Genèse du projet « travail et consommation à risque » : quel potentiel lien entre conditions de travail et consommation à risque ?

En marge des projets nationaux PREV’ CAMP & ESPER , initiés en 2021 et clôturés en 2024, l’Aract-Itt Martinique a choisi de maintenir et de s’approprier le projet national pour en faire un projet à part entière inscrit dans le PRST4 (Plan Régional de Santé au Travail 4). Il s’agit du projet « Travail et consommation à risque ».

Actualités - Publié le 09 janvier 2026 - Modifié le 09 janvier 2026

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travail et consommation à risque

La prévention de la santé mentale au travail, est un enjeu collectif pour toute organisation de travail, qu’elle soit associative, privée ou publique. Le travail en Martinique, inscrit dans un contexte spécifique (géographique, sociologique et historique), implique, pour une analyse pertinente, de prendre en compte l’articulation de : 


•    Facteurs internes (manque de marge de manœuvre, forte charge de travail, faibles ressources disponibles, etc.),  


•    Et de facteurs externes (incertitudes économiques, mobilisations sociales, etc.) à l’organisation du travail

Qu’entend-t-on par des « consommations à risque » ?

D’après Info Drog (Centrale nationale de Coordination des addictions), une consommation de substances psychoactives peut être problématique ou à risque sans qu'une dépendance ne soit diagnostiquée. Les risques peuvent être isolés ou combinés :

  • selon les circonstances (consommation inadaptée à la situation, comme la conduite sous l'influence de substances psychoactives telles que médicaments, alcool ou substances illégales, grossesse/allaitement) ;
  • selon le mode de consommation (p. ex. matériel de consommation non stérile, consommation chronique à risque ou consommation épisodique à risque) ;
  • en fonction de caractéristiques liées à la personne (enfants, personnes âgées)

S’il était important pour l’Aract-Itt Martinique d’apporter un regard régional sur la question des consommations à risque en lien avec l’activité de travail, qu’elles soient en amont ou en aval de l’activité professionnelle, c’est avant tout parce le projet national s’intéressait principalement à : 

  • Une approche individuelle et hygiéniste des consommations,  
  • Une approche par l’addiction donc par la dépendance, induisant de façon implicite une approche médicale et la notion de mesure et de sanction,
  • Une approche réductrice du consommateur à sa consommation (l’individu n’est pas que consommateur, c’est aussi un·e parent·e, un·e professionnel·le en activité, un individu plus ou moins socialisé, etc.)

Ainsi, ce pas de côté a permis de souligner des éléments de compréhension relatifs à des caractéristiques singulières de notre département à partir d’une approche par les Risques Psychosociaux.  Avec le projet « Travail et consommations à risque », l’Aract-Itt Martinique apporte un éclairage avant tout sur les origines des consommations et à une plus faible mesure sur le type de produits consommés en s’appuyant sur une approche collective et organisationnelle[1] suggérant que les consommations à risque relèvent tantôt de :

  • L’importation : des consommations d’ordre personnelle s’immiscent ou impactent la sphère professionnelle,  
  • L’acquisition : des habitudes organisationnelles (exemple : le vin rouge du déjeuner professionnel, la pause cigarette)
  • L’adaptation : tenir face à des conditions de travail difficiles (exemple : prendre des médicaments pour supporter une douleur relative à un poste de travail)

Ce tryptique d’origines possible propose donc une centration sur l’activité de travail réel et sur ses conditions d’application au regard des ressources individuelles et collectives mobilisables par les travailleurs. 


Si vous désirez approfondir le sujet et/ou faire appel à nos services, n’hésitez pas à nous contacter via l’adresse email suivante : contact-aract-martinique@anact.fr 


 


[1] Origines de consommations – Se Doper pour Travailler – Erès (2017) R. Crespin, D. Lhuilier, G. Lutz Nale