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Filière alimentaire : les enjeux

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Industrie alimentaire

L’amélioration des conditions de travail constitue un des leviers majeurs de résolution des problèmes d’attractivité et de fidélisation de la filière agroalimentaire. De plus, les conditions de travail sont impactées par les grands défis du secteur : modernisation de l’outil de production, évolutions technologiques et réglementaires, réduction des coûts, recherche d’innovation et de croissance.

Un enjeu d’attractivité, de performance et de développement économique des territoires

La filière alimentaire (industries, coopératives et artisanat alimentaire) emploie 820 000 salariés dans un peu plus de 79 000 entreprises souvent implantées en zones rurales où l’emploi industriel est faible. Les statistiques convergent pour montrer que les conditions de travail du secteur présentent des enjeux d’amélioration. Les manutentions manuelles de charges, l’exposition aux nuisances sonores et thermiques, les gestes répétitifs à cadence élevée et les postures de travail contraignantes restent très fréquents malgré l’automatisation. Les risques de troubles musculosquelettiques (TMS) et d’accidents du travail sont très présents. 25 % des TMS reconnues comme maladies professionnelles concernent le secteur.

La présence de personnel saisonnier ou en contrats courts et la forte représentation des femmes qui représentent 37% des salariés du secteur, contre 28% dans le reste de l’industrie avec une forte division sexuée du travail, peuvent être sources d’inégalités de conditions de travail.

L’amélioration des conditions de travail doit permettre de tendre vers une prévention durable des risques professionnels, un allègement de la pénibilité, l’élaboration de parcours professionnels favorisant l’égalité entre les femmes et les hommes par un égal accès à l’ensemble des qualifications. Cette amélioration des conditions de travail s’appuyant sur un dialogue social et professionnel améliorén est de nature à permettre aux entreprises d’innover sur tous les plans et de pouvoir relier : compétitivité, qualité des produits, qualité des organisations, qualité des emplois et qualité du travail.

Une filière très mobilisée autour des questions de conditions de travail

En 2009, pour faire face à la crise économique, les fédérations agroalimentaires, les organisations syndicales et l’État (ministères de l’Emploi et de l’Agriculture) ont signé une charte nationale de coopération pour le soutien et l’accompagnement des entreprises de production et de transformation du secteur de l’agroalimentaire et de leurs salariés.

Cette charte, prolongée pour la période 2015-2016, a pour finalité d’encourager et de soutenir les entreprises du secteur de l’agroalimentaire dans leur dynamique de création d’emplois de qualité, d’adaptation des compétences et des métiers nécessaires à leur renforcement et à leur développement social, économique et industriel sur le territoire national. Elle a permis notamment de financer des actions de formation professionnelle spécifiques, des dispositifs de  transferts de savoir faire, des accompagnements d’entreprises (diagnostics, projets) ainsi que des créations de plateformes ressources.

La qualité de vie au travail est également l’un des objectifs du contrat de la filière alimentaire signé en juin 2013. À ce titre, un comité de pilotage, constitué de toutes les composantes de la filière a été installé par ses représentants et les pouvoirs publics avec pour mission d’élaborer un « plan d’action national ».

Un plan d'action issu des travaux de tous les acteurs de la filière

De février à septembre 2014, environ 80 contributeurs issus des fédérations patronales, des organisations syndicales, des organismes de prévention, des entreprises, des représentants de l’État et du réseau Anact-Aract ont apporté leurs expériences et suggestions sur les 4 thématiques suivantes :

  • l’environnement physique de travail et la santé des travailleurs
  • le dialogue professionnel dans l’entreprise
  • la conception des organisations et des systèmes de travail
  • l’enseignement et la formation à la qualité de vie au travail

Chaque groupe s’est réuni entre trois et quatre fois et a abouti à une synthèse des idées et expériences recueillies ainsi qu’à des suggestions élaborées en commun.

Au vu des enjeux et de la dynamique paritaire en place, le réseau Anact–Aract s’est mobilisé de manière coordonnée pour aider à la mise en œuvre nationale et régionale de ces objectifs.