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Le numérique est-il facteur de risques psychosociaux (RPS) ?

Si le numérique peut favoriser l’apparition des RPS en entreprise, son impact n’est pas déterminé à l’avance et dépend des modalités d’association des salariés en amont et au cours du déploiement des projets de transformation numérique. Il convient donc d’être attentif aux modalités par lesquelles ces technologies sont implantées et discutées au sein des équipes.

Quelques points de vigilance

Bien que les effets des transformations numériques demandent à être anticipés au cas par cas, des enjeux récurrents peuvent cependant être identifiés :

Risques de surcharge mentale

  • liée à une exigence d’attention soutenue et à la nécessité d’être connectés en permanence à des écrans et à des systèmes de communication ;
  • favorisée par le développement d’une culture de l’urgence et de l’instantanéité de la réponse à une question posée, une situation donnée ou un aléa.

Risques de perte d’autonomie

  • facilitée par une prescription et une détermination stricte de l’activité (via des algorithmes notamment) ;
  • permise par une surveillance accrue des travailleurs par l’intermédiaire de la géolocalisation et du croisement des bases de données.

Risques d’isolement et de brouillage entre vie privée et vie professionnelle

  • introduits grâce à la variabilité des lieux d’exécution du travail et l’apparition de travailleurs nomades sans bureaux et espaces fixes ;
  • induits par la disparition des repères temporels (jour/nuit, semaine/week-end).

Ces risques ne sont pas une fatalité

Des solutions peuvent être recherchées par :

  • L’association des salariés à la conduite des changements et notamment à la réflexion sur l’usage, la conception, les modalités de déploiement d’un projet numérique.
  • La simulation des situations de travail futures avec les personnes concernées ou l’expérimentation des projets à petite échelle avant leur déploiement.
  • La négociation : les partenaires sociaux peuvent négocier un accord de méthode sur la conduite des changements et des meilleures façons d’y associer l’ensemble des salariés. Le contenu de l’accord peut ensuite porter, par exemple, sur la déconnexion en précisant les cadres – temporels et physiques – dans lesquels l’activité prend place et la façon dont les acteurs utilisent les moyens de communication. Toutefois, la conclusion d’un accord n’exonère pas l’entreprise de la nécessité d’un suivi régulier des conditions d’usage de ces moyens technologiques, notamment en ce qui concerne la charge de travail.

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