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La gentillesse a-t-elle sa place en entreprise ?

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La deuxième journée de la gentillesse était fêtée samedi 13 novembre 2010. L'occasion pour les organisateurs d'appeler à la multiplication des initiatives individuelles. Mais qu'en est-il de la gentillesse au travail ? Le souci de l’autre est-il compatible avec les besoins d’efficacité de l’entreprise ? Eléments de réponse.

Ce samedi 13 novembre était en France la journée de la gentillesse. Il s'agissait pour les organisateurs (Psychologies magazine et le quotidien Métro) de montrer que la gentillesse est une forme d'intelligence, voire même une force. Une journée imaginée à la manière du World Kindess Day, déjà présent dans une quinzaine de pays, "pour que chacun trouve le courage de défier le cynisme, de dépasser ses inhibitions et de changer ses comportements".

Pour cette seconde édition, un site a été ouvert afin de publier un manifeste, mettre en ligne un test et collecter "un million d'actions pour la gentillesse".

La gentillesse au travail, c'est possible ?

Mais qu'en est-il de la gentillesse au travail ? Le souci de l’autre est-il compatible avec les besoins d’efficacité de l’entreprise ? Pour en débattre, Psychologies magazine a réuni Sylvain Breuzard PDG de Norsys, Christian Larose, syndicaliste CGT, Éric Albert, psychiatre, et Muriel Pénicaud, DRH de Danone. L'occasion notamment de revenir sur les relations humaines et le management dans les organisations actuelles.

En parallèle avec ce débat, Muriel Pénicaud était interviewée par Metro. Elle rappelle d'abord que le mot gentillesse ne fait pas partie du vocabulaire d'entreprise. "Une entreprise n'a pas à être gentille ou pas. Le but de l'entreprise n'est pas une relation soft entre les gens. C'est une communauté humaine qui vise la performance dans un domaine donné. Par contre, l'équité, le sentiment de justice, l'empathie, le lien social et le bien-être au travail ont tout à fait du sens en entreprise. Le bien-être au travail, c'est être bien dans sa peau, dans son activité, et avec ses collègues". Pour elle, penser la gentillesse dans l'entreprise, c'est donc d'abord réfléchir aux conditions qui permettent de développer le bien-être des salariés.

Egalement sollicité par Metro, Jean-Marc Borello, président du Groupe SOS, est encore plus affirmatif : "je ne crois pas à la gentillesse comme arme de management. Les rapports hiérarchiques me paraissent antinomiques avec cette définition. Dans les rapports de l'employeur vers l'employé, c'est davantage une relation de bienveillance qui s'établit, liée à l'exigence et à la fermeté. Exigence, respect, bienveillance, c'est en tout ca comme ça que je manage. Y accoler de la gentillesse serait de la duperie. Parce que le rôle du management est de fixer des objectifs et de les atteindre. Au Groupe SOS, je suis exigent, bienveillant certainement, mais pas gentil".

Diagnostic confirmé par Christian Larose, syndicaliste CGT, vice-président du Conseil économique, social et environnemental (CESE) et auteur, avec Muriel Pénicaud et Henri Lachmann, du rapport Bien-être et efficacité au travail. Lors du débat organisé par Psychologies magazine, en réponse à la question "Un patron peut-il être gentil ?", il répondait : "Respectueux, éventuellement sympathique, mais je ne crois pas qu’il soit là pour être gentil …"

 

Crédit photo Flick : Christiana Care