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L'organisation du travail : une clé pour la prévention

Cas entreprise Mecabourg

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014
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Pour faire face aux exigences d’un marché concurrentiel, cette entreprise industrielle a développé progressivement l’automatisation de ses lignes de fabrication. Afin de prévenir les pathologies articulaires et les lombalgies, en émergence depuis 2 ans dans les ateliers, la direction s’engage dans un projet de prévention des TMS et d’amélioration de la configuration des postes de travail.

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Qui ? 

Cette entreprise assure la transformation de saumons. L’effectif moyen annuel est de 360 personnes, soit 270 CDI et jusqu’à 200 saisonniers environ sur octobre, novembre et décembre.
La production est répartie en trois secteurs :
1 - réception/filetage/parage
2 - tranchage/conditionnement
3 - préparation et stockage des commandes/expédition

La fabrication est assurée sur des lignes automatiques et semi-automatiques pour traiter respectivement les produits congelés et les produits " frais " à 2°C. Depuis 1996, l’automatisation de ces lignes s’est progressivement développée pour répondre aux exigences d’un marché très concurrentiel.

Quel était le problème à régler ?  

L'entreprise souhaite prévenir les pathologies articulaires et les lombalgies en émergence depuis 2 ans dans les ateliers, et réduire aussi les accidents du travail (chocs et glissades). Elle sollicite l’aide de l’antenne ANACT Bretagne pour mener à bien ce projet.

L'analyse de la demande, faite avec le directeur et les membres du CHSCT, conduit à cibler le diagnostic sur les lignes semi-automatiques de l’atelier P2 dédiées au traitement des produits frais (2°C). Chaque ligne fonctionne en 2x8 et mobilise 15 à 20 personnes selon les produits. La main-d’œuvre est féminine à 80%.

Qu’ont-ils fait ?  

Le diagnostic a été construit, en deux temps, à partir de la problématique santé (prévention des troubles musculosquelettiques) en lien avec le projet de réorganisation du traitement des produits déclassés visant aussi une meilleure efficacité productive :

1. Les constats liés à l’espace et à la configuration des postes de travail existants :

Une première analyse des situations de travail de la ligne a souligné des points positifs à conserver pour le projet de réorganisation :
- les améliorations apportées aux chariots et aux conditions de leur circulation,
- la prise en compte de repères normatifs " anthropométriques " pour la configuration des postes de pesée, de recomposition, de contrôle.

Cette étape avait pour objectifs de relever les aspects positifs pour valoriser et encourager les efforts de l’entreprise pour améliorer les conditions matérielles de travail. Elle consistait aussi à mettre en vigilance les acteurs sur la nécessité d’élargir cette approche sur la dimension dynamique du travail et de son organisation, pour traiter les difficultés qui persistent néanmoins dans la réalisation du travail (ex : contraintes gestuelles et posturales lors de l’évacuation des plaques sur le tapis principal, ainsi que lors des situations de conduite de l’équipement de mise sous vide, problèmes de gênes entre opératrices…).

2. Les constats en lien avec la gestion des variations des flux :
Les observations et entretiens de terrain ont permis de mettre en évidence sur des postes de travail, pourtant conformes aux normes anthropométriques, des contraintes gestuelles et posturales importantes.
Ont été relevées les situations :

- d’anticipation des prises de produits aux postes de pesée en lien avec les variations d’état des filets,

- de prise " en retard " aux mêmes postes en lien avec la gestion des variations d’état des filets,

- d’anticipation des prises des paquets constitués aux postes de recomposition en lien avec les risques d’accumulation et de difficultés de repérage des ensembles pré-constitués,

- de recherche des chariots à l’origine d’une accentuation des efforts et des contraintes temporelles en lien avec la nécessité de déplacer plusieurs chariots et ne pas créer de ruptures d’approvisionnement de lignes.

Ces régulations d’aléas se réalisent dans des conditions qui n’avaient pas été prévues. Elles ont des conséquences sur la santé (travail hors zone, accélérations gestuelles…) ainsi que sur la qualité et l’efficacité, avec des phénomènes de "cascades" et l’obligation de contrôles supplémentaires stressants et coûteux en temps.

Le diagnostic a donc permis de mieux caractériser les difficultés rencontrées par les opératrices et les risques de TMS.
En termes de méthode, l’antenne ANACT Bretagne a rappelé que la projection de situations de gestion de variations et d’aléas est en général assez difficile à cerner sur un plan ou une esquisse. Ainsi, il a été proposé à l’entreprise de procéder à des simulations, en grandeur réelle, centrées sur la dynamique de flux et les conditions d’accès.

Conduites avec rigueur, ces simulations peuvent présenter des intérêts multiples :

* faire participer concrètement les futurs utilisateurs du système,

* Contribuer à d’anticiper les facteurs de risques des TMS autour des questions de gestion du temps et de reconnaissance dans le travail.

* permettre d’affiner le cahier des charges des besoins pour anticiper les échanges avec les fournisseurs,

* aider l’ensemble des acteurs impliqués (production, maintenance, CHSCT, qualité…) à mesurer ce que chacun peut gagner.

Pour quels effets ?  

Le diagnostic a contribué à enrichir la réflexion de l’entreprise sur son projet et sur les évolutions à venir :

* Le projet de modification du début de ligne présente des avantages, puisqu’il permet de supprimer des contraintes inhérentes aux transferts de bacs et de réduire les manipulations de produits.

* Pour les postes de pesée et de recomposition des déclassés, la principale question posée par le diagnostic concerne la capacité de l’installation future à gérer les variations de flux.

Un message-clé retenu par l’entreprise à l’issue de la restitution : la seule prise en compte de recommandations normatives pour le dimensionnement des postes de travail ne suffira pas à garantir l’atteinte des objectifs d’intégration de la prévention santé/sécurité et de performance.

Les attentes des acteurs portent alors sur la méthode pour élargir leur approche dans la poursuite de leur projet.

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