, réorganisation de la production…). Mais si le rythme de croissance des maladies professionnelles a sensiblement diminué, la direction souhaite aller plus dans sa politique de préservation de la santé du personnel. Pour cela, elle décide de se faire accompagner dans l’amélioration des conditions de travail sur la ligne… conditionnement.
Description 
La chocolaterie a été crée en 1921 avec 20 salariés dans une ville du littoral Nord. Elle a été rattachée à un groupe familial français en 1988 et emploie aujourd'hui 150 salariés en CDI et 40 CDD en moyenne annuelle pour faire face à la saisonnalité de la production. Le site produit 30 000 tonnes de chocolat liquide, 6 000 tonnes de poudre de cacao et 9 000 tonnes de produits de chocolat (tablettes, truffes, rochers).
Le personnel de production travaille en équipes postées variant de 2x8 à 3x8 en fonction des volumes à réaliser. Ce personnel qui représente 59% des effectifs est particulièrement concentré sur les lignes de conditionnements de produits (70% des effectifs de production).
Demande 
L'entreprise sollicite un accompagnement pour améliorer des conditions de travail sur une ligne de conditionnement qui n'a jusqu'à présent bénéficié d'aucun aménagement significatif. Conçue au départ pour des produits saisonniers, les postes de cette ligne ne sont plus adaptés aux productions actuelles et génèrent des postures contraignantes pour les salariés. Par ailleurs, en prévision des nouveaux produits vont être réalisés sur cette ligne. la demande d’accompagnement de l’Aract dans ce projet permet également de prendre en compte, au-delà des aménagements nécessaires, la problématique de prévention en général, et de réduction des TMS dont souffrent les opérateurs de cette ligne de production.
Démarche 
L'intervention se situe dans le cadre d'une action collective menée auprès de huit entreprises régionales du secteur agroalimentaire sur des projets de conception. Des consultants ergonomes réalisent les accompagnements sur un financement FACT. L'objectif est de capitaliser ces interventions pour en tirer des bonnes pratiques en termes de démarche et de pistes d'actions, et de les diffuser plus largement, notamment à l'occasion d'une journée prévue en 2015.

Dès le début de l'intervention un comité de pilotage est constitué. Il est composé de la direction, de l'animatrice sécurité, des membres du CHSCT, du responsable d'atelier, du médecin du travail, de l'ingénieur CARSAT et d'un représentant de l'Aract. L'accompagnement commence par une sensibilisation réalisée par l'Aract auprès du comité de pilotage sur les enjeux d'une démarche participative et pluridisciplinaire. La démonstration vise à mettre en lumière l'importance de prendre en compte les conditions de réalisation du travail par les opérateurs afin de s'assurer que les futures installations ne soient pas réalisées à partir d'une vision erronée de leur activité et des contraintes auxquelles ils sont confrontés.

Une analyse fine de l'activité sur cette ligne de conditionnement est donc réalisée par la consultante ergonome. Elle met en lumière les déterminants du travail avec de nombreux changements de type de produit et de volumes à réaliser. Par ailleurs en fonction du type de produit, le temps de réalisation nécessaire et les machines utilisées pour le conditionnement varient. Cela a pour conséquence une adaptation régulière des opérateurs affectés, et des rythmes de travail allant de 1x8h à 2x8h et 3x8h par jour (en général la ligne tourne en 3x8 pendant 8 mois de l'année et en 2x8h les 4 autres mois). L'équipe dédiée est constituée de 7 permanents et de 6 CDD.

Au-delà des contraintes posturales du fait de l'inadaptation des postes, l'analyse de l'activité a mis en lumière les compétences mises en œuvre par les salariés pour faire face aux multiples changements et aléas de la production. En effet, les réglages des machines en fonction du type de produits sont fréquents, et parfois les opérateurs sont confrontés à des dysfonctionnements notamment sur la plieuse. Cela provoque des arrêts ou des pliages non conformes que les salariés doivent reprendre. Des fois, il est difficile de se faire préciser les critères de qualité pour certains produits dont la réalisation est spécifiée avec un poids donné. Autrement, la machiniste doit procéder à de nouveaux contrôles pour trouver le bon réglage. Un ensemble de régulations et d'entraides sur cette ligne ont ainsi été mis en valeur par cet état des lieux préalable. Il s'agira, avec les nouveaux aménagements, de préserver ces savoir-faire d'adaptation utiles aussi bien pour la qualité du travail réalisé que pour alléger les contraintes des opérateurs.
Deux groupes sont constitués pour étudier les améliorations possibles, l'un sur le bout de ligne et l'autre sur le poste de moulage en début de ligne. Et c'est le responsable d'atelier, qui a suivi la formation TMS avec la CARSAT, qui est chargé d'animer ces deux groupes avec le soutien de l'ergonome.
L'ensemble des points à améliorer sont évoqués, des solutions sont envisagées en commun et les pistes d'action sont confrontées à l'expérience des opérateurs pour en valider la pertinence. Des simulations sont réalisées à l'échelle 1 par le service maintenance et soumises au test par les opérateurs. L'objectif de cette démarche est que les acteurs de l'entreprise puissent s'approprier la méthodologie qui pourra alors être réutilisée lors d'un futur projet dans l'entreprise.
Bilan 
L'implication de toutes les parties prenantes de l'entreprise dans ce projet est à valoriser:
• La direction a montré dès le début son souci d'améliorer les conditions de travail de salariés dont certains déjà âgés avec une présence dans l'entreprise pouvant aller jusqu'à 30 ans d'ancienneté. Elle a donné les moyens pour que les groupes de travail puissent se réunir régulièrement et ainsi avancer sur les améliorations à apporter.
• La responsable RH, qui a aussi la casquette sécurité, est très présente sur le terrain et participe aux différents groupes de travail qu'elle copilote avec le responsable d'atelier. Son implication a permis de faire le lien entre les orientations stratégiques du groupe (avec notamment des changements de produits à fabriquer) et l'avancement des solutions étudiées dans les groupes de travail.
• Les services maintenance et qualité ont également été sollicités dans la démarche et pourront continuer à participer à l'amélioration des conditions de travail lors des évolutions futures.
• Enfin, le personnel de production, encadrement et opérateurs, a été la cheville ouvrière de cette démarche participative en apportant son expérience riche et diversifiée pour trouver les solutions les plus adéquates.

L'accompagnement de la consultante ergonome a permis de montrer sur différents points précis l'impact de l'organisation du travail dans la réalisation de l'activité et d'élargir ainsi le champ d'action du projet pour prendre en compte l'ensemble des déterminants.

Méthodes et outils associés

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