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Maintien dans l’emploi des salariés handicapés : c’est possible

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Cas entreprise Mecabourg

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138
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Code APE
Suite à la fermeture d’un atelier aménagé pour 10 travailleurs handicapés, mais non rentable, ce sous-traitant de l’automobile maintient ces salariés dans l’emploi grâce à des aménagements et une réorganisation de ses autres postes.

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Description 

Ce sous-traitant automobile est spécialisé dans l’usinage de précision en très grandes séries de pièces entrant dans la composition des culasses et boites de vitesses automobiles. Filiale d'un grand groupe français, il a été vendu à un conglomérat américain qui ne connaît pas cette activité. L’entreprise évolue dans un contexte international hautement concurrentiel (pays à bas coûts de main d’oeuvre) et une pression constante sur les prix. Par ailleurs, l'entreprise traverse une phase de renouvellement de ses produits et un changement de configuration du site.

Demande 

Pour résoudre des problèmes de qualité, une activité de tri / contrôle a été installée. Depuis 2 ans, elle a permis de positionner, hors production, des salariés handicapés ou en mi-temps thérapeutique (travail assis, faible manutention, organisation souple). Cette activité à faible valeur ajoutée va disparaître. L’entreprise se demande à quelles tâches et dans quelles conditions maintenir dans l'emploi les salariés concernés, dans un contexte d'évolution des postes industriels et d'un accord de préretraite signé fin 2001. Une démarche de maintien collectif dans l'emploi est engagée début 2002. Elle consiste, via un diagnostic préalable, à identifier les personnes bénéficiaires du soutien de l’AGEFIPH, leur situation et les orientations possibles.

Démarche 

Le diagnostic s'appuie sur les données Santé et RH, sur des entretiens et des observations de situations de travail. Plusieurs constats immédiats sont effectués :

    - 25 personnes sont reconnues travailleur handicapé et 35 avec des restrictions d'aptitudes ;

    - de nombreuses maladies professionnelles et accidents du travail sont recensés ;

    - des salariés reclassés sur des postes hors production sont, de fait, restés à l'écart des changements technologiques et se retrouvent en limite de compétences.

A cela viennent se greffer une population vieillissante qui rencontre aussi des problèmes de santé, un fort taux d'absentéisme en production et le recours à des intérimaires, plutôt jeunes, affectés à des postes stratégiques.



Les principaux facteurs de risque identifiés sur le site sont d'ordres physiques et organisationnels (accès, répétitivité gestuelle, manutentions, manque de place, déplacements, postures debout, équipements de travail, rythme soutenu, dépendance organisationnelle, gestion des aléas/ pannes, bruit ...). Ceci dans un contexte de relations de travail et de relations sociales tendues, du fait notamment des nouvelles orientations engendrées par le changement de groupe et leur manque de visibilité (projets non partagés entre les acteurs de l'entreprise).



Dans le cadre de l'arrêt de l’activité concernée, un caractère d'urgence immédiat apparaît pour 10 salariés, tous bénéficiaires AGEFIPH. L'ARACT élabore avec l'entreprise un cahier des charges pour l'intervention d'un consultant en ergonomie.



Les objectifs de l’intervention sont l'aménagement de postes actuels tenant compte des capacités physiques et des compétences des salariés concernés ; la prise en compte des limitations des opérateurs dans le cadre de nouvelles lignes de production.



Face aux données santé et ressources humaines, des repères sur la prévention des risques, la gestion de la population du point de vue de ses compétences et des parcours professionnels, sont formalisés.



Ils passent notamment par la prise en compte de ces aspects dans les projets de l'entreprise, avec, par exemple, le rapprochement des services sécurité/méthodes et bureau d'études ainsi que la sensibilisation pour une meilleure appréciation, à tous les niveaux, des différents facteurs de risques et situations des salariés.

Bilan 

L’intervention du consultant retenue a duré 2 ans. Aujourd'hui, 3 situations de travail (soit 12 postes) ont été adaptées et améliorées permettant ainsi le reclassement et le maintien dans l'emploi de 8 salariés bénéficiaires AGEFIPH sur 10. Ces aménagements ont aussi un caractère de prévention pour d'autres salariés qui peuvent être affectés ponctuellement à ces postes. L'AGEFIPH et l'entreprise ont assuré conjointement le financement.

Une 4ème situation de travail est en cours d'étude. Il s'agit d'une nouvelle ligne pour laquelle l'entreprise, en modifiant l'organisation prévue initialement, est en train d'adapter des postes pour les 2 derniers salariés concernés.



Cette action a impliqué tous les acteurs (direction, salariés, méthodes, responsables d'ateliers, représentants des salariés) et a orienté l'entreprise sur des choix de gestion et d'organisation qui permettent non seulement le maintien dans l'emploi et la prévention mais aussi lui redonnent de la souplesse et une réactivité plus importante face aux nombreuses évolutions actuelles (changement d'interlocuteurs, nouveaux, produits… ).

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