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Evaluer les risques psychosociaux pour mieux les prévenir

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Cas entreprise Mecabourg

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Référence
759
Catégorie
Secteur d'activité
Effectif
Code APE
Cette charcuterie industrielle a mis en place des mesures pour prévenir les risques professionnels. Malgré cela, les absences de courte durée perturbent la production. A l’aide d’un questionnaire, elle identifie les risques psychosociaux.

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Qui ? 

Cette entreprise familiale est spécialisée dans les produits de charcuterie. Son activité est fortement saisonnière. En saison haute – l’hiver –, la production peut atteindre un niveau jusqu’à cinq fois supérieur à la celui d’été. La période de pleine activité pour l’entreprise s’étale de septembre à février.
Répartie sur trois sites, l’entreprise a recours à du personnel saisonnier en période haute. L’effectif grimpe alors de 150 salariés à 230 salariés.

Quel était le problème à régler ?  

La stratégie de l’entreprise s’appuie, d’une part, sur la fidélisation des salariés saisonniers, et, d’autre part, sur la mise en place de mesures de prévention des risques professionnels, pour réduire les aléas liés à des accidents du travail ou des maladies professionnelles.

Malgré ces dispositifs, des absences de courte durée récurrentes créent des perturbations importantes dans l’organisation du travail. L’entreprise souhaite identifier les risques psycho-sociaux, les évaluer et les transcrire dans le Document Unique.

Qu’ont-ils fait ?  

Le métier de l’entreprise répond à diverses contraintes. Les premières sont d’ordre sanitaires : conservation et hygiène des matières et des produits particulièrement sensibles ; process de production nécessitant un nettoyage, et une désinfection du matériel ; respect strict des règles de propreté liée au métier de l’agroalimentaire pour le personnel.

Les deuxièmes concernent l’environnement économique qui se caractérise par une forte concurrence : 80 % de la production est vendue aux grandes et moyennes surfaces de distribution, le reste à des grossistes.

Enfin, les dernières contraintes proviennent des variations climatiques qui nécessitent des ajustements fréquents de la production avec une date limite d’utilisation optimale relativement courte.

C’est dans ce contexte que s’inscrit l’analyse des risques psycho-sociaux. Ces risques ont tendance à croître du fait de l’évolution des conditions de réalisation du travail. Ainsi, l’augmentation des exigences, le développement de nouvelles compétences, l’adaptation au changement peuvent générer des conditions de travail avec une pression physique et psychique en hausse.

Les difficultés à gérer l’écart entre «ce qu’on demande à une personne» et «ce que cela lui demande» peuvent provoquer des tensions. Si ces dernières deviennent chroniques, alors elles provoquent un déséquilibre entre les contraintes perçues et les ressources disponibles pour y faire face.

Pour les salariés, ces déséquilibres peuvent générer des pathologies altérant la santé (TMS ou troubles cardio-vasculaires), mais également un sentiment de mal-être, de l’angoisse, de l’anxiété, de la décompensation…

Pour évaluer les facteurs de risques, un questionnaire est proposé à l’ensemble des salariés. Développé par le Laboratoire d’épidémiologie et d’ergonomie en santé travail (LEEST du CHU d’Angers), en lien avec l’Institut national de veille sanitaire, ce questionnaire est accompagné d’une notice d’information du CHSCT, précisant les raisons et les buts recherchés dans cette diffusion. Objectif de cet auto-questionnaire : rendre compte de la prévalence des TMS et des risques psycho-sociaux dans cette entreprise qui ne possède pas de données suffisamment renseignées concernant l’état de santé de sa population au travail.

70 % du personnel renvoie son questionnaire et le taux de réponses aux questions est supérieur à 95 %, ce qui traduit l’importance de l’engagement des salariés dans le processus de production.
Indépendamment de leur âge, 71 % des salariés ressentent des douleurs au niveau des membres et de la zone dorso-lombaire supérieurs. Les salariés prennent sur eux de ne pas s’arrêter, pour autant plus de la moitié consultent leur médecin. Si les douleurs sont importantes au niveau lombaire, elles semblent plus supportables qu’au niveau des membres supérieurs. 23% des salariés se perçoivent en situation de « tension au travail » et avec « une faible latitude ».

Avec quels effets ?  

La présentation des résultats et l’analyse en comité de pilotage ont débouché sur l’élaboration d’un plan d’action suivant deux axes : la réduction de la pénibilité liée à certaines postures et au port de charge ; l’approfondissement de l’analyse des résultats du questionnaire.

Trois mois après la production des résultats et le travail des groupes, l’entreprise obtient un FACT (mesure d’aide pour améliorer les conditions de travail), lui permettant de retenir un consultant. Sa mission s’appuie sur la base d’un cahier des charges prenant en compte les préconisations issues du questionnaire.

Des projets d’investissements et de transformation des postes de travail réduisant leur pénibilité sont en cours.

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