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Industrie du futur : combiner réussite d’un projet de modernisation et QVCT

Chaîne de production robotisée, installations connectées, utilisation du big data… Quels facteurs humains prendre en compte dans les projets de transformations numériques de l’industrie ? Focus sur les principaux enseignements du projet Industrie 4.h piloté par l’Aract Auvergne-Rhône-Alpes.

Industrie du futur

Dans l’industrie, la convergence inédite entre robotique, numérique et gestion de données a des conséquences sur les métiers et compétences, la qualité de vie au travail ou encore les systèmes de management et de pilotage des PME. Afin d’accompagner ces mutations, l’Aract Auvergne- Rhône-Alpes a piloté avec ses partenaires un projet de recherche-action : « Industrie 4.h » de 2017 à 2021. Synthèse de 3 principales recommandations.

Enseignement 1 : Impliquer les travailleurs dans un système transformé

Avec l’Industrie 4.0, l’exercice des métiers change : c’est la machine, et non plus le produit, qui se retrouve au cœur de l’activité. Les travailleurs se retrouvent éloignés du produit final, Dans ce système plus complexe sur lequel il devient plus difficile d’intervenir en cas de panne, les métiers et les compétences évoluent et avec eux les risques professionnels : moins physiques, ils peuvent être liés au manque de sens et à la perte d’intérêt du travail.

S’engager dans de fortes transformations numériques nécessite dès lors d’inventer de nouvelles façons de conduire le changement avec les salariés et leurs représentants. Cela peut passer par leur intégration aux prototypages des machines, un travail approfondi avec le « provider », des modalités d’apprentissage et de réflexivité renforcées, l’élaboration collective de « plan B » en cas de panne...

Face à l’introduction de nouveaux « gestes métiers » centrés sur la machine, avec moins d’interactions sociales et le besoin de développer de nouvelles compétences, la coopération transversale, entre équipes, devient plus que jamais nécessaire pour installer de nouveaux repères.

Enseignement 2 : Repenser les rôles

Les opérateurs, qui avaient une très bonne connaissance des produits, voient leur rôle modifié, de la production à la supervision et au contrôle du travail exécuté par les machines, un rôle assigné jusque-là aux managers. Les services supports (informatique, maintenance, planification…) occupent, pour leur part, une place plus importante.

Face à ces constats, les missions du management sont à redéfinir : plutôt que de superviser, il s’agit dorénavant de soutenir la prise de décisions, faciliter les relations entre tous les services – en amont et en aval de la production -, prévenir l’ennui au travail etc.

Les RH sont particulièrement sollicitées pour anticiper ces évolutions en s’appuyant sur la GPEC notamment. Il leur revient de faire évoluer les pratiques de recrutement, de formation et, plus largement, la construction des parcours professionnels. Tandis que l’enjeu de mixité femmes-hommes est particulièrement fort, le développement de postes moins pénibles physiquement peut constituer une opportunité de les ouvrir plus largement (en fonction des sexes, mais aussi âges, état de santé, qualification…).

Enseignement 3 : Mûrir la capacité à porter un projet de changement

L’appropriation des changements liés aux technologies 4.0 demande des investissements matériels et humains conséquents : les phases de mise au point sont plus longues que sur des projets d’automatisation classiques, l’analyse des risques est à revoir, la participation des salariés est à prendre en compte dès le démarrage, etc.

Il est nécessaire d’interroger en amont la capacité de l’entreprise à s’engager dans un projet de transformation numérique qui devra s’appuyer sur son socle (gouvernance, santé économique, organisation du travail, dialogue, etc.), mais peut aussi impliquer d’élargir le cercle des interlocuteurs et de repenser les critères de performance.

> Retrouvez l’intégralité des enseignements du projet « Industrie 4.h »

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