Vous êtes ici

La reconnaissance au travail : conduire un projet « classification et organisation »

Bloc des outils de page

Envoyer la page par email
Cas entreprise Mecabourg

A propos

Référence
526
Catégorie
Secteur d'activité
Effectif
Code APE
Région
A l’occasion de la mise en place d’une nouvelle classification de ses emplois, cet hypermarché engage une double démarche d’analyse des compétences et d’organisation du travail. Objectif : revaloriser les salaires et réduire la pénibilité du travail.

Ajouter à ma liste de lecture

Qui ? 

Créé en 1969 par un entrepreneur local, ce supermarché est le premier de la région. En 2000, racheté par un groupe international, il devient hypermarché. Depuis plus de dix ans, l’entreprise a 5 concurrents, des hypermarchés qui se sont installés dans la même zone géographique comprenant environ 200.000 habitants. Son activité commerciale est organisée en équipe 2X8 du lundi au dimanche matin et de 6H à 21H. Deux conventions collectives cohabitent dans l’entreprise : celle de l’ancien établissement pour le statut « employé/ouvrier » et, la convention collective nationale appliquée seulement pour les cadres.

Quel était le problème à régler ?  

La direction souhaite un accompagnement à la mise en place de la nouvelle classification, applicable dans l’entreprise depuis 1997, étape incontournable pour gérer la paye via un logiciel spécifique. De son côté, les salariés souhaitent que le travail réel soit pris en compte dans la nouvelle grille des salaires et qu’une étude sur la « souffrance au travail » soit conduite en parallèle. Les parties acceptent la proposition de l’ARACT d’un chantier liant classification et organisation et, d’une analyse ergonomique des postes afin de traiter la question de la « souffrance au travail ».

Qu’ont-ils fait ?  

La première étape de l’intervention de l’ARACT s’est traduite par l’animation d’un séminaire de sensibilisation aux principes fondamentaux d’une convention collective pour les partenaires sociaux de l’entreprise.

Ainsi, 158 salariés répartis en 10 groupes, ont, sur une semaine, suivi une séance d’information et de sensibilisation de 2 heures portant sur le projet « classification et organisation ». L’objectif était de permettre à chaque salarié de s’approprier le projet, ses objectifs, son déroulement et de prendre conscience de son rôle d’acteur à part entière, condition nécessaire à la réussite du projet. Dans chaque groupe de salariés, un représentant du personnel et un manager étaient présents pour appuyer la démarche de l’ARACT.

A la fin de la séance, un questionnaire anonyme d’auto description de poste et du vécu au travail a été présenté et remis à chaque salarié avec pour consigne de le renseigner individuellement et de le déposer dans une urne réservée à cet effet dans l’entreprise. L’objectif du questionnaire était de mener une première analyse du travail réel des salariés, demande émanant des représentants des salariés. L’intervenant de l’ARACT était le seul détenteur des clés de l’urne et les questionnaires renseignés ont été récupérés régulièrement sur une durée de deux mois.

Une deuxième étape a porté sur le traitement statistique de 99 questionnaires. En effet, sur les 158 salariés, seuls 63% ont retourné le questionnaire. L’exploitation des questionnaires a permis, dans un premier temps, de mettre à jour et formaliser les données RH de l’entreprise : les intitulés réels des emplois et des postes de travail, la répartition des effectifs par secteur, l’effectif et la répartition des managers... Par ailleurs, les tâches réelles des salariés ont été listées et mises en lien avec les données présentées dans les fiches de postes existantes. Les groupes de travail « métiers », composés de salariés et de managers, ont été destinataires des résultats de ce travail pour ajustement et validation.

L’analyse qualitative des questionnaires a permis, d’une part, de mettre en exergue la perception des salariés de leur vécu au travail en termes de moyens de travail, de relations entre collègues et avec la hiérarchie, de difficultés rencontrées dans l’exercice du travail et, d’autre part, de recueillir leur vision sur leur évolution professionnelle.

L’étape suivante a concerné plus précisément la classification des emplois. La classification des salariés cadres ne pose pas problème pour l’entreprise qui applique déjà la grille de classification de la convention collective nationale. La difficulté de l’entreprise se situe au niveau de la catégorie « employé / ouvrier » : comment passer d’une classification actuelle en catégories et coefficients à une classification en niveaux ? Une proposition de transposition des emplois de la catégorie « employé/ ouvrier » a été travaillée, d’un côté avec la direction de l’entreprise et, de l’autre côté, avec le syndicat cadre. Le syndicat des salariés étudie actuellement la proposition de transposition avant la séance de travail qui sera programmée avec l’ARACT sur cette question.

La prochaine étape portera sur la grille des salaires car une grande disparité de salaires existe dans l’entreprise pour la catégorie « employé / ouvrier » : au sein de cette catégorie, par exemple, des salariés expérimentés perçoivent un salaire inférieur à celui d’autre salariés moins expérimentés, les salaires des postes précédemment occupés ont été maintenus pour des salariés qui ont évolué dans l’entreprise.

Pour quels effets ?  

Selon le témoignage des partenaires sociaux de l’entreprise, l’intervention de l’ARACT a permis de mettre à plat l’organisation et de repérer les dysfonctionnements au niveau de la gestion des ressources humaines. Avant même le terme du chantier « classification et organisation », des changements sont déjà perceptibles dans l’entreprise : par exemple, la fonction Ressources Humaines, inexistante dans l’entreprise, sera mise en place. En effet, l’assistante de direction bénéficiera, dans le cadre d’une promotion interne, d’une affectation vers la fonction RH en regard des tâches et des compétences détenues mais non valorisées qui ont été révélées par l’analyse de son emploi.

Les salariés ont manifesté une grande satisfaction pour l’approche qui a été faite de leur travail et de leurs conditions de travail. Ils restent très attentifs sur la suite du chantier qui portera sur la revalorisation des salaires et sur la pénibilité de leur travail.

Un gros travail sera à faire avec la direction pour l’amener à considérer la nécessité de se pencher sur la construction des parcours professionnels dans cette entreprise dans laquelle une grande partie du personnel occupe des postes pénibles et n’a aucune visibilité en matière de parcours professionnel.

close