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Médicosocial : une expérimentation QVT de grande ampleur

306 établissements médicaux-sociaux, 38 clusters, près de 50 chargés de mission du réseau Anact-Aract mobilisés… Une expérimentation de grande ampleur est en cours de déploiement dans le secteur du médico-social pour impulser des démarches QVT durables.

Le point sur le projet porté par la Direction Générale de la Cohésion Sociale, le réseau Anact-Aract et les ARS - avec Gilles Riou, chargé de mission à l’Anact et coordinateur du projet.

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Pourquoi avoir choisi de déployer le dispositif de cluster ?

Les clusters QVT conçus par le réseau Anact-Aract permettent d’accompagner un collectif d’établissements dans la mise en place de démarches qualité de vie au travail. [voir Focus ci-après]

Mis en œuvre auprès de 160 établissements de santé (hôpitaux, cliniques…) entre 2015 et 2018, ils sont aujourd’hui déployés dans le secteur médicosocial sous l’impulsion de la DGCS parce qu’ils permettent de mobiliser un grand nombre de structures et parce qu’ils génèrent, par leur dynamique collective, des effets plus importants et plus durables que les dispositifs d’accompagnement individuel.

Dans le projet en cours financé par la DGCS, les établissements engagés forment un échantillon bien réparti sur le territoire avec des statuts privé, associatif ou public, représentant près de 4% des Ehpad. Les enseignements que nous en tirerons avec les partenaires seront par conséquent précieux pour identifier les leviers d’actions et de déploiement des démarches QVT dans le secteur médico-social sur les territoires.

 

À quels besoins les clusters QVT répondent-ils ?

Dans ce secteur et en particulier dans les Ehpad, les conditions de travail sont exigeantes (charge de travail, travail de soin et nursing, rapport à la fin de vie, relation bénéficiaire et famille, horaires atypiques…). A cela s’ajoute une très forte demande sociale et une faible attractivité d’emploi. Au-delà des modèles de financement, l’amélioration de la QVT s’articule à l’amélioration de la qualité des soins et constitue dorénavant un des principaux enjeux des établissements.

A voir aussi : L’Observatoire national de la QVT : des ressources pour les professionnels du sanitaire et du médico-social

 

Quelles sont les préoccupations des directions et des ressources humaines des établissements médico-sociaux en matière de QVT ?

D’abord, des problèmes d’attractivité de l’emploi. Les directions d’Ehpad n’arrivent ni à recruter suffisamment, ni à fidéliser des salariés comme en témoignent les taux de turnover et d’absentéisme. La QVT peut être vue comme une voie pour progresser sur ces questions. Quand le personnel est en sous-effectif, et que le turnover affecte également les postes de direction, les risques de baisse de la qualité de service et de soins sont réels. La question de la maltraitance est très souvent taboue, mais beaucoup font le lien entre les conditions dégradées de travail et les risques de comportements maltraitants.

L’idée que la qualité de service et de soins est liée à la qualité du travail est dorénavant partagée, mais comment faire concrètement pour concilier les deux dimensions ? La possibilité d’aborder ces questions de front est une autre porte d’entrée vers la QVT.

Les réorganisations en cours constituent une troisième raison de s’intéresser à la QVT. Pour répondre à la hausse de demande d’entrée en Ehpad, de nombreuses structures sont engagées dans des projets d’aménagement architecturaux (ajout d’un étage, élargissement des couloirs, accueil de jour…) et de réorganisation. Avec la volonté d’intégrer en amont de nouvelles pratiques. Par exemple, la question de la distribution de médicaments est abordée dans certains clusters : faut-il continuer de la réaliser dans les chambres ou au réfectoire lors du petit déjeuner ? La seconde option est plus rapide et permet aussi de rompe l’isolement des bénéficiaires, mais pose un souci de confidentialité…

 

Qu’attendent les participants et les partenaires ?

Les établissements souhaitent bénéficier à la fois d’apports de contenu, de méthode et d’appui dans leur gestion de projet. Ils trouvent de l’intérêt dans le partage de pratiques avec les autres établissements, y compris sur les questions de turn-over où ils pourraient de prime abord être plutôt concurrents.

 

Où en est le projet aujourd’hui ? Quelles sont les prochaines étapes ?

Les établissements participants aux clusters ont fini la phase d’état des lieux, et ont ciblé les thèmes prioritaires sur lesquels ils veulent agir. Il s’agit maintenant pour eux de préciser et mettre en œuvre les plans d’action définis en interne de façon participative. Certains sont déjà au début d’une mise en pratique.

Au vu de la taille de la démarche, notre enjeu côté Anact-Aract va être d’organiser le recueil et la synthèse des expériences menées. Il s’agira ensuite de produire un kit méthodologique à destination de l’ensemble des établissements médico-sociaux.

Le projet se terminera par un colloque en septembre 2020.

 

FOCUS. Qu’est-ce qu’un cluster QVT ?

Il s’agit d’un dispositif d’accompagnement collectif d’un certain nombre d’établissements pour mettre en œuvre une démarche de qualité de vie au travail, le plus souvent sous forme d’expérimentations pratiques. Ces « accélérateurs » QVT réunissent chacun 6 à 10 établissements représentés par des trinômes (direction, RP, métier) durant plusieurs journées collectives qui cadencent la démarche ; elles sont complétées de temps d’appui individuels intra-établissements.

Les participants bénéficient ainsi de temps de rencontres collectives et de partage de pratiques sur un territoire donné, qui vient soutenir la dynamique de leur démarche en interne.

Le projet actuel de clusters QVT auprès des établissements médico-aociaux est structuré à différents niveaux :

  1. La gouvernance du projet au niveau national, portée par la DGCS avec l’appui de l’Anact. Un réseau de référents QVT des ARS est réuni régulièrement autour du déploiement du projet.
  2. Au niveau régional, le pilotage est porté par les ARS et mis en œuvre par les Aract.
  3. Dans les établissements participants un trinôme composé de représentants de la direction, du corps médical et des IRP participe aux clusters et initie la démarche QVT en interne, elle-même structurée autour d’un comité́ de pilotage et de groupe(s) de travail.