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Le travail collectif face aux enjeux de la charge

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Cas entreprise Mecabourg

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085
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Comment redéfinir les compétences dans une structure a priori bien organisée ? Un collectif d’auxilaires de vie doit relever ce défi. L'enjeu : organiser la polyvalence dans un contexte où l'échange des pratiques est peu développé.

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Description 

Ce foyer est un établissement d'accueil et d'hébergement médicalisé pour adultes handicapés. Il compte 47 résidents, dont 98% sont en fauteuil roulant.

Le personnel, 66 salariés, essentiellement féminin, est composé d’aide-soignantes, de garde-malades, d’aides médico-psychologiques (A.M.P), d’infirmières, d’animateurs et du personnel « structurel » (cuisine, entretien…).

Demande 

La direction et les représentants du CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) souhaitent mener une réflexion sur les métiers d’auxiliaires de vie (A.M.P, aides-soignantes et gardes-malades), dont le rôle est d’aider les résidents à effectuer les gestes de la vie quotidienne.
L’analyse porte sur l'organisation du travail et le partage des pratiques professionnelles.

Démarche 

L'organisation du travail existante vise le bien-être physique et moral des résidents. A cette fin, elle repose sur des équipes de 4 à 6 résidents, lesquelles sont prises en charge par une même auxiliaire de vie. Mais le premier diagnostic de l'ARACT en dévoile rapidement les limites. En effet, la variabilité de l'activité de travail est en contradiction avec l'objectif assigné aux auxiliairesde vie, car une prise en charge différenciée est indispensable.
Celle-ci est conditionnée par :

  • des tâches prescrites différentes entre les quarts du matin (lever, toilette, petit-déjeuner…) et de l'après-midi (rangement des chambres, collecte du linge, dîner…) ;
  • un travail sur « l’humain », forcément aléatoire : pathologies évolutives, autonomie plus ou moins importante, humeur changeante des résidents ;
  • un niveau d'équipement inégal : des lève-personnes mécaniques ou électriques, des fauteuils roulants de maniabilité différente.

Certes, cette organisation permet une rotation du personnel sur les résidents les plus difficiles. Elle évite le risque de conflits liés à la répartition des prises en charge. Par contre, elle génère un cloisonnement des interventions qui limite les échanges professionnels et empêche de prendre de la distance par rapport aux situations de travail. Les conséquences sur le collectif des auxiliaires de vie sont multiples. On note des pratiques professionnelles variées non partagées, une entraide limitée et conditionnée par des arbitrages et des négociations individuels, et enfin une pénibilité physique et psychique des équipes ressentie comme inégale suivant l'expérience professionnelle.



L’intervention de l’ARACT met en évidence l’écart significatif et le conflit entre le prescrit et le réel autour de la fonction d’auxiliaire de vie. Celle-ci s’appuie sur une organisation du travail fortement structurée, tout en exigeant de la souplesse afin de ménager les relations entre les acteurs du foyer (résidents, personnel médical, personnel d'animation).
L’articulation de ces deux caractéristiques contradictoires induit des effets négatifs :

  • un système d’équipe vécu comme non homogène du point de vue de la charge de travail,
  • un frein à la coopération entre les professionnels des diverses équipes,
  • des tensions “intergénérationnelles” nées principalement de sentiments d’implication différents et de divergences sur la réalisation du travail (ordre des tâches, relations avec les résidents…).
Bilan 

La caractéristique de la population accueillie dans ce foyer oblige à élaborer un difficile compromis entre les contraintes inhérentes à la réalisation des tâches d’aide à la vie quotidienne et les attentes des résidents.

Ainsi, bien que la notion d’"équipes de résidents à prendre en charge par une professionnelle" ne soit pas fondamentalement remise en cause, le diagnostic a permis aux acteurs d'entamer une réflexion partagée sur le mode d’organisation du travail, clairement identifié, des auxiliaires de vie. L'objectif principal est désormais de renforcer ce collectif de travail par une redéfinition de la composition des équipes.

En outre, cela doit aussi permettre d'interroger l'étendue des pratiques professionnelles en cours au sein des auxiliaires de vie, en précisant la notion d'entraide entre collègues et en anticipant les évolutions auxquelles devront faire face les professionnels du foyer (nouvelles missions d'accompagnement, réaménagement des locaux).

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