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Le discours de la méthode

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Cas entreprise Mecabourg

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346
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Région
Cette entreprise importante de l'agro-alimentaire engage une démarche pour déterminer les causes d'apparition de TMS et agir sur elles. Elle va découvrir que la méthode a une grande importance pour que le projet soit efficace.

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Qui ? 

Leader dans son secteur, cette entreprise est spécialisée dans la conception, la fabrication et la commercialisation de produits alimentaires. Parmi les 710 salariés de l'entreprise, plus de 450 sont directement impliqués dans le processus industriel de transformation du fruit (jus, compotes, confitures, biscuits…) et travaillent au sein d'une usine en mutation technologique quasi-permanente.

Quel était le problème à régler ?  

6 cas de Troubles musculo-squelettiques (TMS) sont apparus dans l'usine, dont 4 au cours des derniers mois, sur des postes pourtant réputés “doux”. Les opératrices atteintes ont repris leur travail, sans modification de l’environnement. Mais l'Inspection du travail s'inquiète de l'apparition de ces TMS, et incite l'entreprise à agir. Un groupe projet est constitué en interne, la direction souhaite associer l'Aract Midi Pyrénées.

Qu’ont-ils fait ?  

A démarche pertinente, résultats pertinents, et inversement. Une évidence qu'il est parfois bon de rappeler. L'essentiel de l'intervention porte sur la méthode utilisée, pour examiner si elle répond bien à l'objectif fixé : déterminer les causes de l'apparition des TMS et trouver des solutions.



La composition du groupe projet s'avère sujet à caution. Plusieurs acteurs sont absents de ce groupe, notamment des représentants de la production ; d'autres, à l'instar des opérateurs sont associés de façon purement formelle. Il faut donc expliquer pourquoi ces absences ou la place modeste laissée à certains pénalisent le projet. Par exemple, toute modification éventuellement décidée sera beaucoup plus difficile à mettre en œuvre, si les principaux intéressés ne participent pas à la démarche.



Le médecin du travail et le responsable sécurité ont déjà formé, pendant une heure et demi, les membres du groupe à “l’observation de l’activité au poste de travail”. Pour effectuer les observations in situ et comprendre l'activité des opérateurs sur les postes concernés, chacun dispose de grilles d'observation pré-établies. Encore faut-il que le travail soit déjà compris. En effet, cet outil n'est pertinent que dans une approche déjà avancée, et sert à recueillir des informations quantitatives sur une question particulière déjà clairement formulée. Ce qui n'est pas le cas en l'occurrence.



Comprendre le travail ne se résume donc pas à utiliser une grille d'observation. Cette démarche s'inscrit dans le temps. L'entreprise pense pouvoir terminer toutes les observations en trois mois, sans aucune réunion du groupe projet. Derrière cette précipitation, c’est la définition même du projet qui est en jeu : observer le travail de façon pertinente ne se décrète pas, mais se construit de manière itérative et collective. Les observations viennent informer et réorienter la réflexion des acteurs et les choix méthodologiques. C'est donc petit à petit et en laissant le temps au temps que l'analyse peut se faire.



Enfin, la façon de procéder du groupe cache mal une hypothèse sous-jacente que l'on pourrait résumer par : une fois décrit le travail des opérateurs, les modifications nécessaires pour faire disparaître les TMS couleront de source. C'est confondre deux aspects bien différents d'une démarche : comprendre le travail et agir sur le travail. Les modifications du travail ne proviennent pas de façon mécanique de l’analyse de l’activité, elles doivent, elles aussi, être construites collectivement, justement à partir de cette analyse de l’activité, et très probablement dans la négociation.

Pour quels effets ?  

Dans un premier temps, l'entreprise a enregistré les questions soulevées par l'Aract Midi Pyrénées, sans que ces dernières n'aient un réel impact sur la démarche engagée. Mais les membres du groupe projet entendent ces interrogations. Dès les premières observations, la problématique devient plus complexe : les résultats montrent que si l'on trouve bien une composante individuelle dans la façon de réaliser le travail sur ces postes, l'organisation du travail et la nature des produits confectionnés interviennent aussi lourdement dans la définition des gestes de l'opérateur.

Cette mise en évidence permet de réorienter l'étude en l'élargissant à la compréhension de ces déterminants liés à l'organisation du travail, et en réinscrivant l'activité des opérateurs dans le processus industriel global de l'usine. Du coup, la restitution prévue devient une séance de travail pour le groupe qui s’inscrit maintenant dans un véritable projet.

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