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La conciliation des temps de travail, un enjeu d’égalité professionnelle

Cas entreprise

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La réflexion menée dans cette branche professionnelle porte sur l’aménagement du temps de travail. Une problématique complexe, d’autant que lors des soumissionnements à des marchés publics ou de simples réponses à des cahiers des charges, les chefs d’entreprise ne prennent pas en compte le travail en journée. Ce qui donne lieu à des amplitudes horaires préjudiciables à la santé des employés dont les situations contractuelles sont par ailleurs atypiques. Mais les évolutions souhaitées débordent le seul cadre des entreprises exécutantes pour toucher également les donneurs d’ordres. Cette action collective a été suivie de nombreuses actions d’abord en expérimentations locales avant déploiement à toute la branche.

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Qui ? 

Dans le cadre de l'expérimentation "Territoires d'excellence", l'Aract Centre a réalisé une étude-action sur la conciliation des temps dans le secteur de la propreté. Cette branche professionnelle représente 12 290 salarié-e-s dans la région Centre-Val de Loire. Il s'agit d'une activité fortement féminisée (78% de femmes pour l'ensemble des catégories socio-professionnelles) et pour laquelle l'organisation du temps de travail a des impacts négatifs sur l'articulation vie professionnelle/vie privée.

Quel était le problème à régler ?  

Les activités de nettoyage sont effectuées à temps partiel et en horaires fragmentés et décalés dans la plupart des cas. Les salarié-e-s sont souvent multi-employeurs afin d’avoir l’équivalent d’un temps complet, d’où des journées qui peuvent potentiellement démarrer à 5 heures du matin et s’achever à 22 heures. Afin d’améliorer cette situation, une démarche a été initiée auprès des prestataires et donneurs d’ordres/clients avec l’appui de la branche professionnelle.

Qu’ont-ils fait ?  

L’intervention s’est déroulée en plusieurs étapes : état des lieux sur les initiatives hors région, identification des pratiques dans la région Centre par un cabinet conseil et construction d’un plan d’actions régional par l’Aract. Les expérimentations menées dans les Pays de la Loire et en Bretagne montrent qu’un travail de sensibilisation auprès des acteurs concernés est une première étape pour développer le travail en journée. De plus, l’appui d’une politique et/ou d’un service de l’État est nécessaire pour inciter les prestataires à prendre en compte le critère travail en journée lors des réponses aux cahiers des charges.



En région Centre, les pratiques pour le travail en journée sont variées et le contexte économique difficile. Beaucoup de marchés sont revus à la baisse en termes de volume et de prix. Plusieurs entretiens ont permis d’identifier les divers freins à la mise en œuvre d’une nouvelle organisation du temps de travail, en voici quelques exemples : • Les donneurs d’ordres : risques professionnels accrus pour cause de sols humides, fil d’aspirateur qui traine, temps pour revoir l’organisation et le suivi des prestations, coût plus élevé.

• Les occupants des locaux : crainte d’une baisse de la qualité, nuisances sonores, être dérangés lors de leur activité.

• Les prestataires : planification de l’activité, reclassement du personnel, adaptation des procédures, crainte de trop de transparence : visibilité sur ce qui est fait, les moyens alloués, les non remplacements, etc.

• Les agents : travailler pour plusieurs employeurs, réaliser les tâches devant le client, peur de les déranger dans leur travail.



Pour aller au-delà de ces constats, un groupe territorial d’entreprises de la propreté et de donneurs d’ordres, animé par l’Aract, s’est réuni pour construire des actions.

• La première étape a été d’échanger sur ce qui est vraiment acheté par le client; un avis partagé à ce sujet : le critère du prix semble insuffisant et la qualité des prestations n’est pas au rendez-vous. Les participants ont élaboré un guide pour améliorer les cahiers des charges. Cette brochure a pour objectif de donner des points de repères aux acheteurs : l’activité permet-elle le travail en journée ? Doit-on faire le ménage quotidiennement dans des pièces peu occupées ? Quel est le taux d’encadrants pour les agents ? Quelles actions sont menées pour la prévention des risques professionnels ? Quel est le plan de formation de l’entreprise ? Nature des produits utilisés ? Autant de critères utiles pour acheter une prestation qui prend en compte l’environnement et la qualité de vie des salarié-e-s de la propreté.

• Dans un deuxième temps, les débats ont aussi permis de comprendre que l’aménagement des horaires est insuffisant pour une meilleure conciliation des temps, et que l’amplitude journalière a un impact ainsi que le fait d’être ou non à temps partiel. Il s’agit de sensibiliser les employeurs comme les salarié-e-s de la branche ainsi que les acheteurs à ces questions. Plusieurs actions se dérouleront en 2016 dans ce sens.

Pour quels effets ?  

Le bilan est intermédiaire dans la mesure où l'année 2016 sera consacrée à des expérimentations au sein des entreprises des donneurs d’ordres. En effet, ces derniers souhaitent tester sur quelques sites la mise en place du travail en journée. L’Aract suivra plusieurs terrains d'expérimentation pour faire un retour d’expérience auprès de la branche et des donneurs d’ordres. Le but est de valoriser ces travaux et d’impliquer un plus grand nombre d’acteurs dans cette démarche.

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