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Le travail de nuit isolé : quelles contraintes ?

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Cas entreprise Mecabourg

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Réduire une équipe est une chose, passer de 2 à 1 en est une autre. L’isolement multiplie les contraintes qui pèsent sur le travail de nuit. C’est ce que montre une étude réalisée dans cet Etablissent de fourniture de produit sanguins auprès des salariés assurant seuls la permanence de nuit dans les centres régionaux.

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Qui ? 

Cet établissement public fournit des produits sanguins aux hôpitaux. Structuré par région, il est composé de 27 sites qui servent les hôpitaux de chaque région. Le service est assuré 24h sur 24, 7 jours sur 7. L’établissement vend aussi aux hôpitaux des prestations spécialisées qui ne font pas partie de sa mission principale. Cette activité variable crée une fluctuation de charge que la structure doit gérer.

Quel était le problème à régler ?  

L’établissement a décidé de changer le nombre de ses salariés travaillant de nuit. Dans plusieurs sites de la région parisienne, la permanence de nuit de l’établissement ne devra comprendre qu’une seule personne. Cette situation d'isolement pose des problèmes de sécurité, tant pour la sécurisation des locaux qu'en cas de malaise de la personne. C'est pour appréhender ces problèmes dans leurs différentes dimensions que les élus du Comité d'Etablissement et la DRH d'Ile-de-France de l’établissement public ont demandé un diagnostic sur trois sites.

Qu’ont-ils fait ?  

Trois sites ont été retenus pour l’étude, sur un critère d'effectifs de nuit. Dans le premier, l’établissement n’est représenté de nuit que par une personne depuis longtemps. Le second vient d'évoluer pour passer à un seul salarié. Le troisième a encore deux salariés, mais doit passer rapidement à un seul.



Les sites ont trois fonctions principales : la collecte du sang auprès des donneurs, l’analyse du sang collecté, la distribution du sang aux hôpitaux.



De jour, il y a jusqu'à 10 salariés dans la partie laboratoire et distribution de produits sanguins. La partie don de sang, fermée la nuit, impose des accès larges pour recevoir le public et pour approvisionner les camions. Certaines collectes rentrent tard et le salarié de nuit n'a pas le temps de re-vérifier tous les accès. Ainsi, plusieurs établissements suscitent des craintes sur la sécurité des locaux. Les installations sont très dispersées pour un ou deux salariés de nuit.

Si les locaux doivent être adaptés au travail de nuit, le contenu de l'activité constitue un déterminant important des conditions de travail. Ainsi, un ergonome a observé le travail des agents sur les différents sites, de nuit mais aussi de jour.



Le travail de nuit n'est pas l'addition de plusieurs parties du travail de jour. C'est la composition de tâches dont certaines demandent présence et disponibilité (distribution), d'autres exigent de la concentration et du calme (analyse), des qualités qui ne sont pas compatibles au même instant.



De même, la charge de travail n'est pas homogène dans la nuit car elle dépend des horaires des services hospitaliers. Elle dépend aussi des circonstances, et un imprévu, par exemple un accident de la route, peut provoquer une surcharge importante dans un centre. Ainsi, la sécurité des patients exige que l'activité de nuit laisse en temps normal des périodes creuses. D'ailleurs, les nuits durent 12 heures, une durée difficilement compatible avec une concentration soutenue tous les jours.



Enfin, ce qui est traité n'est pas un échantillon de produit sanguin mais un patient. Sa vie en dépend. L'erreur n'est pas admissible, aussi les salariés se concertent-ils dans certaines situations pour conforter leurs conclusions, ce qu'ils ne peuvent plus faire en situation isolée. La plupart des analyses doivent être faites deux fois par deux procédés différents, deux salariés ou bien un automate et un salarié.



Tous ces éléments provenant de l'observation méritaient d'être mis en débat, car il en va de l'organisation du travail de jour, de la disposition des locaux et de leurs accès, de la considération des personnes qui acceptent de travailler la nuit, de la réactualisation de leurs compétences et bien sûr de leur sécurité.

Avec quels effets ?  

L’étude a permis de mettre en évidence les contraintes inhérentes au travail de nuit en situation d’isolement. Elle a aussi révélé des aspects particuliers à la fonction des salariés de nuit dans les centres de l’établissement. Ainsi le fait que deux fonctions génériques du travail, l’analyse et la distribution ne peuvent être menées dans les mêmes plages de temps car elles font appel à des compétences contradictoires. De même, la durée de 12h continue n’est tenable que si elle ne constitue pas une période de charge constante.

Le Comité d’établissement a pris en compte ces nouveaux éléments pour faire des propositions à la direction régionale. Les discussions sont en cours. Leur issue dépend de la capacité de l’établissement à entendre les éléments qui ont été mis en évidence dans l’étude.

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